A voir au cinéma cette semaine

Notre recommandation
3/5

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  • La Maison des femmes de Mélissa Godet - Avec Karine Viard, Eye Haïdara, Laetitia Dosch, Oulaya Amamra…

La Maison des femmes est un lieu dans lequel l’entraide et la solidarité sont les maîtres mots. Entre ces murs, Diane (Karin Viard), Inès (Oulaya Amamra), Awa (Eye Haïdara), Manon (Laetitia Dosch) et leurs collègues redonnent de l’espoir à des femmes malmenées par la vie qui, peu à peu, tentent de se reconstruire…

À première vue, on pourrait craindre un film dossier. Ce type d’histoire où l’on se dit que c’est nécessaire mais que ce n’est pas forcément réussi d’un point de vue purement cinématographique. Et pourtant, il n’en est rien. Basé sur la véritable Maison des Femmes fondée par la gynécologue obstétricienne Ghada Hatem, le long-métrage de Mélissa Godet regorge de scènes fortes sans pour autant être dénué d’humour à certains moments. Le tout servi par une formidable troupe de comédiennes. Une réussite !

Recommandation : 4 cœurs 

Antoine Le Fur

 

  • Alter ego de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine - Avec Laurent Lafitte, Blanche Gardin, Marc Fraize, Zabou Breitman…

 Employé modèle, mari et père de famille sans histoire, Alex (Laurent Lafitte) découvre que son nouveau voisin, Axel (Laurent Lafitte) est son sosie parfait, mis à part ce détail qui va prendre, chez lui, des proportions énormes : le nouvel arrivant a des cheveux, alors que lui, Alex n’en a plus. Autre sujet de désespoir pour lui : dans son entourage proche, personne, pas même sa femme (Blanche Gardin) n’a l’air de s’apercevoir de sa ressemblance avec cet individu, à qui, comme par un fait exprès, tout semble réussir. Va s’en suivre  une comédie bourrée de quiproquos, jubilatoire et déjantée autour d’un homme désemparé, fou de jalousie, à qui la situation fait perdre pied…

Dans leur premier film La Personne aux deux personnes (2008), le tandem Nicolas Charvet et Bruno Lavaine racontait l’histoire d’un homme dont le corps était envahi par l’esprit d’un autre, apparemment décédé. C’est encore le thème de la dualité qui leur a inspiré cet Alter ego hilarant où Laurent Lafitte s’amuse comme un enfant à se donner très sérieusement la réplique grâce à deux rôles qui ne sont qu’un. Trucage quand tu nous tiens! On nage en plein absurde grâce un scénario inventif et bien ficelé, où on rit sans culpabilité (honte à nous!) des malheurs d’un homme soudain en proie à une bizarre paranoïa. Laurent Lafitte excelle dans ce rôle à deux têtes. Blanche Gardin et Olga Kurylenko sont épatantes dans leurs rôles d’épouses. Zabou Breitman aussi dans son personnage moustachu de « pédégère » pas très rigolote. Pour s’amuser et rire en famille.  

Recommandation : 3 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Christy de David Michöd - Avec Sydney Sweeney, Ben Foster, Merritt Wever…

Dans les années 1990, Christy Martin (Sydney Sweeney) est devenue l’une des pionnières de la boxe féminine. Mais tandis que cette sportive incroyable enchaînait les succès sur le ring, sa vie personnelle était ponctuée de tempêtes notamment avec son mari, Jim Martin (Ben Foster), avec qui elle vivait une relation des plus toxiques…

Christy est un film plutôt réussi dans l’ensemble. Pour ceux qui ne connaissent pas le parcours de Christy Martin, pas de panique, David Michôd le raconte très bien. Ses débuts, son ascension vers la gloire, ses victoires. Mais aussi ses coups durs, elle que la vie n’a pas épargnée. C’est justement ce point qui est le plus intéressant ici. Mais cela ne constitue malheureusement qu’une partie du film qui, dans l’ensemble, reste un biopic beaucoup trop classique dans sa forme et sans grande surprise. Assez vite oubliable malgré la prestation irréprochable de l’épatante Sydney Sweeney.

