Cinéma/Séries TV

Radin !

On en a à peu près pour son argent...
De Fred Cavayé
Avec Dany Boon, Laurence Arné, Noémie Schmidt, Christian Ridremont, Christophe Favre, Karina Marimon, Stephan Wojtowicz

Infos & réservation

Lu / Vu par

François Quenin
Publié le 28 sep . 2016

Recommandation

3,0BonBon

Thème

Quand il était encore dans le ventre de sa mère, François Gautier (Dany Boon) avait entendu la supplication de sa génitrice : surtout ne soit pas comme ton père – qui n’avait plus d’argent au deuxième jour du mois parce qu’il achetait n’importe quoi jusqu’à plus soif. Devenu brillant premier violoniste dans l’orchestre symphonique d’un conservatoire de région, François passe le temps où il ne fait pas de musique à mettre au point des stratégies pour dépenser de moins en moins. Son banquier (Christophe Favre) est son premier confident et quasiment son psy. Bien sûr, pour mener une existence d'ermite, François n’a pas de vie privée. Lorsqu’une ravissante violoncelliste (Laurence Arné) arrive dans l’orchestre, le dilemme de François devient cornélien : comment l’inviter au restaurant sans dépenser un sou ? L’angoisse s’approfondit quand une grande jeune fille (Noémie Schmidt) sonne à sa porte et se présente comme étant sa fille.

Points forts

- Le scénario est habile – trop habile ? Les dialogues ciselés. Le spectateur est excité au début par l’invention dont François fait preuve pour ne rien dépenser dans le quotidien… On a presqu’envie de l’imiter tellement cela tombe sous le sens : on est dans une société du gaspillage, c’est François qui a raison. On vous laisse découvrir ses multiples combines, c’est hilarant.
 
- Dany Boon est formidable dans le rôle d’un homme qui prend tous les autres pour des imbéciles, un peu comme un Louis de Funès autrefois, qui d’ailleurs s’était essayé au rôle de « L’Avare » de Molière. Et quand la situation se retourne, quand tout le monde découvre sa pingrerie, l’acteur continue à jouer à contre emploi ce rôle d’un homme pitoyable qui ne fait même pas pitié.
 
- Les deux comédiennes, femmes de sa vie, l’amoureuse Laurence Arné, la fille cachée Noémie Schmidt, sont également à l’unisson de ce bon casting. Laurence Arné, qui s’est fait les griffes dans des séquences courtes sur Canal +, les rentre pour devenir une jeune femme timide qui peut exploser lorsqu’on se moque de son François. Noémie Schmidt, que l'on n'a pas oublié dans le film "L'étudiante et Monsieur Henri" au côté de Claude Brasseur, est craquante et finit d’ailleurs par craquer lorsqu’elle découvre la vraie nature de ce père, inconnue.

Points faibles

- En principe, « Radin ! » est une comédie. En réalité, si on sourit souvent, on rit une ou deux fois et l'on ne s’esclaffe jamais. Donc nous ne sommes pas dans la farce. Tant mieux ou tant pis ? En fait les pratiques incongrues de notre avare ne surprennent qu’au début. Certes l’intrigue suit son cours et se renouvelle. Mais pas suffisamment sans doute.
 
- Le dénouement est agréable puisque « Radin ! » n’est tout de même pas un drame. Fred Cavayé affirme qu’il a toujours aimé le cinéma du samedi soir, c’est ce qu’il veut faire et qu’il réussit. Mais la comédie italienne d’autrefois ajoutait quelque chose de piquant et de grinçant et c’est ce qui manque à « Radin ! ».

En deux mots ...

Après trois thrillers serrés, Fred Cavayé a retravaillé un scénario d’Eric Jehelmann qui lui permettait de changer de genre tout en ne renonçant pas au cinéma qu’il aime. La présence de Dany Boon, qui termine le tournage de son nouveau film, « Raid dingue », a fait le reste. Et voilà pourquoi Fred Cavayé, né à Rennes en 1967, fait partie des cinéastes français "bankables"...

Une phrase

« Rien qu’apprendre ces rudiments du violon m’a demandé beaucoup de travail et a au passage cassé les oreilles de la famille ! Mais je me suis accroché… Et aujourd’hui je continue à prendre des cours de violon. » Dany Boon

Le réalisateur

Fred Cavayé a commencé par la photo de mode, puis il a réalisé trois courts métrages et travaillé à l’écriture de scénarios, notamment pour Patrice Leconte et sa « Guerre des miss » (2009). Son premier long-métrage, « Pour elle » (2008), avec Vincent Lindon et Diane Kruger, est un bon thriller, de même que les deux suivants, « A bout portant » (2010) et « Mea Culpa » (2014). « Pour elle », histoire d’un homme qui veut sauver sa compagne incarcérée, a fait l’objet d’un remake américain, « Les trois prochains jours » de Paul Haggis, avec Russel Crowe. Du coup, Cavayé a été approché pour réaliser « Die hard : belle journée pour mourir », film américain à gros budget avec Bruce Willis, mais il a refusé après lecture du scénario, préférant des films plus « à hauteur d’homme », dit-il, ce qui est tout à son honneur de cinéaste et explique le projet et la réalisation de son nouveau film, « Radin ! ».

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