Cinéma/Séries TV

L'Hermine

Luchini, multi-cartes de l'excellence
De Christian Vincent
Avec Sidse Babett Knudsen et Fabrice Luchini

Infos & réservation

Lu / Vu par

Bertrand Devevey
Publié le 18 nov . 2015

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Michel Racine est Président de la Cour d'Assise d'une ville du nord de la France. Sa vie monotone, son couple défait, ont fait de lui un homme "éteint" mais compétent professionnellement, et redouté. Un nouveau procès d'assise se prépare. Nous allons le suivre, et vivre sa rencontre fortuite avec un des jurés tiré au sort, amour perdu, étincelle qui va réveiller la torpeur du magistrat.

Points forts

- Un sujet servi par des acteurs absolument "vrais". Magistrat, avocats, prévenus, jurés (excellents !), témoins, sont plus vrais que nature.

- Des seconds rôles convaincants (la jeune greffière tendre et attentionnée, des jurés caricaturalement « du nord », une ado enjouée, un lieutenant de police embarrassé, un expert pontifiant, un avocat connecté...)

- Un Fabrice Luchini qui ne fait pas du Luchini, mais un magistrat blasé extrêmement crédible. On perçoit en lui une humanité qui s’éveille au contact de son ancienne passion.

- Une Sidse Babett Knudsen -interprète de la Premier Ministre danoise dans la série Borgen-,: l'amour retrouvé, qui incarne à merveille un personnage plein de mystères, d'humanité et de pudeurs.

-  Un scénario linéaire mais dont l'issue ne semble pas écrite d'avance.

Points faibles

- Ce film pourrait être une pièce de théâtre. Concentré (mais pas limité) sur le procès, il revêt un aspect un peu documentaire.

- A la différence des horizons rétais d'Alceste à bicyclette, ce film tourne au huis clos, comme si la tension du procès et de ses tourments (y compris ceux du Président) enfermaient les personnages dans les murs de la ville et de sa salle d'audience.

En deux mots ...

On dit que les festivals délivrent des prix à des films que le public n'apprécie majoritairement pas. La Mostra de Venise a récompensé Christian Vincent et Fabrice Luchini, meilleur scénario et meilleur interprète. L'intrication du procès et du réveil de la passion du magistrat, l’immersion dans les certitudes et les doutes des protagonistes, sont un petit tour de force cinématographique. Le jeu d'acteur, la mise en scène, ne sacrifient pas l'un à l'autre. Ce film est simple, tendre  et pudique. Une rare vertu ?

Une phrase

Comme une hyperbole de la justice: "le but d'un procès n'est pas de découvrir la vérité, mais de rappeler à la société ce que les individus ont le droit, ou n'ont pas le droit de faire". Michel Racine/Fabrice Luchini.

Le réalisateur

Christian Vincent offre à Fabrice Luchini un premier (grand) rôle au cinéma dans "La discrète" (1990), mais aussi, dans d'autres réalisations, à Isabelle Carré et Elza Zilberstein. Il est notamment le réalisateur des "Saveurs du Palais", avec Catherine Frot et Jean d'Ormesson (en François Mitterrand !). C'est un homme incontestablement apprécié aujourd'hui pour ses réalisations sensibles et délicates. Monteur, scénariste, réalisateur, il a tourné, en 30 ans de carrière, près de 20 films.

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