Cinéma/Séries TV

Mon Garçon

Canet est un grand
De Christian Caron
Avec Guillaume Canet, Olivier de Benoist, Mélanie Laurent, Antoine Hamel, Lino Papa, Mohamed Brikat, Marc Robert

Infos & réservation

Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 20 sep . 2017

Recommandation

4,0ExcellentExcellent

Thème

Passionné par son métier qui l’amène à voyager souvent à l’étranger, Julien  (Guillaume Canet) a délaissé sa famille. Fatiguée de l’attendre, sa femme (Mélanie Laurent) l’a quitté, emmenant avec elle leur petit garçon.

Lors d’un de ses brefs retours en France, Julien trouve sur son répondeur un message de sa femme, en larmes : leur fils, qui vient d’avoir sept ans, a disparu lors d’un bivouac avec sa classe en montagne. Il a probablement été enlevé. 

Le père qui sommeillait en Julien se réveille.  Hanté par la culpabilité, fou de douleur, il va se précipiter à la recherche de son fils et entamer une traque dangereuse. 

Rien ne pourra l’arrêter…

Points forts

- Le culot du réalisateur. Après trois films historiques, long tournage, gros décors, kyrielle de costumes d’époque  et casting XL, Christian Carion dit avoir eu envie d’un film contemporain, avec « peu d’acteurs, en français, plus resserré, plus simple et avec moins de panzers ». Il a donc eu l’idée de cette histoire d’un père d’aujourd’hui qui part à la recherche de son enfant disparu. Mais pour la corser, il a décidé non seulement de la tourner  presque en temps réel  (six jours de tournage), mais de ne pas faire lire le scénario à celui qui incarnerait ce père, en l’occurrence Guillaume Canet, en pariant sur sa capacité à improviser. Il a misé juste sur tous les tableaux : Mon Garçon ne «  respire » ni le petit budget, ni la précipitation. Quant à ses dialogues, pourtant le fruit d’improvisations, ils  ne donnent jamais  l’impression de tourner à vide.

- Le crescendo du scénario. Le film démarre comme un banal drame intimiste, avec des scènes de pleurs et de reproches entre les parents du petit disparu, et tout d’un coup, il se cabre et prend un autre tour, celui d’un thriller, et cela au moment même où  Julien, le père du petit disparu, décide de partir  à sa recherche et de mener l’enquête.

- La performance de Guillaume Canet. Placé devant ce drame terrible d’un père face à l’enlèvement de son enfant, déchiré entre douleur et fureur, le comédien est incroyable de vérité et de spontanéité. On salue sa performance, son implication et son sens de la répartie, face à des acteurs qui, eux, avaient un texte écrit.

- Mélanie Laurent aussi est formidable. Entre abattement, déchirement, et révolte, elle fait montre d’une impressionnante palette de jeu .

Points faibles

La fin du film s’étire un peu en longueur et manque aussi un peu de vraisemblance. C’est dommage, mais pas si grave. En dépit de cette petite baisse de régime, on est quand même tenu en haleine jusqu'au bout. On aurait juste aimé l’être avec encore plus d’intensité...

En deux mots ...

Cette histoire de disparition d’un enfant, tournée «  en temps réel », comme dans les conditions d’un direct, Christian Carion en avait eu l’idée en 2002.Mais à cette époque, il ne se sentait pas assez mûr pour la réaliser, et surtout, il ne connaissait pas alors l’acteur capable de la porter. Sa patience a payé. Guillaume Canet est ici  son interprète idéal.  Il faut dire que le réalisateur et le comédien ont appris à se connaitre, lors des tournages de Joyeux Noël et de L’Affaire Farewell. Le résultat de leur nouvelle collaboration  est assez enthousiasmant. Bien que tourné, souvent caméra à l’épaule, dans des conditions périlleuses pour les acteurs ( la méthode adoptée ne permettait évidemment qu’une seule prise), ce  Mon Garçon - qui, en raison des conditions inédites  de son filmage  fut difficile à financer- est un des meilleurs thrillers de cette rentrée.

Un extrait

« J’ai vécu une expérience d’acteur monumentale, que je n’avais jamais vécue de ma vie ! Notamment lors de la scène d’approche de la maison du kidnappeur. C’était un truc d’acteur de dingue parce que je n’étais pas en train de jouer, mais en train de vivre…Je voyais l’équipe dans un état de panique. Pour eux aussi, c’était  super excitant ».( Guillaume Canet).

Le réalisateur

Né le 4 janvier 1963 à Cambrai de parents agriculteurs, Christian Carion se passionne pour le cinéma dès son adolescence. Pour faire plaisir à sa famille, il intègre d’abord une école d’ingénieur au Ministère de l’Agriculture. Mais sa passion pour le 7ème art est trop forte. Il plaque tout, loue une caméra vidéo et commence à tourner des films, qu’aujourd’hui, il juge  lui-même sans intérêt.

Grâce au succès de son premier long métrage, Une Hirondelle a fait le printemps en 2001, avec Michel Serrault, il peut réaliser Joyeux Noël, une fresque historique ambitieuse sur la Première Guerre Mondiale (avec, déjà, Guillaume Canet), et  qui lui vaut de représenter la France aux Oscars en 2006.

Trois ans plus tard, c’est l’Affaire Farewell, un thriller d’espionnage en pleine guerre froide, avec encore Guillaume Canet. 

En 2014, il signe de nouveau un film historique sur l’exode pendant les années 40, En mai, fais ce qu’il te plaît. 

Mon Garçon est son cinquième long métrage.

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