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Quand vient la nuit

De Michael R. Roskam
Avec Tom Hardy (Bob Saginowski), James Gandolfini (Cousin Marv), Noomi Rapace (Nadia) et Matthias Schoenaerts (Eric Deeds).

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Publié le 18 nov . 2014

Recommandation

2,0A la rigueurA la rigueur

Thème

Bob Saginovski, un jeune homme solitaire et effacé, tient avec son cousin Marv un bar qui sert de dépôt pour le blanchiment de l'argent sale de la pègre. Le braquage du bar va entraîner une série de règlements de comptes au cœur des bas fonds de Brooklyn et réveiller des drames enfouis du passé.

Points forts

- Le dernier chant du cygne de James Gandolfini. Le mythique Tony Soprano dans la série éponyme, c'était lui. Gandolfini, formidable comédien abonné aux rôles de gangsters, nous a quitté en juin 2013, peu après le tournage. L'acteur italo-américain promène une dernière fois sa trogne si caractéristique, sa masse imposante, sa voix gouailleuse et surtout son talent rare. Il livre une prestation remarquable dans ce rôle d'ancien voyou aigri et désabusé, de tenancier de bar minable en fin de cycle. La résonance entre son destin personnel et celui de son personnage ne manquera pas d'émouvoir ses admirateurs.

- Une réalisation soignée qui dépeint avec talent l'atmosphère tout à la fois sordide et chaleureuse des tripots de Brooklyn. Roskam confirme son talent de metteur en scène et livre un film esthétiquement très stylisé.

Points faibles

- Un film au scénario décousu qui peine à décoller. Le scénariste vedette Dennis Lahane, pape du polar noir, nous avait habitué à (nettement) mieux. L'intrigue se perd dans des considérations superficielles voire quelques mièvreries et, finalement, le film manque de rythme et de souffle. On ne retrouve pas la puissance de Bullhead ou la profondeur des films de James Gray.

- Le réalisateur reprend habilement les codes du film crépusculaire et du polar mafieux mais ne développe pas suffisamment ses personnages secondaires. Les figures classiques du genre : le flic, la petite amie, les tueurs à gages, le parrain, sont esquissées mais mal exploitées.

- Tom Hardy ne manque pas de charisme mais propose exactement la même expression de visage pendant l'intégralité du film. Une sorte de froncement de sourcil et de mou indéchiffrable censée évoquer la passivité de son personnage, qui semble, comme le Meursault de Camus, totalement étranger. C'est mystérieux au départ puis un peu lassant. Son rôle de dur à cuir simplet et fragile aurait mérité une interprétation plus nuancée et ambiguë.

En deux mots ...

Un film pas inintéressant mais un brin irritant tant le style prend le pas sur le fond.

Avec un tel casting et un réalisateur si talentueux, on était en droit de s'attendre à mieux.

Reste Gandolfini, et sa gueule que nous n'aurons plus le plaisir de découvrir à l'écran.

Le réalisateur

Révélé par Bullhead, film inclassable, sorte de polar rural extrêmement noir sur fonds de trafic de stéroïdes, Micheal R. Roskam quitte sa Belgique et les tréfonds du cinéma indépendant pour signer un deuxième film grand public et très américain.

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