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Mémoires de jeunesse

De James Kent
Avec Alicia Vikander, Kil Harington, Emily Watson, Hayley Atwell, Dominic West, Miranda Richardson, Taron Egerton, Colin Morgan.

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Publié le 26 sep . 2015

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Thème

Vera Brittain (Alicia Vikander) a un double but dans la vie : devenir écrivain et passer les examens d’admission à Oxford. Dans la haute société britannique, les femmes ne travaillent pas et se préparent au mariage. Mais Vera finit par faire plier son industriel de père (Dominic West) et arrive à Oxford en octobre 1914, deux mois avant le déclenchement des hostilités. Son frère Edward (Taron Egerton) s’engage  en compagnie du jeune poète Roland Leighton (Kit Harington), le grand amour de Vera, et de son ami d’enfance Victor (Colin Morgan). Vera partira à son tour pour la guerre au cours de l’été 1915 comme infirmière, d’abord au First London General Hospital de Camberwell, où elle soigne son frère blessé pendant la bataille de la Somme, puis à Malte et enfin, sur le front, au campement militaire d’Étaples en France. En 1921, elle fera partie des premières femmes diplômées d’Oxford.

Points forts

- C’est l’histoire d’une génération fauchée par la Grande Guerre. James Kent et sa scénariste, Juliette Towhidi, qui s’est largement inspiré du livre de Vera, ont pleinement réussi ces va et viens entre le front et l’arrière, entre les horreurs des hôpitaux de campagne et la douce campagne anglaise, le Derbyshire, région de l’enfance heureuse et à jamais perdue.
- C’est aussi l’aventure d’une jeune fille intelligente que rien n’avait préparé à ce qu’elle va vivre et qu’elle n’oubliera jamais.

- Une grande partie de l’entreprise repose sur la magnifique actrice suédoise Alicia Vikander, qu’on a vu dans « Royal Affair » et « Anna Karénine » (2012). Mais ses partenaires ne sont pas mal non plus: Kil Harington, tout droit sorti de la série américaine « Game of Thrones », qui joue le rôle de son amoureux;Taron Egerton, vu dans « Legend » (2015), qui interprète son frère adoré; et ses parents, le prestigieux Dominic West et la toujours émouvante Emily Watson.

Points faibles

Le film couvre toute la durée de la guerre 14/18. Curieusement, l’ensemble manque par moment d’intensité. Comme si cette société britannique aussi collet monté où l’on montre le moins possible ses sentiments déteignait sur la conduite de l’intrigue. A moins que le réalisateur n’ait un peu trop forcé sur les belles images de la campagne anglaise qui reposent le spectateur des horreurs de la guerre...

En deux mots ...

La destinée de Vera Brittain (1893-1970) fut exceptionnelle. Après avoir intégré le Somerville College à Oxford, elle ne se doutait pas qu’elle contribuerait comme infirmière à l’effort de guerre dans le programme VAD (Voluntary Aid Detachment), et consacrerait le reste de sa vie à militer en faveur du pacifisme dans le cadre de son métier d’écrivain et de conférencière à la Société des Nations.

Une phrase

Qui seront deux:

- Mark Bostridge, biographe de Vera Brittain : « J’ai lu “Testament of youth“ il y a plus de trente ans et, depuis, j’ai lu beaucoup d’ouvrages sur la Première Guerre mondiale. A mon avis, c’est le livre le plus fort sur l’amour, le deuil et le souvenir ».

- James Kent, réalisateur : « Ce qui m’a plu dans ce projet, c’est qu’il s’adresse aussi à la jeune génération actuelle qui, tout comme celle de Vera, se sent abandonnée par ses aînés. Certes, cela n’est pas comparable à la Première Guerre mondiale, mais il existe toujours un vrai gouffre entre les générations ».

Le réalisateur

Le Britannique James Kent a réalisé un certain nombre de documentaires, fictions et séries pour la BBC ainsi que des reportages de guerre au Cachemire, en Ouganda et en Afghanistan. On lui doit un téléfilm sur Margaret Thatcher, sorti en 2009, et une évocation de Anne Lister, écrivaine féministe et lesbienne ayant vécu au XVIIIe siècle.  
Il a toujours été intéressé par les histoires vraies et les femmes d’exception, « souvent marginalisées par la société », affirme-t-il. Avec Vera Brittain, il est servi et le spectateur aussi qui va découvrir « Mémoires de jeunesse », le grand premier film de fiction du documentariste, fondé sur le best seller de Vera Brittain, publié en 1933, « Testament of youth », et sur sa correspondance de guerre, publiée par son biographe, Mark Bostridge, consultant sur le film, sous le titre : « Letters from a lost generation : first world war letters of Vera Brittain and four friends » (lettres d’une génération perdue : lettres de la première guerre mondiale entre Vera Brittain et quatre amis).

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Une femme exceptionnelle dans la tourmente de 14-18.

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