Rosalie Blum

Un mot: enchanteur
De
Julien Rappeneau
Avec
Noémie Lovsky, Kyan Khojandi , Alice Isaaz, Anémone, Sara Giraudeau, Philippe Rebbot, Camille Rutherford
Notre recommandation
5/5

Infos & réservation

Thème

C’est l’histoire d’un homme doux et bon, un peu décalé aussi, qui, par la grâce d’une rencontre imprévue, va réussir à échapper à la monotonie d’une existence rendue invivable par les caprices d’une mère aussi foldingue qu’autoritaire (Anémone).

Cet homme, Vincent (Kyan Khojandi), coiffeur de son état dans une morne petite ville de province, va un jour aller dans une épicerie. Il va suffire d’un regard et d’un sourire de la propriétaire de ce lieu pour que sa vie s’en trouve chamboulée. Car cette femme à la fois si douce elle aussi, mais si mystérieuse (Noémie Lovsky), va l’obséder à un point tel qu’il ne cessera de l’épier et de la suivre, partout, tout le temps, pour qu’elle lui livre son secret.  Vont participer à cette filature ahurissante, un groupe de ses amies qu’il mettra dans la confidence. S’en suivront des péripéties aussi cocasses qu’insensées… jusqu’au dénouement, mais… Chut !!!

Points forts

- Les personnages du film, et surtout ses deux héros, le doux Vincent et la  tendre épicière. Ces deux là, d’une sensibilité extrême, vous font fondre. Ils apparaissent comme des personnages de conte. Ils « enchantent ». On est pris dans leur sortilège, et on ne sait pas trop d’où vient qu’ils nous embarquent dans leur histoire, parfois si décalée qu’elle en paraît de l’ordre du fantasmagorique. On est au cinéma mais, le livre illustré est là, en filigrane, derrière l’écran, dans tout son charme et toute son étrangeté.

- Le scénario et la réalisation. Ils sont en l’occurrence indissociables, puisque le film a été conçu et est réalisé comme un triptyque qui s’appuie sur des changements de points de vue. Cette façon de procéder permet à Julien Rappeneau de jouer avec le spectateur, en le promenant de surprises en surprises, sur une palette d’émotions très riche.

- Les comédiens. Ils sont tous épatants. A commencer par Noémie Lovsky qui apporte une belle et sensuelle humanité à son personnage de femme contrainte au silence et à la discrétion (non, on ne dira pas pourquoi !).  Kyan Khojandy est parfait lui aussi, lunaire et déterminé comme l’exige le rôle de Vincent. C’est une découverte de voir que ce comédien, vedette de la série « Bref », réussit brillamment l’épreuve du long métrage, très loin de son registre habituel d’humoriste ! En mère autoritaire, abusive et légèrement dérangée, Anémone fait un beau come-back sur le grand écran. Quand aux autres rôles, ils sont tous excellemment distribués.

Quelques réserves

Comme il a la forme d’un conte, « Rosalie Blum » est un film dans lequel on entre avec émerveillement ou qu’on rejette dès les premières minutes. Ceux qui sont allergiques aux petites musiques de la poésie et du surréalisme risquent de ne pas goûter la singularité de ce film hors des sentiers rebattus de ces comédies à « la française » où l’on sent que chaque réplique et  chaque situation ont été écrites pour faire se « gondoler » les spectateurs.

Encore un mot...

En deux mots, comme en cent : Courez voir ce film. A condition d’accepter de vous laisser porter par son charme discret, sa cocasserie, et sa musicalité. Si vous vous laissez faire, vous le regarderez, comme débarrassé de toute pesanteur. Ce n’est pas tous les jours qu’un film vous transporte dans un ailleurs  délicieux.

L'auteur

Il a eu beau s’essayer d’abord au journalisme et à la direction littéraire, le virus du cinéma l’a vite rattrapé. Normal, au fond, quand on a un père (Jean- Paul Rappeneau) qui a signé et signe encore parmi les plus éblouissantes réalisations du cinéma français, une tante (Elisabeth Rappeneau) qui, elle, réalise pour le petit écran, et un frère (Martin Rappeneau) qui compose des musiques pour le grand écran.

Le septième art, Julien Rappeneau, qui aime et connaît l’écriture, va y entrer par le scénario. Il n’a pas vingt-cinq ans, quand en 2003, il signe, aux côtés de Kad Merad et Olivier Baroux, celui de « Mais qui a tué Paméla Rose? ».  Coup d’essai, coup de maitre : le film fait un tabac. Le jeune scénariste n’arrêtera plus. Son éclectisme et son talent vont lui permettre d’aborder, avec le même bonheur, la comédie pure («Un Ticket pour l’espace » - 2006), le polar («36 quai des Orfèvres» - 2004, césar du meilleur scénario), le film d’aventures («Largo Winch» - 2008) et le biopic («Cloclo» - 2012). Julien Rappeneau a, à ce jour, une douzaine de scénarios de longs métrages à son actif.

Et voilà qu’à trente huit ans, il a décidé de  faire le grand saut et de passer derrière la caméra. Pour un film dont il a bien sûr écrit le scénario. «Rosalie Blum» est l’adaptation des trois tomes de la bande dessinée éponyme, écrite et dessinée par Camille Jourdy. C’est Martin Rappeneau qui en a composé la musique.

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