MORT SUR LE NIL

Cinq ans après Le Crime de l’Orient-Express, Kenneth Branagh renfile le costume d’Hercule Poirot, cette fois, pour une croisière 5 étoiles sur le Nil… Encore plus efficace, plus divertissant, et plus spectaculaire…
De
KENNETH BRANAGH
Avec
KENNETH BRANAGH, GAL GADOT, ARMIE HAMMER, ROSE LESLIE…
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Thème

La très belle, très riche, très extravagante et très captivante Linnet Ridgeway (Gal Gadot) a épousé Simon Doyle (Armie Hammer), un bourreau des cœurs fauché comme les blés mais qui a la beauté du diable. Elle l’a chipé, lors d’un bal, à sa meilleure amie, la très jolie aussi, mais très désargentée Jacqueline de Bellefort (Emma Mackey). Pour leur voyage de noces, les jeunes mariés organisent une somptueuse croisière sur le Nil.

Parmi les invités, Hercule Poirot (Kenneth Branagh), convié par la reine de la fête sous le prétexte que, depuis son mariage, elle ne se sent plus en sécurité parmi des amis. Lorsqu’elle est mystérieusement assassinée, le célèbre détective va prendre les choses en main. Son enquête s’annonce ardue, car chacun des invités se révèle être un suspect idéal… Un mort, puis un autre, puis… ils vont se succéder. La sagacité d’Hercule Poirot va être mise à rude épreuve…

Points forts

-Cinq ans après Le Crime de l’Orient Express, Kenneth Branagh a eu envie de renfiler le costume d’Hercule Poirot, cette fois, pour mener sur grand écran l’enquête la plus connue d’Agatha Christie. Cette enquête avait  déjà donné lieu, en 1978, à une célébrissime version cinématographique, celle de John Guillermin. Le cinéaste irlandais a relevé le gant. Évidemment, pas question pour lui de réaliser un simple remake de son prédécesseur. Il a voulu offrir une nouvelle « vision de l'œuvre de la romancière, une vision à la fois plus sombre, mais plus humaine, plus sensuelle aussi. S’il a respecté l'œuvre originelle dans ses grandes lignes, son style et l’intensité de son suspense, il a en revanche - avec son scénariste Michaël Green-, délibérément forcé le trait sur la psychologie de certains de ses personnages. « De tous les romans d’Agatha Christie, explique t-il, Mort sur le Nil est le plus troublant. Le désir sexuel est présent dans tous les personnages. Ces derniers ont une telle avidité à satisfaire leurs pulsions qu’elle peut aller jusqu’au meurtre ». Ce parti pris donne un coup de jeune à l'œuvre sans la dévoyer.

 -Dans cette optique de « moderniser » le roman sans toucher à son intrigue,  Branagh a pour la première fois osé faire exprimer à Hercule Poirot des sentiments. Le célèbre inspecteur paraît plus humain. On a même de l’empathie pour lui.

-Visuellement, le film est magnifique, bien dans le « jus » du roman, à la fois très  british et très raffiné. Tout a été tourné en studio, mais les effets spéciaux sont si  réussis que le résultat est bluffant. On se croit vraiment transporté sur les rives du Nil, au pied des pyramides de Gizeh.

-Le casting est à la hauteur de l’ambition du projet. Le générique n’en finit pas de dérouler des pointures, féminines (Annette Bening, Gal Gadot, Emma Mackey…) comme masculines ( Kenneth Branagh, mais aussi Armie Hammer, Jason Bateman…).On se régale à les regarder jouer.

Quelques réserves

Sauf à reprocher au film son classicisme qui est un choix délibéré du réalisateur pour « coller » à l’écriture, si old school, de la délicieuse Agatha, sauf aussi à reprocher au scénario quelques infidélités au roman originel, comme l’ajout ou le retrait de quelques personnages secondaires - pour en doper le rythme -, aucune réserve… 

Encore un mot...

Peu importe qu’on ait, ou non, encore en mémoire le Crime de l’Orient-Express, car cette nouvelle adaptation d’un roman de l’inégalable Agatha Christie par Kenneth Branagh est encore meilleure. A tous les niveaux. Les personnages sont moins stéréotypés; les décors, plus grandioses; la photo, plus belle encore; les effets spéciaux, plus spectaculaires et la mécanique du récit, encore mieux huilée. Quant à la distribution, on l’a dit plus haut, elle est remarquable. Et puis, pour une fois, ce qui ajoute encore au charme de cette enquête, son célèbre inspecteur, ose montrer qu’il peut être touché, si, si. Majestueux et diabolique.

