Les Visiteurs : la Révolution

Des visiteurs importuns
De
Jean-Marie Poiré
Avec
Jean Reno, Christian Clavier, Sylvie Testud, Franck Dubosc, Karin Viard, Marie-Anne Chazel
Notre recommandation
2/5

Infos & réservation

Thème

Le comte Godefroy de Montmirail (Jean Reno) et son fidèle écuyer-valet-homme-à-tout-faire-même-les-pires-bêtises (Christian Clavier) sont tombés dans la Révolution française en essayant de rejoindre leur Moyen Age d’origine. Et plus précisément à ce moment sanglant entre tous pour les nobles de tous poils : la Terreur. N’écoutant que son courage qui est immense, Montmirail vient à Paris pour délivrer le dauphin. Hébergé chez son descendant, Gonzague de Montmirail (Franck Dubosc), devenu député, il faut bien vivre, Godefroy rencontre les fortes têtes du moment avant qu’elles ne tombent à leur tour, Robespierre (Nicolas Vaude), Saint Just (Mathieu Spinosi), Marat dans son bain (Christian Hecq)…

La grosse farce à peine historique prend dans la dernière partie d’un film long comme un jour sans pain (1 h 50), un chemin inattendu quand le comte et son esclave, après avoir bu la potion magique pour rejoindre leur Moyen Age chéri, se retrouvent dans les douves du château occupé par les nazis. N’importe quoi ? Oui.

Points forts

Ce sont les nouveaux arrivés dans l’entreprise qui apparaissent les plus enthousiastes, au risque de trop en faire. Jean Reno, Christian Clavier, Marie-Anne Chazel ne font que répéter un numéro bien rôdé et convenu. Certes, les bleues, Karin Viard en Adélaïde de Montmirail qui veut fuir en Autriche tandis que le château va revenir au descendant de Jaqcouille (double rôle pour Clavier), et Sylvie Testut en sœur plutôt rigolote de Robespierre, en font des tonnes pour respecter la loi du genre. Peut-être que la sympathie qu’elles nous inspirent tient plus à la lourdeur des anciens qu’à la pertinence de leur personnage…

Quelques réserves

- Alors qu’on avait aimé les grandes scènes moyenâgeuses du premier opus, on est assez déçu par la plate représentation de cette Terreur. Avec un budget de 25 millions d’euros, on s’attendait à de grandes foules dans un Paris tourneboulé. Que nenni ! Les événements se déroulent dans un hôtel particulier, si bien qu’on se croirait au théâtre ce soir…

- Par ailleurs, on ne prête aucun crédit à l’action d’un Godefroy sauvant le dauphin; lui-même l’oublie assez rapidement. Panne de scénario ? Défaut de montage ? Oubli involontaire ? Qu’est-il arrivé à nos deux scénaristes phares, Jean-Marie Poiré et Christian Clavier ? L’usure du temps ?

Encore un mot...

On avait bien rigolé en regardant les premiers Visiteurs, avec une Valérie Lemercier perchée sur son numéro de noblesse impayable. On avait moins ri quand elle avait été remplacée par une Muriel Robin, plus popu que comtesse. Sans doute la Terreur n’incite pas à la rigolade, mais un scénario bâclé encore moins. Résultat : les acteurs et actrices ont tendance à gueuler leur texte, sans doute pour ne pas avoir à le penser...

L'auteur

Fils du producteur Alain Poiré, 310 films à son actif, dont « Les mariés de l’an II » et « La folie des grandeurs », Jean-Marie Poiré, 70 ans, a suivi avec panache l’exemple paternel. 

Sa chance ? Avoir fait trois rencontres précieuses. Michel Audiard d’abord, avec lequel il a écrit quelques scénarios dont les titres n’engendrent pas la mélancolie, tel « Comment réussir quand on est con et pleurnichard » (1974). Josiane Balasko, ensuite, qu’il a embauchée pour son premier film et grâce à laquelle il a fait la connaissance de Christian Clavier avec qui il a écrit d’autres scénarios à succès. Ce trio Poiré-Balasko-Clavier est donc à l’origine de grosses comédies loufoques comme « Le père noël est une ordure », sortie en 1982, 1.600.000 entrées, et « Papy fait de la résistance », 1983, 4 millions d’entrées. Les deux compères, Clavier pour le scénario et Poiré pour la réalisation, ont fait encore mieux avec « Les Visiteurs » en 1993 : plus de 13 millions d’entrées; et 8 millions pour « Les visiteurs 2 » en 1998. Passons sur le fiasco des « Visiteurs en Amérique », remake du premier, tourné aux Etats-Unis en 2000.

Et nous voici avec « Les Visiteurs : la Révolution ». Va-t-il  encore attirer les foules, celui-là ?  Les producteurs l’ont interdit aux critiques de la presse écrite avant sa sortie ; preuve qu’ils n’ont pas très confiance en leur bébé ? Nous l’avons donc vu en salles à la première séance de mercredi, hélas !

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