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3/5

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  • Orwell : 2 + 2 = 5 de Raoul Peck - Documentaire avec la voix d’Eric Ruf…

En 1949, l’écrivain George Orwell terminait d’écrire 1984, qui allait devenir son plus grand roman. Plus de 75 ans après sa parution, ce livre culte n’a rien perdu de sa puissance. Dans Orwell : 2 + 2 = 5, le cinéaste Raoul Peck démontre comment les concepts troublants mis en avant par l’auteur britannique continuent d’éclairer, de manière édifiante, notre société actuelle…

Présenté dans la section Cannes Première lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Orwell : 2 + 2 = 5 est de ces films d’une richesse incroyable. Malgré sa densité et sa rigueur, ce documentaire du grand réalisateur Raoul Peck (Le jeune Karl Marx, Ernest Cole, photographe…) se révèle véritablement passionnant. Le spectateur en ressort le souffle coupé, presque sonné. À y regarder de plus près, 1984 de George Orwell n’était pas qu’un chef-d’œuvre de la littérature du XXème siècle. C’était également une prophétie qui éclaire, sous un autre jour, notre monde actuel. Un choc !

Recommandation : 4 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Woman and Child de Saeed Roustaee - Avec Parinaz Izadyar, Soha Niasti, Payman Maadi… 

Téhéran. Mahnaz (Parinaz Izadyar), infirmière de quarante ans, mère séparée de deux enfants, voudrait bien se remarier avec Hamid, un ambulancier. Mais le jour où elle va rendre visite à la famille de son futur époux, son fils aîné, un turbulent garçon de 14 ans, pourtant placé sous la surveillance de son grand-père, se défenestre. A ce drame dont on comprend que Maynaz ne pourra jamais se remettre, va s’ajouter, pour elle, une autre insupportable douleur, celle de l’humiliation. Hamid lui apprend qu’en fait, c’est sa sœur qu’il aime. Il l’épousera d’ailleurs bientôt. Désespérée et révoltée, Mahnaz va chercher à se venger en dénonçant les petites combines lucratives de son ex-futur mari, qui répliquera en essayant de convaincre les tribunaux qu’elle n’est plus apte à garder l’enfant qui lui reste, une petite fille de 8 ans.

 Après les très remarqués, car indéniablement remarquables La loi de Téhéran et Leïla et ses frères, Saeed Roustaee (35 ans) continue de radiographier son pays. Dans ce Woman and child, il en dénonce sa société patriarcale qui maltraite les femmes et les prive de leurs droits les plus élémentaires. On aurait aimé encenser cet opus (qui fut sélectionné  au dernier festival de Cannes), autant que ses deux films précédents. Mais son scénario, pourtant construit comme un thriller, tombe dans le mélo, ce qui lui retire de sa force accusatrice. On le regrette car sur le plan formel, ce drame familial frôle la perfection. La comédienne Parinaz Izadyar compose une Mahnaz hallucinante de sincérité et de vérité. En plus du propos, édifiant, du film, elle vaut à elle seule le déplacement.

Recommandation : 3 cœurs

Dominique Poncet

 

  • 5 centimètres par seconde de Yoshiyuki Okuyama - Avec Hokuto Matsumura, Mitsuki Takahata, Nana Mori…

Dans le Japon de 2008. Takaki, jeune informaticien taiseux et à l’aube de la trentaine vit une existence banale, monotone et solitaire à Tokyo. Parfois entre deux séances de boulot, lui reviennent des bribes du temps où il était enjoué, curieux des autres et passionné d’espace. Il se remémore aussi, souvent, cette année 1991, où il fit, à l’école, la rencontre de sa vie : celle d’Akari, une petite fille en qui il reconnut immédiatement son alter ego. Et il se prend à penser que malgré les années et la séparation, il est toujours relié à elle par un lien invisible mais indéfectible…

Pour son nouvel opus (le premier à parvenir sur les écrans français ), Hoshiyuki Okuyama adapte, en prises de vue réelles mais sans changer son titre, 5 centimètres par seconde , un film d’animation qu’avait signé en 2007, avec un succès phénoménal, Makoto Shinkai. Avec ceci de nouveau : contrairement au dessin animé qui était divisé en trois parties distinctes (l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte), il raconte ici l’histoire de son héros Takaki selon une chronologie plus fragmentée, avec des flash-back.  Sur une durée plus longue aussi : deux heures au lieu d’une et des changements structurels pour approfondir les personnages et laisser plus de place à l’émotion.  Porté par une photographie sublime, ce film sur la nostalgie de l’enfance et sur sa difficulté à la quitter, surtout quand elle fut l’occasion d’une profonde histoire d’amour, est une telle incitation à la rêverie qu’on en oublie ses débuts, un peu laborieux. 

Recommandation : 3 cœurs

Dominique Poncet 

 

  • Le Son des souvenirs de Oliver Hermanus - Avec Josh O’Connor, Paul Mescal, Chris Cooper…

Boston, 1917. Lionel (Paul Mescal), un jeune chanteur originaire du Kentucky, quitte la ferme familiale pour intégrer le conservatoire de Boston, où il fait la connaissance de David (Josh O’Connor), un étudiant en composition dont il tombe sous le charme. Tous deux entament une relation, brutalement interrompue lorsque David se retrouve mobilisé à la fin de la guerre. Quelques années plus tard, les deux hommes se retrouvent et entament un voyage à travers les forêts et les îles du Maine afin de collecter et préserver les chants folkloriques menacés d’oubli…

Lors de sa présentation en compétition à la dernière édition du Festival de Cannes, Le Son des souvenirs est passé relativement inaperçu et n’a pas été retenu, en toute logique, au palmarès. Une injustice ? Pas vraiment. Bien sûr, il est difficile de nier la grâce et la délicatesse de ce nouveau film du réalisateur sud-africain Oliver Hermanus (Vivre). Hélas ! On retient surtout ici la lenteur et un scénario qui avance péniblement, malgré l’alchimie évidente entre Josh O’Connor et Paul Mescal.

Recommandation : 2 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Un été à la ferme de Hugo Willocq - Avec Paul Halle, Germain Halle, Grégory Halle… 

Paul a douze ans. La ferme familiale a toujours été pour lui un terrain de jeu. Cet été-là, il aide son père pour certaines tâches. Ces quelques semaines marquent la fin d’une certaine insouciance mais aussi, peut-être, un passage de relais…

Premier long-métrage pour le cinéma du réalisateur Hugo Willocq, Un été à la ferme dispose d’un sujet qui, de prime abord, n'est pas inintéressant. Hélas, à l’arrivée, il n’en reste pas grand-chose sinon cette idée que le cinéaste a posé sa caméra dans une ferme et que tout est d’un calme plat. Ce qui, au départ, pouvait être touchant dans le portrait de ce pré-adolescent et de sa famille d’agriculteurs, se révèle malheureusement assommant sur la durée. Un été, oui, mais alors ailleurs !

Recommandation : 2 cœurs

Antoine Le Fur

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