Une phrase

« Le désir sexuel est intensément présent dans l’histoire originale d’Agatha Christie et les personnages se montrent impétueux dans leur hâte de l’assouvir. Leur avidité à satisfaire leurs pulsions est si dangereuse qu’elle va jusqu’au meurtre. De tous les romans de l’auteure, c’est le plus troublant. Sous un vernis de sophistication, de séduction, de glamour et de romance, le désir est présent à tout moment, tour à tour fragile, dévastateur, dangereux et perturbant » ( Kenneth Branagh).

L'auteur

Acteur, réalisateur, scénariste et producteur de cinéma, Kenneth Branagh s'est fait connaître du grand public par ses rôles dans Harry Potter et la Chambre des secrets ( 2002), Good Morning England (2009) et Dunkerque (2017). Les amateurs de cinéma classique le connaissent eux plutôt pour ses rôles dans Henry V (1989), Beaucoup de bruit pour rien (1993) et Hamlet ( 1996), trois films dont il a signé aussi la réalisation.

Diplômé de la Royal Academy of Dramatic Art, Kenneth Branagh, né le 10 décembre 1960 à Belfast, commence sa carrière comme acteur de théâtre où il s’illustre essentiellement dans des rôles du répertoire shakespearien, ce qui lui vaut d’être surnommé « Le nouveau Laurence Olivier ». En 1989 le brillant comédien  saute le pas et se lance dans le cinéma, avec une adaptation du Henri V de son auteur fétiche. Le film va connaître non seulement un grand succès, mais il vaut à Branagh d’être nommé pour l’Oscar du réalisateur.

Depuis ce coup d’essai qui se transforma, pour lui, en coup de maître, le comédien devenu réalisateur n’arrêtera plus. Il enchaînera les films, soit pour des oeuvres qu’il dirige et dans lesquelles il joue, dont Hamlet (1996), Peines d’amour perdues (1999) ou encore, plus récemment, Le crime de l’Orient Express (2017), soit comme simple acteur dans notamment Comment tuer le chien de son voisin de Michaël Kalesniko en 2000, Cinq enfants et moi de John Stephenson, Dunkerque de Christopher Nolan en 2017.

Anobli par la Reine en 2012 pour services aux arts dramatiques et pour son action sociale en Irlande du Nord, Kenneth Branagh a joué aussi un rôle phare dans la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’été à Londres la même année. Il est aujourd’hui l’un des artistes vivants  les plus récompensés de Grande Bretagne.

Son nouveau film, Belfast, dans lequel il raconte son enfance dans une famille ouvrière irlandaise au milieu des émeutes de la fin des années 60, est attendu sur les écrans français le 2 mars prochain . 

 

Et aussi

- ENQUÊTE SUR UN SCANDALE D’ÉTAT de THIERRY de PERETTI - Avec ROSCHDY ZEM, VINCENT LINDON, PIO MARMAÏ…

Le 17 octobre 2015, les douanes françaises saisissent en plein Paris sept tonnes de cannabis. Le jour même, un ancien infiltré des stups, Hubert Antoine (Roschdy Zem) contacte Stéphane Vilner, un jeune journaliste de Libération (Pio Marmaï). Il prétend avoir la preuve que Jacques Billard, un haut gradé de la police française ( Vincent Lindon), dirige un important trafic d’Etat. D’abord méfiant, Stéphane va finir par plonger dans une enquête qui le mènera jusqu’aux recoins les plus sombres de la République…

Quoi de mieux pour réaliser un bon thriller d’espionnage politique que de l’ancrer dans la réalité ?  Pour son troisième long métrage, Thierry de Peretti (Les Apaches, Une vie violente) s’est inspiré d’une histoire vraie, relatée par le journaliste Emmanuel Fansten et Hubert Avoine, un ex-infiltré des stups, dans un livre document intitulé L’infiltré et qui impliqua flics et voyous dans un charivari incroyable de pistes et de faux semblants. Son récit, en kaléidoscope, aussi fascinant que mystérieux, évoque le Francesco Rosi de Main Basse sur la ville et de Lucky Luciano. Peu importe s’il déroute par moments par son opacité, il subjugue par ses enjeux, par l’entrelacs de ses mensonges, par l’imperméabilité mystérieuse de ses personnages. Dans le glauque de l’intrigue, les trois acteurs principaux, Roschdy Zem, Vincent Lindon et Pio Marmaï sont à leur affaire. Ils sont tous les trois impériaux et…impénétrables. De loin, le meilleur polar français de ce début d’année… 

Recommandation : 4 coeurs

 

