LA RUSE

Un passionnant film d’espionnage inspiré d’un des épisodes les plus méconnus de la Seconde Guerre mondiale… Avec Colin Firth et la star de la série Succession, Matthew Macfadyen .
De
JOHN MADDEN
Avec
COLIN FIRTH, KELLY MACDONALD, MATTHEW MACFADYEN…
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

En 1943, résolus à briser la mainmise d’Hitler sur l’Europe occupée, les Alliés envisagent un débarquement en Sicile. Mais comment faire pour protéger leurs troupes contre un massacre assuré ? Avec l’accord de Winston Churchill, le gouvernement britannique met alors en place une machination : faire croire aux nazis que les Alliés vont débarquer non  pas sur l’île italienne, mais en Grèce. Pour la mise en scène de cette ruse, deux officiers anglais Ewen Montagu (Colin Firth) et Charles Cholmondeley (Matthew Macfadyen) prennent le cadavre d’un noyé. Ils lui donnent une fausse identité, l’affublent d’un uniforme militaire, le lestent d’une serviette pleine de faux documents, le transportent à bord d’un sous-marin et le larguent au large des côtes espagnoles dans l’espoir fou que les nazis le récupèrent. Ces documents, s’ils tombent entre leurs mains, doivent les tromper en leur faisant croire que le débarquement dans le sud de l'Europe aura lieu, en fait, en Grèce. Organisé avec la collaboration du brillant lieutenant-colonel Ian Fleming (interprété par Johnny Flynn) , le coup de bluff, va marcher !

Points forts

  • La Ruse revient sur une histoire incroyable mais vraie : l’Opération Mincemeat (qu’on peut traduire en français par « viande hachée » ou « chair à pâtée ») montée pendant la Seconde Guerre mondiale par les Services secrets britanniques pour détourner l’attention des nazis des côtes siciliennes où les Alliés avaient prévu de débarquer. Aussi fascinante et glorieuse fut-elle, pour les Britanniques, cette Opération resta cachée au grand public jusqu’à ce que l’écrivain Ben Macintyre s’en empare pour la relater dans un livre qui devint un best-seller. Quand il le lit quelques années plus tard, John Madden décide immédiatement de le porter à l’écran. 
  • En dehors du fait que cette Opération de bluff sans équivalent a sans aucun doute sauvé la vie de milliers de soldats des armées alliées, elle se distingue d’autres histoires de mystifications militaires par son côté très «  romanesque ». Normal : elle a été montée par trois officiers qui, à leur temps perdu, écrivaient des romans. Dans le trio, Ian Fleming, oui, oui, le créateur en personne de la série des James Bond, qui dévoila par la suite que l’idée de cette Opération lui était venue à la lecture d’un livre signé d’un certain Basil Thomson.
  • Évidemment, à scénario et réalisateur britanniques, casting exclusivement « british » ! Avec le réalisme et la solidité de son scénario, devant son patriotisme aussi, John Madden n’a sans doute pas eu de difficulté à convaincre le mythique Colin Firth de prendre la direction des « opérations ». On se doute que lorsqu’on a une telle tête d’affiche dans sa distribution, il est ensuite facile de lui trouver des partenaires parmi la crème des comédiens anglais. Ce qui fut fait ! 

Quelques réserves

Le démarrage est un peu laborieux, la mise en scène, un tout petit peu trop statique pour un film d’espionnage. Mais le suspense et l’humour de cet incroyable scénario, son interprétation aussi effacent ces petits défauts. On ne quitte pas l’écran des yeux.

Encore un mot...

Après six ans d'absence, John Madden revient sur les écrans avec ce film tiré d’une histoire vraie d’espionnage, tellement rocambolesque et cinématographique qu’elle avait déjà inspiré en 1956 L’Homme qui n’a jamais existé à Ronald Neame. Si la version de ce dernier était plus romanesque et un brin plus « hitchcockienne'' par l’introduction d’un personnage de méchant, celle de Madden est plus sentimentale et plus riche de détails savoureux. Le classicisme (volontaire) de sa réalisation laisse toute la place à l’interprétation de deux immenses comédiens britanniques Colin Firth et Matthew Macfadyen. Dans celui d’une secrétaire du MI5, la grande Kelly MacDonald (révélée il y a 25 ans dans Trainspotting) n’est pas mal non plus ! A la fois passionnant et divertissant.

Une phrase

« En découvrant cette Opération Mincemeat qui allait devenir le sujet de La Ruse, je n’en ai pas cru ma chance. Une histoire d’espionnage à la fois comique et pleine de suspense, d’une importance historique indéniable et dans laquelle Ian Fleming en personne a joué un rôle décisif… Qui dit mieux ? » ( John Madden réalisateur, Le Point)

L'auteur

Né à Portsmouth le 8 avril 1949, John Madden commence par travailler pour plusieurs films britanniques indépendants avant de réaliser pour la télévision la saison 4 de Suspect numéro 1 et des épisodes des séries Sherlock Holmes et Inspecteur Morse. A son actif aujourd’hui, une quinzaine de films et de téléfilms tournés, selon les productions, dans des studios soit britanniques soit hollywoodiens. On lui doit notamment La Dame de Windsor (1997) avec son actrice fétiche Judi Dench, Shakespeare in love (1998) dans lequel le grand William du titre est interprété par Joseph Fiennes - ce film raflera six Oscars dont celui du meilleur film pour son réalisateur, celui de la meilleur actrice pour Gwyneth Paltrow et celui de la meilleure actrice dans un second rôle pour… Judi Dench -  et l’Affaire Rachel Singer (2010), dans lequel Helen Mirren interprète le rôle-titre. Quand il ne tourne pas, John Madden  se fait producteur. Il a notamment produit en 2016 Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg.

