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Furcy, né libre d’Abd al Malik - Avec Makita Samba, Ana Girardot, Romain Duris, Vincent Macaigne…
Île de la Réunion 1817. A la mort de sa mère, un esclave réunionnais nommé Furcy découvre des documents attestant qu’elle avait été affranchie. Pensant que juridiquement ces papiers font automatiquement de lui un homme libre, il entame une procédure judiciaire. Malgré l’appui d’un procureur abolitionniste, les autorités françaises ne l’entendront pas comme ça. Il faudra à Furcy presque 30 ans de démarches, de maltraitance et d’humiliations pour que les instances judiciaires lui donnent enfin raison…
Onze années après son première long métrage (Qu’Allah bénisse la France), le rappeur écrivain Abd al Malik revient au cinéma avec une adaptation libre de L’Affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui (Prix Renaudot de l’essai en 2010). Le cinéaste dit qu’il a fait ce film pour qu’il soit avant tout « un outil de réconciliation », sans pour autant passer sous silence les violences et les sévices, parfois insoutenables qu’à cette époque les maîtres imposaient à leurs esclaves. Furcy, né libre, n'est pas un film parfait (il pêche par moments de grandiloquence et de maladresses). Mais c’est un film nécessaire qui fait revivre une page importante de l’Histoire de France. Un film passionnant, soigné aussi, porté par une formidable distribution en tête de laquelle Makita Samba qui empoigne avec une émouvante justesse le rôle-titre, et Vincent Macaigne sensationnel dans un contre-emploi d’esclavagiste.
Recommandations : 3 coeurs 1/2
Dominique Poncet
L’Affaire Bojarski de Jean-Paul Salomé - Avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon…
France, Seconde Guerre Mondiale. Jan Bojarski (Reda Kateb), un jeune ingénieur polonais, utilise ses dons de faussaire pour fabriquer de faux papiers durant l’Occupation allemande. Au cours de cette période, il fait la connaissance de Suzanne (Sara Giraudeau) qui devient sa femme et la mère de ses enfants. À la fin de la guerre, Jan Bojarski accepte une proposition pour fabriquer des faux billets. Cette nouvelle activité attire vite l’attention de l’inspecteur Mattei (Bastien Bouillon), considéré comme le meilleur flic de France…
La vie de Ceslaw Jan Bojarski n’est pas forcément connue du grand public. En tout cas, il semblait évident qu’elle soit portée à l’écran tant le destin de ce faux-monnayeur français d’origine polonaise comporte de nombreux rebondissements et de moments romanesques. Jean-Paul Salomé (La Daronne, La Syndicaliste…) signe ici un film assez efficace malgré un (trop grand) classicisme au niveau de la mise en scène. Si le long-métrage n’est pas vraiment révolutionnaire d’un point de vue cinématographique, il offre néanmoins l’un de ses plus grands rôles à Reda Kateb, impérial en faussaire de génie.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Jusqu’à l’aube de Sho Miyake - Avec Mone Kamishiraishi, Hoko Matsumura, Ryô…
Lorsqu’ils rejoignent une petite entreprise japonaise spécialisée dans les supports pédagogiques scientifiques, Misa et Takatoshi ne se connaissent pas encore. Ils vont pourtant bientôt se découvrir un point commun : tous les deux souffrent de déséquilibres. Lui est victime de crises de panique aiguës, elle, de troubles prémenstruels qui bouleversent son quotidien. Pour tenter de retrouver un semblant de vie normale, ils ont chacun délaissé leur carrière pourtant toute tracée. Petit à petit, ils vont réussir à s’apprivoiser, à apprendre à travailler autrement …
Après La beauté du geste, autour d’une boxeuse sourde, le japonais Sho Miyake adapte le roman éponyme de l’écrivaine Maiko Seo, un livre qui traite d’un sujet encore peu souvent traité sur le grand écran, celui de la santé mentale. On aurait pu craindre un film un peu difficile à regarder. C’est tout le contraire. Sho Miyake signe un film d’une grande délicatesse et d’une grande élégance. Solaire, bienveillant et poétique.
Recommandation : 3 coeurs
Dominique Poncet
Sans pitié de Julien Hosmalin - Avec Tewfik Jallab, Adam Bessa, Laura Sépul…
Maria (Laura Sépul) élève seule ses fils, Ryan et Dario. Un jour, ce dernier disparaît après avoir été enlevé et ne réapparaît que le lendemain, muré dans le silence. Vingt ans plus tard, à l’occasion de l’enterrement de sa mère, Dario (Adam Bessa) revient sur les lieux de son enfance et retrouve son frère (Tewfik Jallab). Un soir, il se retrouve par hasard devant l’un de ses anciens ravisseurs. Pour le jeune homme, l’heure de la vengeance a sonné…
Présenté en compétition lors du dernier Festival du Film Francophone d’Angoulême, Sans pitié est un film plutôt intriguant. C’est en tout ce que les premières scènes de ce thriller laissent espérer. Traversé de quelques fulgurances, le long-métrage séduit par sa singularité mais peine totalement à convaincre. Faute dûe à un scénario assez poussif qui fait hélas retomber l’histoire comme un soufflé. Malgré ces défauts, ce premier long-métrage de Julien Hosmalin mérite toutefois le détour pour les scènes magistrales de confrontation entre les deux frères, campés par les impeccables Tewfik Jallab et Adam Bessa.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
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