- MARRY ME  de KAT COIRO - Avec JENNIFER LOPEZ, OWEN WILSON, JOHN BRADLEY…

Après trois ans d’absence (Queens en 2019), Jennifer Lopez a choisi la veille de la Saint-Valentin pour faire son retour sur le grand écran français. Avec, évidemment, une comédie romantique et musicale, dans laquelle, elle tient, bien sûr, le rôle principal. Le pitch ? Le jour de son mariage qui doit se dérouler lors d’une émission de télé réunissant des millions de spectateurs, Kate, une mégastar de la pop (Jennifer elle-même) apprend par les réseaux sociaux que Bastian, son futur mari (le chanteur Maluma) l’a trompée. Ni une ni deux, en plein show, au moment crucial, Kate va humilier Bastian et dire oui à un fan présent dans la salle où se déroule le show. Un type ordinaire, prof de maths dans la vie (Owen Wilson) qui n’est pas du tout du même monde qu’elle. Va s’en suivre une série de péripéties qui nous en apprendra de belles sur le monde du show-biz , son fonctionnement et ses faux-semblants. 

Difficile de trouver en ce moment sur le grand écran plus « américain » que ce Marry me. Tout y est : le rythme (d’enfer), le mauvais goût, la démesure, l’invraisemblance de l’histoire, sa naïveté et son manichéisme, et la perfection de son interprétation etc… La Bomba Latina et Owen Wilson (actuellement dans The French Dispatch) forment le couple le plus improbable du monde, mais ça marche !  Si on aime les films à grand spectacle, sans temps mort et taillés à la hache de l’efficacité, on se régale. Jennifer Lopez a une beauté presque irréelle et son chéri Owen Wilson (peroxydé pour la circonstance), un charme suranné, d’un autre siècle. La bande-son et les chorégraphies sont du tonnerre. Les seconds rôles aussi. Pour les aficionados de « romcom »…

Recommandation :  4 coeurs


 

- THE INNOCENTS de  ESKIL VOGT — Avec RAKEL LENORA FLØTTUM, ALVA BRYNSMO RAMSTAD…

Dans la quiétude estivale de la banlieue d’une ville nordique, quatre enfants se découvrent d’étonnants pouvoirs et jouent à explorer leurs limites. Mais au fur et à mesure qu’ils testent leurs nouvelles aptitudes dans la forêt environnante, leurs expérimentations prennent peu à peu une tournure inquiétante…

Pour son deuxième long métrage, le cinéaste norvégien Eskil Vogt (Blind, un rêve éveillé, en 2015), co-scénariste attitré de Joachim Trier (Julie en douze chapitres ) se lance dans le thriller surnaturel. Tourné à hauteur d’enfant, son film démarre comme une comédie sociale plutôt ludique qui s’enfonce peu à peu dans l’effroi, avec quelques scènes d’une cruauté d’autant plus effrayante qu’elles sont tournées avec un réalisme absolu. 

Reparti bredouille de sa sélection à Un certain regard au dernier Festival de Cannes, The Innocents a ensuite raflé pas mal de prix, dont deux au dernier Festival de Gérardmer, celui de la critique et celui du public. Récompenses méritées pour ce film irréprochable tant au niveau de son scénario (d’une efficacité redoutable) que de sa mise en scène (simple, subtile et d’une maîtrise impressionnante) et de son interprétation (les quatre enfants sont sensationnels à la fois d’innocence et de perversité). Attention ce film sensoriel d’une noirceur sans concession, soulève le cœur et prend aux tripes.Personnes fragiles s’abstenir.

Recommandation :  4 coeurs

 

- VOUS NE DÉSIREZ QUE MOI de CLAIRE SIMON — Avec SWANN ARLAUD, EMMANUELLE DEVOS…

En 1982, lors d’une série d’entretiens qui s’intitulera « Je voudrais parler de Duras » et ne sera publiée qu’en 2016, l’écrivain Yann Andréa qui n’est alors encore qu’un étudiant de l’Université de Caen relate à la journaliste Michèle Manceaux son histoire d’amour avec Marguerite Duras. Une histoire toxique, qui étouffe et même, dévore le jeune homme, que trente-huit ans et une différence de statut social énorme séparent de sa maîtresse…

Neuf ans après Gare du Nord, Claire Simon revient au film de fiction pour raconter, par le truchement de ces entretiens, la passion brûlante et destructrice de deux écrivains qui n’avaient, à priori, rien pour s’aimer, pas même la sexualité puisque Yann Andrea était homosexuel. Rien, donc, sauf l’admiration que l’un portait à l’autre. A priori, l’entreprise de la réalisatrice n’avait rien de très cinématographique. Mais Claire Simon a su échapper à l’ennui qu’aurait pu susciter l’emploi, inévitable, ici, du champ-contrechamp. D’abord parce qu’elle a su en sortir, de temps à autre, et à bon escient, en insérant dans ce dialogue des images d’archives très bien choisies (Ah! quel délice notamment que les apparitions de la divine Marguerite !) et surtout parce qu’elle a choisi comme « vecteurs » de cette « relation » deux comédiens dont le « jeu » vaut le voyage, malgré l’immobilité à laquelle ils étaient forcément contraints. Dans le rôle de la confidente Michèle Manceaux, Emmanuelle Devos est attentive, lumineuse et bienveillante. Quant à Swann Arlaud, dans sa façon à la fois si douloureuse et si admirative de faire resurgir les souvenirs de Yann Andréa, il est tout simplement prodigieux. Limpide, magnétique, incontournable aussi pour les fans de l’auteure de L’Amant… 