Et aussi

 

- MA FAMILLE AFGHANE de MICHAELA PAVLÁTOVÁ - ANIMATION.

En 2001, par amour pour Nazir, Helena, une jeune tchèque blonde aux yeux bleus, décide de tout quitter pour aller s’installer à Kaboul avec son futur mari. Un changement de vie total pour cette occidentale qui, sous le nouveau nom de Herra, va devoir partager son quotidien avec les huit autres membres de la famille de Nazir. Un changement d’autant plus radical que l’Afghanistan étant déjà à l’époque sous la coupe des Talibans, elle va devoir aussi se plier à leurs lois drastiques.

Comment parler de la condition de la femme dans un pays régenté par les islamistes sans tomber dans le mélo ou le brûlot ? Michaela Pavlátová a adapté le livre de Petra Procházková (qui raconte sa propre expérience de femme tchèque mariée à un Afghan) et, pour en adoucir la cruauté, elle a choisi de le faire à travers un dessin animé, d’une belle fluidité, d’une rare élégance. Au final son film a reçu le Prix du Jury au dernier Festival du film d’animation d’Annecy. Virtuose, édifiant et parfois drôle. Tout simplement superbe.

Recommandation : 4 coeurs

 

- SENTINELLE SUD de MATHIEU GÉRAULT - Avec NIELS SCHNEIDER, SOFIANE KHAMMES, INDIA HAIR…

De retour d’Afghanistan après une opération clandestine qui a décimé son unité, le soldat Christian Lafayette, meurtri et perdu (Niels Schneider), essaie de retrouver une vie normale. Il va pourtant malgré lui, être mêlé à un trafic d’opium dans lequel sont impliqués ses deux seuls frères d’armes survivants.Il va tout faire pour les sauver alors qu’il s’agit, en fait, d'une manipulation.

Pour son premier film, Mathieu Gérault a choisi de parler d’un sujet souvent évoqué au cinéma (mais jamais épuisé), celui du difficile retour à la vie civile des soldats traumatisés au front. Son film est à la croisée des genres, à la fois polar, film noir, chronique sociale et politique. C’est là où le bât blesse. Courant quatre lièvres à la fois, Sentinelle Sud s’éparpille. Défaut en grande partie compensé par l’intérêt du sujet, et surtout par l’interprétation des comédiens Niels Schneider et Sofiane Khammes. Leur puissance de jeu vaut le déplacement. Captivant.

Recommandation :  3 coeurs

 

- BABYSITTER de MONIA CHOKRI - Avec NADIA TERESZKIEWICZ, MONIA CHOKRI, PATRICK HIVON…

Après La Femme de mon frère présenté à Cannes en 2019, Monia Chokri, la réalisatrice québécoise préférée de Xavier Dolan revient sur grand écran avec une comédie féministe (inspirée de la pièce éponyme de la dramaturge Catherine Léger) qui explore, à sa façon, explosive et décalée, les nouveaux rapports hommes-femmes. Face à face : un père qui vient de perdre son boulot pour une blague lourdement sexiste devenue virale, et sa femme en pleine dépression post-partum, avec bientôt, entre eux, une baby-sitter sexy qui va dynamiter leur couple. Attention, ça va saigner ! 

Les amateurs de films déjantés et sur-vitaminés, s’amuseront avec ce Babysitter décapant et complètement barré qui, en sus, s’amuse à flirter avec les films d’horreur de série B giallo. Les autres se lasseront vite de cette comédie saignante et inutilement horrifique qui abuse des gros plans. Un seul élément devrait les mettre d’accord : la distribution, aussi énergique que formidable, en tête de laquelle une comédienne dont on n’a sans doute pas fini d’entendre parler, la somptueuse et très sensible Nadia Tereszkiewicz. 

Les spectateurs, selon leurs goûts, trouveront ce film décevant ou au contraire excellent. 

Recommandation :  2 coeurs

 

- GHOST SONG de NICOLAS PEDUZZI - Avec OMB BLOODBATH, WILLIAM FOLZENLOGEN…

Saisir des moments de vie ou de survie dans les profondeurs glauques d’une ville américaine pas tout à fait comme les autres puisqu’elle est à la fois, dans son côté visible, conservatrice et dans celui « underground », foisonnante et tragique, sous les effets conjugués de la musique, de la violence et des drogues qui circulent  dans certains de ses quartiers…

C’est à la découverte de Houston où habite une kyrielle de musiciens talentueux comme Beyoncé que, pour son deuxième long métrage, le réalisateur français Nicolas Peduzzi a choisi de nous emmener. A mi-chemin entre documentaire et fiction, son film propose une plongée presque « hypnotique » dans cette cité du Sud-Est américain qui semble dévorer les gens comme les rêves. Sa caméra suit surtout des gens fragiles, abîmés par la vie, comme la rappeuse Bloodbath, autant déglinguée par ses addictions que par les chocs traumatiques dus aux décès violents de plusieurs de ses proches ; comme Will, un garçon jeune encore, mais abandonné depuis longtemps par le milieu aisé dont il est issu à cause de son incapacité à sortir de sa dépendance à toutes sortes de drogues. La balade se fait dans les méandres souterrains de cette ville moite, conduite par ces losers magnifiques, à leur manière, si poétiques, rythmée  par les musiques hip-hop, rap, blues, country ou jazz, qui irriguent la cité ; des musiques explosives ou rageuses, mais qui semblent ne jamais pouvoir cesser leurs déchirantes « conversations ». Hypnotique autant qu’électrisant Ghost Song avait eu l’honneur de faire l’année dernière l’ouverture de l’ACID à Cannes. Pour les amateurs d’un cinéma différent.

Recommandation :  3 coeurs

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