La La Land

Un pur miracle
De
Damien Chazelle
Avec
Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend, J.K. Simmons
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Thème

Alors qu’elle a quitté son Nevada natal pour devenir auteure et comédienne à Hollywood, Mia Dolan, qui gagne sa vie dans une cafeteria près des studios Warner en attendant ses premiers contrats, rencontre Seb qui, lui, veut créer son club de jazz. Ou plutôt le croise à plusieurs reprises dans des situations chaque fois tumultueuses. Lors d’une “party”, ils lient enfin connaissance. 

Un jeu du chat et de la souris aussi tendre que provocateur commence entre eux. Alors qu’ils cèdent à l’évidence de leur coup de foudre, Mia écrit son premier one-woman-show et Seb rejoint le jazz band d’un vieil ami de fac. 

Cette nouvelle situation va peu à peu mettre leur amour à rude épreuve…

Points forts

Osons l’écrire, tourné à l’ancienne et en 35 mm, La La Land est en tout point un pur miracle, surtout dans sa première moitié, pour les amoureux des comédies musicales, notamment celles qui firent les grandes heures de la MGM, tant Damien Chazelle en décline à la perfection la grammaire cinématographique sans jamais imiter ses augustes devanciers. Pas même Jacques Demy à qui ce film se veut une forme d’hommage.

Tout est donc à louer : cadrages, tempo qui nous prend à la gorge sur une ouverture qu’on croirait empruntée au Fame d’Alan Parker pour s’adoucir au fil de l’intrigue amoureuse.

Sur cette magie visuelle totale qui va jusqu’à faire danser ses héros dans les étoiles, illustrée par des chansons pleinement intégrées à l’évolution de l’action et des sentiments, le réalisateur opère sans crier gare une bascule qui voit la réalité de l’amour s’effacer au fur et à mesure que les rêves, eux, s’accomplissent. Pertinente proposition.

Quant aux deux comédiens, Emma Stone est tout simplement éblouissante et Goslin impressionnant comme pianiste (précisons qu’il n’est jamais doublé).

Quelques réserves

La forte dichotomie entre la première partie, étincelante, et la seconde plus “dramatique” en son rythme et en sa forme, peut légitimement susciter une forme de frustration voire de déception.

Encore un mot...

On peut diviser ce genre en deux tendances : celle de pur divertissement, ce sont les films qui virent Fred Astaire, Ginger Rogers, Esther Williams, Debbie Reynolds (qui vient de nous quitter), Judy Garland… enchanter nos iris et nos oreilles grâce à Stanley Donen, Vincente Minnelli et autres Busby Berkeley. L’histoire était simple, le spectacle faisait tout; et il y a les comédies plus denses sur le fond : Chantons sous la pluie, My Fair Lady, West Side Story, Un violon sur le toit, All That Jazz… La La Land relève de la première catégorie. C’est à ce titre qu’il remplit merveilleusement son rôle en parfaite conformité avec les intentions de Damien Chazelle : “Comment trouver un équilibre entre l'art et la vie, entre les rêves et la réalité – et plus précisément, comment trouver un équilibre entre son rapport à son art et son rapport aux autres ? Avec La La Land, je voulais aborder ces thèmes en utilisant la musique, les chansons et la danse. Je trouve que la comédie musicale est le genre par excellence qui permet d'évoquer ce délicat dosage entre rêve et réalité".

Une phrase

- “On vénère tout et on ne respecte rien, c’est ça Los Angeles”. Seb à Mia.

- “La passion, c’est communicatif”. Mia à Seb.

L'auteur

Né en 1985, de Bernard, informaticien français, et de l’écrivaine américaine Célia Martin, auteur et réalisateur du récent Whiplash, prix du jury et prix du public à Cannes (2014) mais aussi multi oscarisé, flamboyante confrontation entre un jeune batteur et un professeur intransigeant, tiré du court-métrage éponyme lauréat du prix du meilleur court au festival de Sundance (2013), Damien Chazelle réalise son premier long, Guy and Madeline on a Park Bench alors qu'il était encore étudiant à Harvard, film déjà salué comme le "meilleur premier long métrage de 2010" par L.A. Weekly et "le meilleur premier film depuis longtemps" par Time Out New York. 

Il coécrit également le réjouissant bien qu’anecdotique Grand Piano, avec Elijah Wood et John Cusack (thriller musical sur un pianiste virtuose, traqueur, qui devra exécuter son meilleur concert public sous peine de voir sa femme assassinée) et 10 Cloverfield Lane, avec John Goodman, encore un thriller autour d’une femme (peut-être) kidnappée dans un monde post apocalyptique.

"La La Land" vient d’obtenir sept Golden Globe sur sept nominations !!!

Commentaires

Yves Bouëssel …
lun 30/01/2017 - 10:22

Je suis d'accord avec vous : ce film est un miracle ! Cependant vous le classez dans la catégorie des comédies musicales dites de "divertissement". Il m'a semblé que le propos était plus grave et que tout en jouant sur le registre de la comédie, de façon étincelante, il y avait, sous-jacente, une réflexion sur le destin. Le film qui ne cesse de croiser la vie des deux protagonistes est une fine analyse de ce qui peut les séparer et les unir. J'adore la fin de la deuxième partie sur le "rêve" de Mia. Elle construit là un personnage d'un romanesque éblouissant qui nous arrache des larmes.

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