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Le gâteau du président de Hasan Hadi - Avec Baneen Ahmad Nayyef, Sajad Mohamad Qasem, Waheed Khreibat…
Au début des années 90, dans l’Irak de Sadam Hussein, la vie n’était nulle part facile pour les habitants. Le Raïs faisait régner la terreur jusque dans les coins les plus reculés du pays. Au moment de son anniversaire, par exemple, les instituteurs des écoles devaient désigner par tirage au sort, ceux des écoliers qui allaient contribuer à sa célébration. Moment terrible pour ces petits élèves qui, sous peine de sanction, devaient se débrouiller pour faire coûte que coûte ce à quoi le sort les avait désignés. Cette année-là, c’est à Lamia qu’a été échu la confection du gâteau. Un drame pour cette petite fille de 9 ans qui, sans le moindre sou, ne voit pas comment acquérir les oeufs, la farine et le sucre nécessaires à la confection du gâteau : dans son village, la pauvreté règne et la corruption sévit. Son inséparable coq sous le bras, soutenue par Saeed, son meilleur ami, Lamia part donc pour la ville déployer ses trésors d’imagination pour parvenir à réussir sa mission.
Pour son premier long métrage, le sud-irakien Hasan Hadi s’est inspiré de ses souvenirs d’enfant pour dénoncer les difficultés de vivre dans l’Irak des années 90, écrasé sous la dictature de Sadam Hussein et appauvri encore par les sanctions américaines. Grâce à un scénario impeccable, il en a tiré un film mené sans aucun temps mort, saisissant de réalisme et éblouissant d’émotions. On comprend que ce Gâteau du Président ait obtenu haut la main la Caméra d’Or au dernier Festival de Cannes.
Recommandation : 4 coeurs
Dominique Poncet
N121 – Bus de Nuit de Morade Aïssaoui - Avec Riadh Belaïche, Bakary Diombera, Gaspard Gevin-Hié…
Aïssa (Riadh Belaïche), Oscar (Bakary Diombera) et Simon (Gaspard Gevin-Hié) sont trois amis d’enfance inséparables. Un soir, le trio décide de se rendre à Paris pour fêter une bonne nouvelle. Mais dans le bus de nuit qui les ramène chez eux en banlieue, le N121, une dispute éclate entre plusieurs passagers. Le conflit devient rapidement incontrôlable et la situation devient rapidement dramatique…
Premier long-métrage de Morade Aïssaoui (scénariste notamment sur la série Pax Massilia), N121 – Bus de Nuit est d’une efficacité incontestable. Mélangeant habilement le cinéma d’action et une veine plus sociale, le film n’a aucun mal à captiver le spectateur grâce à sa mise en scène énergique et la manière de jouer avec les codes du huis clos. Une habileté notable qui fait oublier quelques faiblesses au niveau du scénario ici et là. Morade Aïssaoui, un cinéaste qu’il va falloir suivre de près dans les années à venir.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
A pied d’oeuvre de Valérie Donzelli - Avec Bastien Bouillon, Virginie Ledoyen, Valérie Donzelli…
Paul (Bastien Bouillon) est photographe. Bien qu’aimant son métier grâce auquel il gagne correctement sa vie, il décide de l’abandonner pour écrire. C’est le début de la galère. Contrairement à ce qu’il espérait, ses livres se vendent moins bien que prévu et les à-valoir de son éditeur diminuent. Pour survivre, il doit quitter son appartement et faire toutes sortes de petits boulots ingrats et très mal payés à cause de la concurrence. Petit à petit, Paul glisse dans la précarité. Cette descente inexorable vers la pauvreté devient le sujet de son nouveau livre…
Changement de cap pour Valérie Donzelli. Après une série de films toniques, traversés de joie, de malice et même d’excentricité (la Reine des Pommes, Main dans la main,..) la réalisatrice a choisi le minimalisme pour porter à l’écran, avec son co-scénariste Gilles Marchand, A pied d’oeuvre, le récit autobiographique du photographe Franck Courtès sur ce que lui coûta de se consacrer à la littérature. Cela donne ce film sensible, mais assez austère dans sa forme, qui dit, sans fioritures et une grande économie de moyens, combien reprendre sa liberté peut parfois valoir cher. Dans le rôle du héros qui s’enfonce dans la solitude et le déclassement social, Bastien Bouillon est magnétique, bouleversant.
Recommandation: 3 coeurs
Dominique Poncet
The Mastermind de Kelly Reichardt - Avec Josh O’Connor, John Magaro, Alana Haim… -
Massachussets, 1970. James Blaine Mooney (Josh O’Connor) est un père de famille en quête d’un nouveau souffle. Avec l’aide de deux complices, il parvient à voler plusieurs tableaux dans un musée. Mais écouler cette précieuse marchandise se révèle une véritable gageure pour le voleur débutant. Mis au pied du mur et recherché par la police, il comprend qu’il ne lui reste plus qu’une solution : partir en cavale à travers le pays…
Acclamée par de nombreux cinéphiles, Kelly Reichardt est devenue depuis une vingtaine d’année l’une des plus importantes représentantes du cinéma indépendant américain. Si son œuvre ne manque évidemment pas de qualités, elle peut néanmoins laisser pantois pour son naturalisme poussé à l’extrême et son manque de dramaturgie. En cela, The Mastermind est plutôt une bonne surprise dans sa première partie tant le long-métrage revisite avec une certaine malice le film de cambriolage. Assez drôle, il laisse augurer une facette insoupçonnée de la cinéaste américaine. Hélas, le soufflé retombe dans la deuxième heure qui enchaîne les séquences sans grand intérêt, à la mise en scène beaucoup trop plate. Reste la performance irréprochable de Josh O’Connor, exquis en apprenti voleur aussi pathétique qu’élégant.
Recommandation : 2 cœurs
Antoine Le Fur
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