L'Idéal

Parfois agaçant, vulgaire, mais intelligemment irrévérencieux et bien joué
De
Frédéric Beigbeder
Avec
Gaspard Proust, Audrey Fleurot, Jonathan Lambert, Camille Row
Notre recommandation
3/5

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Thème

Pour redorer son blason éclaboussé par un  gros scandale médiatique (la diffusion  d’une vidéo de son mannequin vedette en tenue nazie),  une gigantesque entreprise de cosmétiques   va recruter un  « model-scout », autrement-dit un  chasseur de mannequins (Gaspard Proust),  et l’envoyer  à Moscou en compagnie d’une directrice visuelle  (Audrey Fleurot), aussi coincée et autoritaire qu’il est cynique et fêtard. Mission de ce duo désassorti : dénicher, en une semaine, dans la Russie post-communiste, une nouvelle égérie dont la beauté, l’innocence et la pureté devront pallier la mauvaise image de marque de la firme…

Entre les réunions de crise à Paris, les  castings à Moscou, les  élections de Miss dans les provinces russes, les  fiestas chez les milliardaires( sans doute mafieux) et les« castings » sauvages aux quatre coins   de l‘ex-empire soviétique… « L’Idéal » va multiplier les occasions de  dénoncer les excès,  les ridicules, la vacuité et  les dévoiements du monde de la beauté et  finir par louer aussi, grâce à un tour de passe-passe scénaristique, les joies de la paternité. (Mais, Chut !).

Points forts

- L’irrévérence de cette comédie qui  non seulement  décrypte les coulisses du monde de la mode, mais rue dans les brancards du savoir-vivre, de la morale et du bon goût.

- Ses formules chocs. (Fréderic Beigbeder n’a pas oublié qu’il est un ancien fils de pub !)

- Sa réalisation, spectaculaire et inventive.

- Sa distribution, plus que parfaite. En femme d’affaires  pète-sec et coincée Audrey Fleurot est… « idéale ».  Gaspard Proust, lui,  incarne  à la  perfection son personnage  de chercheur  de top model, roublard, impudent, débauché  et revenu de tout (L’humoriste confirme ici son talent d’acteur). Quant à Jonathan Lambert, en patron/patronne de la marque de cosmétiques,  L’ Idéal, qui donne son nom au film, il est tout simplement exceptionnel.

Quelques réserves

-La vulgarité qui accompagne l’irrévérence de certaines scènes de cette comédie déjantée.

-Le côté un peu foutraque du scénario, surtout vers la fin.

-L’impression de misogynie qui se dégage de la première heure du film.

Encore un mot...

Les amateurs de comédie trash vont sans aucun  doute se précipiter, pour voir ce nouvel opus du réalisateur de « 99 francs ».Et ils auront raison, car cette critique satirique du monde de la beauté et de la mode qui, en images, n’hésite pas à en rajouter dans le tape-à-l’œil, a été  faite pour eux.  En revanche, malgré sa distribution haut de gamme et ses dialogues d’un beau mordant, cet « Idéal » devrait laisser bon nombre de cinéphiles plus circonspects.

Une phrase

 « En fait, ce qu’on cherche, c’est la simplexité ».

L'auteur

Né le 21 septembre 1965 à Neuilly-sur-Seine dans une famille d’intellectuels aisés, Frédéric Beigbeder a fait, depuis le début de sa carrière dans la  pub,  profession de «  touche-à-tout » ; puisqu’il est aujourd’hui à la fois écrivain, scénariste, critique littéraire, animateur d’émissions de télévision, réalisateur de cinéma, directeur de publication (magazine « Lui ») et aussi, le créateur du prix de Flore  dont il préside le jury.

Peut-être celui que l’on qualifie souvent de « dandy » brillant mais cynique, considère-t-il son métier d’écrivain  comme étant le premier dans ses préférences, cette activité lui ayant  déjà valu à ce jour deux prix littéraires importants , l’Interallié ,en 2003, pour « Windows on the World » et , en 2009, le Renaudot pour «  Un Roman français ».Mais on peut  penser que le cinéma est devenu sa seconde préoccupation, puisqu’en 2007, il participe à l’écriture du scénario du film que Jan Kounen adapte de son «  99 francs » ; qu’en 2012, il écrit et réalise  son premier film,  « L’ Amour dure trois ans », qu’il tire de son roman éponyme; et qu’il a  également écrit et réalisé celui qui sort  cette semaine sur les écrans, « L’Idéal », adapté de son roman, « Au secours , Pardon », paru en 2007.

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