Cinéma/Séries TV

La mécanique de l’ombre

Les français aussi savent faire ça...
De Thomas Kruithof
Avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila, Simon Abkarian, Alba Rohrwacher

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Publié le 14 jan . 2017

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Après un sévère burn-out, Duval, employé dans une compagnie d’assurances, se retrouve au chômage. Il est abordé par un mystérieux personnage, un certain Clément, qui lui propose un petit travail tranquille mais bien payé, à la semaine et en liquide. Il s’agit de retranscrire à la machine à écrire, comme autrefois, des écoutes téléphoniques d’aujourd’hui. Mais pour le compte de qui ? Duval vient de mettre les doigts dans une mécanique compliquée d’où il aura le plus grand mal à ressortir vivant.

Points forts

- Le cinéaste de « La mécanique de l’ombre » se dit grand amateur de romans d’espionnage et notamment ceux de John Le Carré. Il a été un auditeur passionné de « Rendez-vous avec X » sur France Inter, émission qui racontait l’histoire des grandes affaires politico-judiciaires. Son scénario, très écrit avec Yann Gozlan, premier point fort, s’inspire librement de plusieurs crises ou complots, avérés ou supposés, qui ont eu lieu en France ces trente dernières années : la crise des otages du Liban dans les années 80, les carnets de Takieddine plus récemment et, plus largement, le soupçon d’instrumentalisation des services secrets à des fins politiques.
 
- Au cœur de l’intrigue, un certain Monsieur Clément (Denis Podalydès), personnage secret et inquiétant qui tire toutes les ficelles jusqu’à risquer de les casser. Celui par qui la casse arrive s’appelle Duval (François Cluzet), un Français ordinaire confronté à un système qui peut l’écraser. La confrontation Cluzet/Podalydès est un grand moment de cinéma. Et les autres comédiens ne sont pas mal non plus, Sami Bouajila en chef des services secrets français comme Simon Abkarian en barbouze sans scrupules. Bref, un monde souterrain que le spectateur découvre à travers le regard médusé de Duval.

Points faibles

Tout ce monde de l’ombre qui inquiète, Duval, notre ex-employé des assurances, est à la recherche d’un carnet. Pour le trouver, ces gens sont prêts à tout et d’abord à tuer. On aimerait en savoir un peu plus, connaître les dessous des cartes. Imperturbable, le réalisateur n’entre pas dans ces cuisines. Nous restons un peu sur notre faim, à l’image du personnage principal qui va tenter de retrouver une vie normale après la tempête.

En deux mots ...

« La mécanique de l’ombre » dévoile les dessous de l’espionnage français au moment où nous apprenons que la Russie s’est lancée dans un vaste plan de piratage des données internationales, américaines et européennes. Par ailleurs, il paraît que de nombreux gouvernements espionnés par la NSA américaine ont pensé à revenir à des communications 100% papier pour éviter les fuites sur internet. Et à la suite de l’affaire Snowden, les services secrets russes auraient décidé de s’équiper de machines à écrire. Qui a dit que la civilisation du papier était morte ? Le film ne tranche pas sur les moyens à utiliser. Il se contente de présenter un monde parallèle, cynique et inquiétant. Mais rassurez-vous, ce n’est qu’un thriller…

Un extrait

« Mon personnage devait taper à la machine. Des gens très professionnels sont venus chez moi pour m’y préparer, c’était très scolaire, ça m’a effrayé. J’ai demandé à Thomas Kruithof : combien y aura-t-il de plans sur moi où l’on verra que je tape et en même temps le résultat sur la feuille ? “Aucun”. Alors on a arrêté les cours intensifs. » François Cluzet

Le réalisateur

Thomas Kruithof n’a pas fait d’école de cinéma. Il est de cette génération de cinéphiles des années 80 biberonnés à la vidéo. « Mon école a été de voir et de revoir des films », dit-il. Après un premier court-métrage, un thriller, « Rétention » (2013), il a poursuivi l’écriture de son premier film, « La mécanique de l’ombre », autre polar mâtiné d’espionnage. Il a en outre bénéficié d’une distribution de vieux routier du cinéma à commencer par Cluzet et Podalydès. Pour ces comédiens de bon niveau, il fallait un film à la hauteur : il l’est.

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