L’étudiante et Monsieur Henri

De
Ivan Calbérac
Avec
Claude Brasseur, Noémie Schmidt, Guillaume de Tonquédec, Frédérique Bel
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Thème

Monsieur Henri (Claude Brasseur) occupe en solitaire depuis le décès de sa femme un vaste appartement parisien. Cette solitude inquiète son fils Paul (Guillaume de Tonquédec) qui lui envoie Constance (Noémie Schmidt), une étudiante qui tente d’échapper à un père autoritaire et cherche une chambre pas trop chère. Le vieux monsieur, qui ne veut personne chez lui, se venge de cette intrusion en fomentant un complot pour que son fils, mal marié selon son père à une Valérie un peu vieille France (Frédérique Bel), tombe dans les filets de la jolie étudiante. Naturellement, rien ne va se passer comme prévu dans cette comédie où l’amour et l’amitié soufflent où ils veulent.

Points forts

- S’il y en a un, de point fort, c’est Claude Brasseur. Au théâtre, c’était Roger Dumas qui menait la danse. Au cinéma, Claude Brasseur est royal dans l’expression de sa mauvaise foi et de sa misanthropie. Il domine haut la main la petite troupe qui s’agite autour de lui grâce à son expérience, son autorité et sa gentillesse bien cachée.

- Sa jeune et craquante locataire, Noémie Schmidt, présente l’avantage de bien connaître la musique puisqu’elle a pratiqué le chant lyrique en Suisse où elle est née, ce qui est important dans cette histoire où la grande musique adoucit les mœurs et réconcilie tout le monde.

- Guillaume de Tonquédec, César 2013 du meilleur acteur dans un second rôle pour « Le prénom », et qui a explosé dans la série de France 2 « Fais pas ci, fais pas ça », est égal à son personnage sympathique et naïf, sans réelle épaisseur, dominé par un père brutal et une épouse catholique traditionnelle, que Frédérique Bel interprète avec conviction. Nous sommes dans la caricature, mais les acteurs s’en amusent.

Quelques réserves

- Quand on passe du théâtre au cinéma, il faut changer d’optique. Le temps de la pièce était resserré sur une journée, l’intrigue du film se déroule sur plusieurs semaines et manque parfois de rythme.

- Le dénouement est sans surprise car tout finit par rentrer dans l’ordre des choses de la vie, comme on s’en doutait dès le départ.

- Pour entrer dans cette comédie sans prétention, il faut en accepter les clichés ou passer son chemin…

Encore un mot...

- Le pilier du spectacle, c’est donc Claude Brasseur. Il incarne à merveille ce vieux monsieur qui ne veut pas qu’on le plaigne et qui garde pour lui un lourd secret que sa candide locataire va déverrouiller.

- « J’ai réalisé lors du tournage, explique-t-il, que les jeunes techniciens se comportaient avec moi comme on le faisait avec Gabin ». Claude Brasseur avait 23 ans quand il a tourné « Rue des prairies » (1959) avec Jean Gabin. « Et là, sur le tournage de ‘L’étudiante’, je me suis dit que j’avais pris un coup de vieux, ils étaient tous en train de prendre soin de pépé ».

Une phrase

Claude Brasseur : « J’ai eu la chance d’avoir deux César. Pendant vingt minutes on est le roi de Paris. Mais dès qu’on sort dans la rue, c’est fini ».

L'auteur

Ivan Calbérac est un homme orchestre des loisirs culturels. A 45 ans, il écrit aussi bien pour l'édition (cf chronique Culture-Tops de son  roman, "Venise n'est pas en Italie"), le théâtre, la télévision et le cinéma. Après deux courts métrages dont l’un remporte le prix du scénario au festival de Clermont-Ferrand, il réalise Irène (2002) avec Cécile de France et récolte plusieurs prix dans les festivals. Viennent ensuite la comédie musicale « On va s’aimer » (2005) avec Alexandra Lamy et Gilles Delouche et « Une semaine sur deux » (2009) avec Mathilde Seigner et Bernard Campan. Au théâtre, après « Le bourreau » en 2002 et « Tout un cinéma » en 2005, il triomphe durant la saison 2012-2013 avec « L’étudiante et Monsieur Henri » qu’il était tentant d’adapter au cinéma. Voilà qui est fait et plutôt bien fait.

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