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Victor comme tout le monde de Pascal Bonitzer - Avec Fabrice Luchini, Marie Narbonne, Chiara Mastroianni…
Robert Zucchini (Fabrice Luchini) est un acteur passionné de Victor Hugo. Chaque soir, devant un public extasié, il lit ses textes et les enluminent de commentaires passionnants. Mais en dehors de la scène, malgré le soutien de sa compréhensive compagne (Chiara Mastroianni), il s’ennuie et traîne une profonde mélancolie. Un jour, il découvre dans un journal que la mère de sa fille (Marie Narbonne) est morte. Après l’avoir délaissée pendant des années, il va tenter de s’en rapprocher…
Trois semaines après la sortie de son savoureux Maigret et le mort amoureux, Pascal Bonitzer est déjà de retour sur le grand écran, cette fois avec un film contemporain qui met en scène un acteur fou de Victor Hugo, dont la particularité est d’être le sosie de celui qui l’incarne, Fabrice Luchini. Sophie Fillières, la scénariste du film désormais disparue, l’avait d’ailleurs résumé ainsi : « c’est le portrait d’un homme qui ressemblerait à Fabrice Luchini qui lui même ressemblerait à Victor Hugo, et l’histoire des relations que ces deux hommes entretiennent avec leur fille disparue ou trop longtemps inconnue ». Cela pourrait être lourd, c’est incroyablement élégant et subtil, drôle même par moments mais sans jamais gommer pour autant la nostalgie qui court à travers cette histoire d’un homme qui se prenait pour un autre, faute d’avoir pu être lui-même…A la fois réjouissant et émouvant.
Recommandations: 4 cœurs.
Dominique Poncet
Le Testament d’Ann Lee de Mona Fastvold - Avec Amanda Seyfried, Lewis Pullman, Stacy Martin…
Angleterre, XVIIIème siècle. Ann Lee (Amanda Seyfried) est une jeune femme au magnétisme évident. Habitée par la foi, cette prophétesse passionnée emmène avec elle une poignée de fidèles vers le Nouveau Monde où elle fondera bientôt un nouveau culte religieux, connu sous le nom de Shakers…
Le Testament d’Ann Lee est un véritable ovni cinématographique, dans le sens le plus noble du terme. Ce nouveau film de la cinéaste norvégienne Mona Fastvold (The World To Come) est un fascinant portrait de femme, qu’interprète une Amanda Seyfried totalement bluffante. Délirant, intriguant et totalement atypique, ce long-métrage séduit autant pour son histoire incroyable que pour ses nombreux numéros chantés et dansés qui donnent une belle singularité au film. À ne pas manquer !
Recommandation : 4 cœurs
Antoine Le Fur
Le crime du 3° étage de Rémi Bezançon - Avec Gilles Lellouche, Laetitia Casta, Guillaume Gallienne…
Déformation professionnelle ? Colette, une universitaire spécialisée dans l’œuvre Hitchcock (Laetitia Casta) est devenue obsédée par le crime. Tout naturellement, elle va donc soupçonner son nouveau voisin (Guillaume Gallienne) d’avoir tué sa femme. Au début, son mari, un auteur casanier de romans historico-policiers (Gilles Lellouche) affiche un scepticisme narquois. Mais les indices s’accumulant, il va à son tour se laisser embarquer dans cette enquête rocambolesque. Alors, finalement, y aura-t-il eu vraiment un crime au 3° étage?
Pour son huitième long métrage, Rémi Bezançon (Ma vie en l’air, Le dernier jour du reste de ta vie) propose une comédie dramatique conçue comme un hommage à ce maître du suspense que fut Alfred Hitchcock. En tricotant un scénario bourré de références aux films de l’auteur de Vertigo ou de La Mort aux trousses, le cinéaste a mis dans le mille. On s’amuse beaucoup aux péripéties de son couple de détectives amateurs que forment, avec un plaisir manifeste, Laetitia Casta et Gilles Lellouche. Sans autre prétention que celle de distraire, ce film, un brin teinté d’une désuétude qui ajoute encore à son charme, est idéal pour une sortie en famille.