Recommandation:  4 coeurs

 

- GREAT FREEDOM de SEBASTIEN MEISE — Avec FRANZ ROGOWSKI, GEORG FRIEDRICH, ANTON VON LUCKE…

Découpé en trois parties sur trois périodes différentes, 1945, 1957, et 1969, Great Freedom (en français, La Grande liberté) raconte l’histoire de Hans Hoffmann, un homme qui aura passé derrière les barreaux quasiment les meilleures années de sa vie d’adulte par le seul fait qu’il était gay. Cela parce qu’en 1872, selon le paragraphe 175 de son code pénal, l’Allemagne, son pays, avait criminalisé l’homosexualité. Le film va donc suivre le parcours de ce garçon à la fois doux et courageux, qu’aucune incarcération ne fera jamais renoncer à sa préférence sexuelle et qui, au contraire, prendra souvent des risques infinis pour l’assumer. 

A travers l’histoire - fictive mais tellement emblématique - de ce prisonnier au long cours privé de liberté pour la seule raison qu’il est attiré par les gens de son sexe, Great Freedom se veut un témoignage du calvaire qu’endurèrent pendant plus d’un siècle les « invertis » allemands - on estime leur nombre à plus de 100.000 ceux qui furent emprisonnés - puisque le texte inique qui les condamnait ne fut abrogé qu’en 1994. 

Se déroulant quasiment tout le temps dans un univers carcéral, Great Freedom, est un film à la fois âpre et tendu, mais nimbé de douceur aussi, quand, par exemple, on voit Hans (interprété par un Franz Rogowski fabuleux de tendresse et d’intériorité douloureuse ) parvenir à s’échapper de sa cellule pour vivre des histoires d’amour. Ce long métrage, dont son réalisateur, l’Autrichien Sebastian Meise, espère « qu’il va faire bouger les esprits » avait reçu le Prix du jury à Un certain regard à Cannes. Après avoir raflé ensuite un grand nombre d’autres récompenses (dont le Grand Prix au festival de Valenciennes), il a été choisi par l’Autriche pour concourir à l’Oscar du meilleur film étranger. Verdict le mois prochain. Édifiant. 

Recommandation :  4 coeurs

 

- POUR TOUJOURS de FERZAN ÖZPETEK — Avec STEFANO ACCORSI, EDOARDO LEO, JASMINE TRINCA…

Arturo (Stefano Accorsi) et Alessandro (Edoardo Leo) traversent une période de crise. Après quinze ans de vie commune, leur passion s’est émoussée. Alors qu’ils sont sur le point de se séparer, Annamaria, la meilleure amie d’Alessandro (Jasmine Trinca) vient leur confier ses deux enfants car elle doit être hospitalisée. Du jour au lendemain, voilà ces deux « presque cinquantenaires » catapultés dans un rôle de « parents ». Entre maladresses et moments d’émotions, disputes et tromperies, rires et accords parfaits aussi, va s’installer alors un nouveau quotidien, celui d’une famille recomposée où l’amour et le respect vont de nouveau trouver  leur place…

Pour son nouveau film, le brillant et malicieux turco-italien Ferzan Özpetek (Hamman, le Bain Turc, Le Premier qui l’a dit, Allacciate le cinture) aborde un sujet encore peu traité sur grand écran, celui du couple homosexuel au bord de la rupture. Il le fait à sa manière, qui est de mélanger le tragique au comique, le quotidien et l’imprévu en arrimant son scénario à une histoire vraie. Une fois encore, cette recette a marché. Impossible de rester de marbre devant ce mélo aussi superbe qu’attachant, où la vie circule et qui, malgré son sujet, réussit ce petit exploit de ne jamais tomber ni dans la caricature ni dans le sentimentalisme.

A cause de la Covid, Pour toujours est présenté seulement maintenant en France, mais en Italie où il était sorti il y a deux ans, il avait atteint, malgré la crise, 8,3 millions d’euros au box-office, raflant notamment au passage une moisson de récompenses dont le Ruban d’Argent 2020 de la Meilleure actrice pour Jasmine Trinca. 

Intelligent, captivant et émouvant. 

Recommandation:  4 coeurs

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