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Pillion de Harry Lighton - avec Harry Melling, Alexander Skarsgard…

Né dans une famille aimante mais très conventionnelle, Colin, agent de police de son métier et choriste amateur (Harry Melling), mène chez ses parents une vie de solitaire introverti. Tout bascule pour ce trentenaire mal dans sa peau, le jour où Ray (Alexander Skarsgard), un biker sexy rencontré dans un bar, lui donne rendez-vous dans un coin obscur de la ville. S’enclenche entre les deux hommes une relation BDSM. Ray va faire de Colin son soumis. Collier de ferraille fermé par un cadenas, Colin devient l’esclave (consentant) de  Ray dans tous les domaines (cuisine, ménage et évidemment, sexe), parfois au prix de souffrances à la fois  insupportables et jouissives pour lui…

Lorsqu’il a présenté Pillion, son premier long métrage, au dernier festival de Cannes (section Un Certain Regard), Harry Lighton, 33 ans, ne pensait sûrement pas qu’il serait acclamé pendant de longues minutes par un public debout, et que grâce à ce film, pourtant l’un des plus gonflés et l’un  les plus « crus » jamais présentés sur la Croisette,  il raflerait le prix du scénario. Inconcevable et inconvenant pour une histoire assumée de BDSM? A priori, peut-être, sauf qu’en l’occurrence Pillion ne se résume pas à une énumération de ces pratiques  sexuelles entre deux hommes. Avec une adresse assez époustouflante, qui laisse place, mine de rien, aux sentiments, il se hisse au rang des grandes comédies romantiques.  Et puis, qui est d’une aimantation fascinante, il y a l’interprétation des deux héros du film, deux acteurs (le norvégien Alexander Skarsgard, beau, froid et implacable, et le britannique Henry Melling, innocent, frêle et taiseux ) qui jouent leur rôle avec une justesse incroyable, sans une once de vulgarité, et sans tirer un seul instant sur la corde de l’exhibitionnisme. Attention : ce film brillant mais osé est interdit aux moins de seize ans. On ne le recommande pas non plus aux âmes sensibles.

Recommandation : 4 coeurs

Dominique Poncet

 

  • Nino dans la nuit de Laurent Micheli - Avec Oscar Högström, Mara Taquin, Bilal Hassani…

Nino Paradis (Oscar Högström) a vingt ans. Il refuse de croire que la vie se réduit aux désillusions, à la compétition ou à l’exploitation. Son bonheur à lui se nomme Lale (Mara Taquin). À ses côtés, il en est persuadé, un avenir meilleur peut se dessiner…

En 2019, le premier long-métrage du réalisateur belge Laurent Micheli, Lola vers la mer, était une franche réussite. Une œuvre sensible et émouvante qui laissait augurer le meilleur pour son film suivant. Hélas, Nino dans la nuit est aussi raté que le précédent long-métrage du cinéaste était réussi. Confus, laid et interprété de manière assez inégale, ce film sans grand intérêt ne reste pas trop longtemps en tête. Et c’est peut-être mieux comme ça.

Recommandation : 2 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Pédale rurale de Antoine Vazquez - Documentaire.

Benoît, fils de parents agriculteurs, a construit son paradis à l’abri des regards dans une maison isolée de Dordogne,  qu’il a retapée et dont il a inventé le jardin, mi-potager et d’agrément. Doux, calme, romantique et rêveur, tisserand à ses heures et chanteur de motets à  d’autres, il vit seul et se fait le plus discret possible, comme toujours depuis sa  pré-adolescence où  il a découvert son homosexualité. Une orientation sexuelle difficile à assumer et encore plus à vivre quand on grandit dans un milieu rural. Un jour, Benoît a vent de l’organisation d’une Gay Pride dans son village. Ce sera l’occasion pour lui de s’apercevoir que lui et son amoureux (avec lequel il ne cohabite pas) ne sont  pas aussi seuls qu’ils le pensent. La donne peut-elle changer pour eux et leurs camarades queers ? Les préjugés homophobes ont parfois la peau dure…

Après des études d’anthropologie qui l’ont conduit à mener des recherches autour du vécu des queers dans les milieux ruraux, Antoine Vasquez, originaire du Béarn, s’est tourné vers le documentaire. Pour son premier opus, il dresse le portrait d’un jeune homosexuel ayant toujours habité la campagne, mais sans jamais avoir cherché à s’ y faire remarquer, par peur d’être montré du doigt. Il ne faut pas se fier au côté cash, imagé  et finalement drôle de son titre. Pédale rurale est un film doux, élégant et  pudique, qui dit la réalité de l’homosexualité dans les milieux ruraux sans une once de voyeurisme ou de militantisme. La nature est en outre magnifiquement montrée. Bouleversant.

Recommandation: 3 cœurs

Dominique Poncet

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