Recommandation: 3 cœurs
Dominique Poncet
Planètes de Momoko Seto -
À la suite d’explosions nucléaires qui détruisent la Terre, quatre graines de pissenlit se retrouvent projetées dans le cosmos. Leur périple va les emmener sur une planète inconnue sur laquelle elles devront trouver un sol propice à la survie de leur espèce…
Autant le dire tout de suite, Planètes est une petite merveille de film. Plus de deux ans de travail ont été nécessaires à la fabrication de ce long-métrage poétique qui ne manquera pas de ravir les enfants comme les adultes. Tantôt spectaculaire, tantôt émouvante, cette œuvre de la cinéaste japonaise Momoko Seto regorge de (belles) images qu’il est difficile d’oublier. Certainement, l’une des plus belles surprises de ces dernières semaines.
Recommandation : 4 cœurs
Antoine Le Fur
Orphelin de László Nemes - Avec Bojtorján Barabas, Andrea Waslovics, Grégory Gadebois…
Budapest, 1957, après l’échec de l’insurrection contre le régime communiste. Andor, un jeune garçon de treize ans, juif (Bojtorján Barabas) vit seul avec sa mère (Andrea Waslovics), qui l’élève dans le souvenir de son mari, disparu dans un camp de concentration. Mais un jour, Andor voit débouler en side-car, de la campagne, un homme frustre (Grégory Gadebois) qui affirme être son père officiel…
Onze ans après le sublime Fils de Saul (Grand Prix du Festival De Cannes 2O15), Lázló Nemes revient à l’écran avec cet Orphelin, un drame poignant sur l’affrontement d’un enfant qui se croit orphelin d’un héros, et d’un homme violent débarqué de nulle part qui prétend être son père. Si on retrouve le style formel du cinéaste hongrois qui le hissa d’emblée au rang des plus grands (un mélange de scènes très dépouillées et de séquences très travaillées), on retrouve moins sa maîtrise de l’ écriture. Si la seconde partie du scénario est d’une cohésion magnifique, son début, en revanche, manque de fluidité. Heureusement, les acteurs rattrapent tout. Ils sont extraordinaires, surtout Grégory Gadebois qui joue les durs avec une subtilité ahurissante, et en hongrois s’il vous plaît ! A voir cet Orphelin ? C’est oui. Incontestablement.
Recommandation: 3 cœurs
Dominique Poncet
Il Maestro d’Andrea Di Stefano - Avec Pierfrancesco Favino, Tiziano Menichelli, Giovanni Ludeno…
Dans les années 1980, en Italie. Raul Gatti (Pierfrancesco Favino) est un ancien joueur de tennis qui retrouve un sens à sa vie en acceptant d'entraîner le jeune Felice Milella (Tiziano Menichelli), véritable espoir de cette discipline, écrasé par les attentes de son père…
Présenté lors de la dernière édition de la Mostra de Venise, Il Maestro marque un virage dans la carrière de cinéaste du comédien Andrea Di Stefano dont les films lorgnaient jusqu’à présent surtout du côté du thriller (Paradise Lost, Dernière nuit à Milan…). Ici, le réalisateur s’oriente davantage vers la mélancolie avec cette relation douce-amère entre un jeune joueur de tennis plein d’avenir et un entraîneur fantasque campé par l’impeccable Pierfrancesco Favino. En dépit de quelques longueurs, ce Maestro mérite le détour.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Commentaires
Film très sympathique; le choc des générations est intéressant et bien amené ( la discussion entre Luchini et les jeunes actrices sur « les hommes et les femmes »). Hugo est toujours un centre d’intérêt ; ce donne aussi l’envie de découvrir Guernesey. Une simple réserve: S’abstenir si l’on n’est pas fan de Luchini!
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