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Mon poussin

Navrant navet, navet navrant...
De Frédéric Forestier
Comédie - France
Avec Isabelle Nanty, Thomas Soliveres, Pierre François Martin-Laval, Leslie Medina

Infos & réservation

Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 01 juil . 2017

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Thème

Vincent, dix-huit ans (Thomas Solivérès) pleure à gros sanglots sur son « dodo ». Il vient d’être largué par son premier amour, la ravissante Elina (Leslie Medina). Sa maman Cléa (Isabelle Nanty) et son papa Harold (Pierre François Martin-Laval dit, Pef), chez lesquels le petit chéri vit toujours, ne savent pas quoi faire pour consoler leur « poussin ». 

Soudain, les géniteurs de l’inconsolable ont une idée de génie : il vont  chercher à dégoûter leur fiston de sa méchante fiancée. Pour cela, ils vont faire souffler sur lui le chaud et le froid; par exemple, lui alterner séances de baffes avec soirées bisous-bisous. Ils vont aussi lui organiser des voyages au long cours (à Strasbourg) ou encore, pour lui montrer qu’il y a plus douloureux qu’un chagrin d’amour, lui  imposer des visites d’hôpitaux…

Jusqu’au clap de fin, le scénario va ainsi aller de Charybde en Scylla. 

On vous rassure : après une heure quarante d’âneries, plus pathétiques les unes que les autres, tout finira bien.

Points forts

Le duo que forment Isabelle Nanty et Pierre François Martin Laval. Ces deux comédiens là, qui se connaissent depuis vingt ans, réussissent à jouer convenablement, et même  avec justesse et sincérité,  les pires inepties. On regrette donc que ces deux interprètes dont on connait le talent, se soient commis dans ce film que les affiches nous annoncent comme une comédie.

Points faibles

Scénario, dialogues, réalisation… Hélas, ici, tout est désolant, quand ça ne sombre pas, en plus, dans une  sombre vulgarité. Exemple, cette réplique, que Pef essaie pourtant de balancer avec un maximum de distanciation : « Le premier (amour), c’est rien. C’est un brouillon, c’est de la merde ». Et beaucoup d’autres phrases, du même acabit.

En deux mots ...

Comment Mon poussin a-t-il réussi à séduire un producteur, puis un distributeur, et non des moindres ? C’est la question que l’on se peut se poser après l’avoir visionné.

Ni fraîcheur, ni légèreté, ni inventivité… Il n’y a rien dans cette « comédie », qui puisse la sauver du naufrage. Pas même sa mise en scène, d’une lourdeur affligeante. 

Encore une fois, on le déplore pour Pierre François Martin-Laval, et surtout pour Isabelle Nanty, une artiste au jeu très fin, qui vient de signer une mise en scène aussi réussie qu’hilarante de l’Hôtel du Libre-Echange de Georges Feydeau à la Comédie Française (Avis aux amateurs, ce spectacle est encore à l’affiche).

Un extrait

« Je crois que l’adolescence nous poursuit toute notre vie, car on vit à cette période là une succession de premières fois dont on ressent très fortement les effets… On reste donc marqué au fer rouge par cette période… Mon Poussin est un film qui parle de l’amour adolescent et de ses excès, et des répercussions qu’ils peuvent avoir sur les parents ». ( Frédéric Forestier, réalisateur).

Le réalisateur

Né le 28 avril 1969 à Paris, Frédéric Forestier est un réalisateur, essentiellement de comédies, qui aime travailler en tandem.

Après Paranoïa, un court-métrage co-réalisé, en 1993, avec Stéphane Gateau, Frédéric Forestier part tenter sa chance aux Etats-Unis où, cinq ans plus tard, il signe son premier long métrage, Etat d’urgence.

De retour en France au début des années 2000, il sort, avec Alain Barberian,  Le Boulet, une comédie déjantée emmenée par Benoit Poelwoorde et qui sera son plus gros succès.

En 2004, c’est Les Parrains, qui se solde par un échec, malgré un beau casting comprenant notamment Jacques Villeret. Astérix aux Jeux Olympiques, co-réalisé  en 2008 avec Thomas Langmann, aboutit au même résultat, tout comme, en 2012, Stars 80, co-réalisé aussi avec le même Langmann.

Mon Poussin, que le cinéaste a conduit seul, lui vaudra t-il un retour en grâce auprès du public (la critique n’a pas pu voir le film avant sa sortie en salles) ? Réponse dans quelques semaines...

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