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Cinéma/Séries TV

Vicky

Famille, je vous aime...
De Denis Imbert
Avec Victoria Bedos, Olivier de Closmadeuc, Chantal Lauby, François Berléand, Jonathan Cohen, Benjamin Biolay

Infos & réservation

Lu / Vu par

Dominique Poncet
Publié le 11 juin . 2016

Recommandation

2,0BonBon

Thème

A l’aube de ses trente ans, Victoire se sent mal dans sa peau. Entre son père,  un acteur de théâtre célèbre, son frère, une star de la télé, et sa mère, une excentrique assez loufoque, elle vit recroquevillée sur elle même, prête à tout (même à mal se marier) pour se donner l’illusion d’exister. Mais voilà qu’un soir, dans un bistrot  où elle est venue traîner son mal-être, elle entend un chanteur qui a la voix du King. C‘est la révélation!… Bon sang, mais c’est bien sûr: la chanson, comme désinhibiteur ! 

Et ça va marcher! Sous son nom de scène « Vicky », Victoire  va trouver le courage d’envoyer ses complexes et sa sagesse légendaire valdinguer par dessus les moulins. Enfin émancipée, elle va vivre à cent à l’heure et, entre autres, par le truchement de ses chansons, célébrer l’amour, vanter les bienfaits de l’ivresse, parler de sexe sans tabou, bref, déplacer les curseurs d'un certain savoir-vivre. Le tout, sans une once de vulgarité. Mais avec une effronterie de tous les diables. Et au grand dam des deux hommes de sa famille, son père et son frère.

Points forts

- La personnalité de Victoria Bedos. On savait que celle qui a co-écrit La Famille Bélier avait une jolie plume. Mais on ignorait qu’elle possédait , en plus, un tempérament de feu, une vraie photogénie et un don inné (puisqu’elle n’a jamais pris de cours !) pour l’art dramatique. Comme son père, Guy et son frère, Nicolas. C’est donc une vraie Bedos! Peut-être le fait   de jouer son  propre rôle, ou en tous cas celui d’une fille qui lui ressemble  presque comme deux goutes d’eau, lui a-t-il donné des ailes ? Quoiqu’il en soit, on est estomaqué par son aisance devant la caméra, capable qu’elle est de tout jouer, même des scènes dénudées. De même qu’elle épate quand elle chante : présence charmante et sexy et joli timbre de voix, elle balance ses couplets avec un aplomb qui en remontrerait à des professionnelles… de la profession.
 
- Le charme des musiques  des chansons du film. Le compositeur, Olivier de Closmadeuc, a su trouver un univers sonore qui cisèle  joyeusement les textes de sa partenaire Victoria. Dans « Vicky », il est « Banjo », son guitariste accompagnateur. Comme dans la vraie vie, où le duo se produit sous l’appellation « Vicky Banjo »! C’est la première apparition sur grand écran de ce chanteur compositeur de trente-huit ans, mais sa présence et son charisme laissent supposer que ce ne sera pas la dernière!
 
- La « sincérité » du scénario, qui, donc, met en scène une famille d’artistes aussi attachante que tête à claques, aussi exubérante que rigoriste (sur certains points!), aussi extravagante qu’ancrée dans certaines habitudes. Victoria Bedos, dit qu’il s’agit d’une « autobiographie fictionnelle ». On s’amuse en tous cas à essayer de démêler le vrai du faux dans le portrait désopilant qu’elle fait de cette famille hors normes. Elle l’égratigne ? Mais avec un amour et une admiration qui sont perceptibles sous chaque réplique. Impossible d’en douter une seule seconde: Victoria Bedos aime sa famille. Et, dans un monde de brutes, c’est attendrissant. 
 
- La direction d’acteurs. Qu’ils soient débutants (comme Victoria Bedos et Olivier de Closmadeuc) ou confirmés (comme Chantal Lauby et François Berléand), les comédiens sont tous ici sur le fil de l’émotion. Visiblement Denis Imbert a su trouver les mots justes pour les diriger.
 
- L’apparition surprise de Benjamin Biolay ! Dans un rôle de chanteur à la fois « don Juan » et gentiment satrape, il est plus que parfait.
 
- Le  ton du film, qui est celui de la fantaisie, une fantaisie assumée jusque dans les effets spéciaux.

Points faibles

D’aucuns, sans doute, vont trouver le scénario naïf et certaines scènes invraisemblables.

En deux mots ...

Evidemment si le nom de Bedos vous est insupportable, ce film n’est pas du tout pour vous.

Dans le cas contraire, et si, bien sûr, vous aimez les comédies romantiques  alors ce « Vicky » est pour vous.  Non seulement il raconte avec drôlerie  et dérision l’histoire de l’émancipation d’une « pauvre petite fille riche », mais il nous fait assister à la naissance d’un sacré duo de chanteurs, « Vicky Banjo », dont le premier CD devrait sortir en même temps que ce film.

Une phrase

« Pour mon entourage ça (le film) n’a pas été facile. Une crise d’ado à quinze ans, ca passe. Mais à trente... c’est forcément plus difficile à supporter »  Victoria Bedos

Le réalisateur

Pour Denis Imbert, c’est sur les planches que tout a commencé, puisqu’il a débuté sa carrière comme comédien au théâtre de la Passerelle, implanté à Limoges, sa ville natale. Sur le plateau, il rencontre notamment Philippe Duclos, puis Filip Forgeau qui vient de fonder « La Compagnie du Désordre ». Ayant intégré la troupe, il joue beaucoup en province, mais aussi  au théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis, alors dirigé  par Daniel Mesguich.

En 1993, Filip Forgeau lui offre un rôle dans son film « L’Iguane ». C‘est le déclic. Le jeune homme  décide d’abandonner le métier d’acteur dans lequel, trop timide, trop introverti, il n’arrive pas à s’épanouir pleinement, cela, pour  se consacrer exclusivement au cinéma, mais… derrière la caméra !

Pendant de longues années, il sera assistant réalisateur. L’un des meilleurs, puisqu’il sera  demandé notamment par Fabien Oteniente  pour « People jet-set 2 », Jean Becker (« Dialogue avec mon jardinier » en 2007 et « La tête en friche » en 2010), Anne de Pétrini (« Il reste du jambon ? » en 2010). 

A partir de 2011, il coréalisera, avec Eric Judor pour Canal+, les douze épisodes de « Platane ». 

En 2013, il rencontre Victoria Bedos qui est le co-auteur du scénario de « La Famille Bélier ». Frappés par un coup de foudre artistique réciproque, ils choisissent d’écrire en tandem. Après plusieurs tentatives infructueuses,  ils optent pour une autofiction autour de Victoria, et  l’intitulent «  Vicky », du nom de scène que cette dernière a choisi quand elle chante en public. 

Au moment de porter « Vicky » à l’écran, Denis Imbert, pour la première fois de sa carrière, décide de passer seul derrière la caméra. Et en tant que réalisateur, il impose de faire jouer le rôle-titre du film… à sa coscénariste, qui n’avait jamais « fait » l’actrice… 

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