Les malheurs de Sophie

Un petit miracle
De
Christophe Honoré
Avec
Caroline Grant, Anaïs Demoustier, Golshifteh Farahani et Muriel Robin
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Thème

Il était une fois une petite fille nommée Sophie (Caroline Grant) qui vivait dans un beau château avec  son papa et sa maman ( Golshifteh Farahani). Si elle était très intelligente et très sensible, la sagesse n’était pas vraiment son fort. Car ce qu’elle aimait par dessus tout, c’était faire des bêtises avec son cousin Paul, et cela, parce qu’elle était  d’une intrépidité, d’une curiosité et d’une bravoure sans pareilles. 

Quand elle partit pour l’Amérique avec ses parents, elle sauta de joie. Quand elle en revint, un an plus tard, elle était orpheline et placée sous le joug d’une horrible femme, madame Fichini ( Muriel Robin). 

Heureusement, Sophie qui restait  incorrigible malgré les punitions, finit par être recueillie par la maman très gentille de deux petites filles modèles (Anaïs Demoustier). La vie pouvait continuer…

Points forts

- Et d’abord,  parce que ce n’est pas si courant, la curiosité et l’impatience que suscite ce film à la simple vision de son affiche. On  la regarde et hop ! La frimousse de la petite fille qui y est photographiée nous ramène à la Sophie  qui a ravi notre enfance. Car, malgré ses malheurs, on a tous, petits, adoré Sophie. Pour ses bêtises, sa combativité, son insolence, son insatiable curiosité et son incroyable liberté d’être… Si depuis son invention en 1858 sous la plume de la Comtesse de Ségur, Sophie est  la première héroïne des petits enfants, c’est  parce que tous, les  filles comme les garçons, rêvent  de  lui ressembler.
 
- Certes, en écrivant l’adaptation de ce best-seller de la littérature enfantine,  Christophe Honoré, qui est un auteur reconnu de livres pour la jeunesse, ne s’aventurait pas en terre étrangère. Mais il aurait pu s’y enliser. Son adaptation ( co-écrite avec Gilles Taurand) est un petit chef d’œuvre, qui permet de restituer à l’écran, avec une merveilleuse légèreté, l’univers et les  (mé)aventures de la Sophie du roman.
 
- Le « choix de Sophie ».Il ne fallait pas se tromper ! Avant de trouver  son interprète, Christophe Honoré a rencontré 800 petites filles.  Grands yeux noirs,  boucles brunes, vivacité, énergie…Quand il découvre Caroline Grant, quatre ans et demi, aucune expérience de l’écran,  le cinéaste craque instantanément. Son instinct ne s’est pas trompé. Caroline Grant est une Sophie idéale, toute en spontanéité, innocence, culot, cruauté, poésie  et…perversité joyeuse ! Personne ne devrait  lui résister.
 
- Le retour à l’écran de Muriel Robin. Elle incarne ici la célébrissime Madame Fichini, l’horrible belle-mère de Sophie. Christophe Honoré dit avoir choisi la comédienne  pour ce rôle de femme infâme parce qu ‘il n y a pas meilleurs que les grands comiques  pour jouer  la méchanceté.  Ici, cette théorie s’avère juste.  Combinant dureté et drôlerie, précision et extravagance, la comédienne est époustouflante.
 
- La beauté formelle du film et sa fluidité.
 
- La musique signée Alex Beaupain . A la fois ludique, lyrique, inventive, et mélancolique, elle fait mieux qu’accompagner le film. Elle participe de son esprit.

Quelques réserves

Il n ‘ y en a qu’un. Et encore…D’aucuns diront que Christophe Honoré n’a pas dirigé assez fermement les enfants et que, par contrecoup, certaines scènes  souffrent d’approximation.

Mais on peut aussi (comme moi)  prendre un plaisir fou à regarder ces enfants  s’ébattre devant les caméras dans une pleine liberté de jeu(x).   Cette façon de (laisser) faire  génère  parfois un léger cabotinage chez certains ? Des déplacements  intempestifs chez d’autres ? Tant pis. C’est pile dans l’esprit de la comtesse de Ségur qui aimait les bons petits diables !

Encore un mot...

Jusqu’à maintenant, la Sophie de la comtesse de Ségur était l’une des  « figures » préférées des enfants.  Grâce à ce film en forme de conte, qui mêle grâce, gravité, légèreté et féérie (Ah la séquence inattendue avec des animaux animés !),  l’indomptable petite fille  pourrait  bien aussi ré-enchanter les adultes. Christophe Honoré a réussi son pari de raconter une histoire d’enfants à la hauteur des enfants , tout en se hissant à celle des adultes.  Ces « Malheurs »   devraient procurer aux familles un sacré  bonheur …

L'auteur

Né le 10 avril 1970 à Carhaix, dans le Finistère, Christophe Honoré est un créateur touche-à-tout, à la fois écrivain, dramaturge, metteur en scène, scénariste et réalisateur. Le moins qu’on puisse dire est que ce breton, devenu parisien en 1995, ne recherche pas le consensus et met souvent les pieds dans le plat du conformisme et de la bienséance. Par exemple, dans ses romans pour enfants et adolescents, il n’hésite pas à aborder des thèmes délicats, comme le Sida, le suicide ou l’inceste.

Parce qu’il a  notamment écrit une pièce  sur le « Nouveau Roman » (2012), et signé des films comme «  La Princesse de Clèves », on le qualifie souvent d’intello. Mais cet éclectique s’en amuse,  qui, pour déjouer les pièges de la catégorisation, ne cesse de passer d’un genre à un autre, dans tous ses domaines d’intervention. On le croit au cinéma ? Il écrit pour le théâtre. On l’imagine plongé dans l’écriture d’un roman, le voilà qui s’attelle à une mise en scène d’opéra (Il fera cet été l’ouverture du festival d’Aix en Provence avec « Cosi Fan Tutte », de Mozart).

Deux ans après «  Les Métamorphoses », inspiré du poète latin Ovide, il sort   en ce mois d’avril  « Les Malheurs de Sophie », un film adapté du roman de la comtesse  de Ségur. Décidément, Christophe Honoré est un homme  qui aime l’aventure.

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