Infos & réservation
Et aussi
Anemone – Les racines du mensonge de Ronan Day-Lewis - Avec Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton…
Ray Stroker (Daniel Day-Lewis) vit depuis dix ans dans une forêt reculée d’Angleterre. Tel un ermite, il ne parle plus à personne, pas même à sa famille. Le jour où son frère, Jem (Sean Bean), vient lui rendre visite, Ray comprend qu’il n’a d’autre choix que de faire face à ses propres secrets…
Un film avec Daniel Day-Lewis est toujours un événement. Cela faisait huit ans depuis Phantom Thread de Paul Thomas Anderson que l’incroyable comédien britannique n’avait pas fait de cinéma. Pour son fils, Ronan, la star est sortie de sa retraite. Avec Anemone – Les racines du mensonge, l’acteur déploie tout son génie dans un film visuellement intéressant mais qui peut laisser circonspect en raison d’une atmosphère (trop ?) éthérée.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Une jeunesse indienne de Neeraj Ghaywan - Avec Ishaan Khatter, Vishal Jethwa, Jhanvi Kapoor…
Nord de l’Inde. Dans les années 2010. Deux amis d’enfance se rendent à la gare pour prendre le train qui les emmènera au concours national de gardien de la paix. Pour chacun, réussir à devenir policier est l’espoir d’une vie meilleure car tous deux appartiennent à une religion et à une caste qui les humilient sur leurs propres terres. L’un, Shoaïb est musulman, le second, Chandan, appartient aux Intouchables, la caste la plus discriminée du pays. Le port de l’uniforme les exonèrerait de toute ostracisation. Problème majeur pour le duo : ils sont 2,5 millions candidats pour 3 000 postes à pourvoir. Leur vie de galère n’est pas prête de s’arrêter…Un drame est en route…
Inspiré à son réalisateur par un fait réel, cette histoire d’ amitié entre deux garçons en proie à la ségrégation offre une vision presque documentaire d’une Inde engluée encore aujourd’hui dans les discriminations. Une vision, bien loin de celle, féérique, véhiculée par les films bollywood. Appuyé sur un scénario et une mise en scène solides, interprété par deux jeunes acteurs sensationnels de présence et de sensibilité, ce film de deux heures, sans aucun temps mort, coproduit par Martin Scorsese mérite vraiment qu’on s’y arrête. Passionnant et émouvant.
Recommandation : 3 coeurs
Dominique Poncet
La Couleuvre noire d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux - Avec Alexis Lozano Tafur, Miguel Angel Viera, Angela Rodriguez…
Cela fait des années que Ciro (Alexis Lozano Tafur) n’est pas revenu auprès des siens. Dans le désert colombien de la Tatacoa, le jeune homme retrouve sa mère malade, qu’il vient veiller. Ce retour est également l’occasion pour lui de retrouver tous ceux qu’il avait fuis ainsi qu’un territoire aussi fragile que envoûtant…
Présenté lors de la dernière édition du Festival de Cannes dans la section de l’ACID, La Couleuvre noire est un film aussi aride que le désert présent à l’écran. Ce nouveau long-métrage du Français Aurélien Vernhes-Lermusiaux (Vers la bataille) n’est peut-être pas très grand public mais il est difficile de ne pas reconnaître ses qualités cinématographiques et son ambiance des plus envoûtantes. Une vraie curiosité cinématographique qu’il serait dommage de ne pas découvrir.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
L’île de la demoiselle de Micha Wald - Avec Salomé Dewaels, Louis Peres, Candice Bouchet, Alexandra Lamy…
En 1542, Marguerite de La Rocque, issue de la petite noblesse périgourdine, embarque pour le Canada aux côtés de son oncle, vice-roi de ce pays, à qui elle est promise. Mais une fois sur le navire, ce dernier s’aperçoit qu’elle a été engrossée, contre son gré, par Thomas d’Artois, un membre d’équipage. Plutôt que d'exécuter celle qui aurait dû devenir son épouse, il décide de la débarquer sur une île déserte, au large de Terre-Neuve, en compagnie de sa servante et du père putatif de son enfant. Vont suivre, pour le trio, trois années de froid, de peur, de famine, d’épuisement et de violences, jusqu’à ce qu’un bateau ramène Marguerite en France, où elle sera jugée pour sorcellerie.. C’est Marguerite de Navarre qui la sauvera d’une condamnation à mort…
Pour son troisième long métrage, le cinéaste belge Micha Wald (Voleur de chevaux et Les folles aventures de Simon Konianski) s’aventure dans un film historique qui s’inspire de l’ histoire vraie, intense et douloureuse d’une jeune aristocrate sous François 1er. L’occasion d’explorer les mécanismes du patriarcat, la condition des femmes ainsi que les us et coutumes en cours à cette époque là. Filmé en majeure partie sur l'île d’Ouessant, choisie pour son côté minéral et dépouillé, le film, visuellement en « jette ». Dommage que le scénario soit parfois un peu confus. Comme toujours, Alexandra Lamy montre qu'elle a un grand sens du jeu, même lorsque, comme ici, elle n’a qu’un petit rôle.
Recommandation : 2 coeurs
Dominique Poncet
Les Filles du ciel de Bérangère McNeese - Avec Héloïse Volle, Shirel Nataf, Yowa-Angélys Tshikaya…
Héloïse (Héloïse Volle) est une adolescente qui vient de fuguer de son foyer. N’ayant nulle part où aller, elle fait la rencontre d’une jeune fille de son âge, Mallorie (Shirel Nataf), qui lui propose de l’héberger dans l’appartement qu’elle partage avec deux autres amies, Jenna (Yowa-Angélys Tshikaya) et Mona (Mona Berard). À leurs contacts, Héloïse retrouve un semblant d’équilibre…
Premier long-métrage réalisé par la comédienne Bérangère McNeese, Les Filles du ciel était plutôt prometteur sur le papier. Malheureusement, la faiblesse du scénario et l’inégalité d’interprétation des différentes comédiennes range ce film dans la catégorie de ceux qui s’oublient assez rapidement à l’issue de la projection. Dommage…
Recommandation : 2 cœurs
Antoine Le Fur
Plus forts que le diable de Graham Guit - Avec Melvil Poupaud, Asia Argento, Marine Vacth…
Valentin (Melvil Poupaud) est un homme fauché et paumé. Après vingt ans d’absence, il revient dans la vie rangée de son fils, Joseph (Harpo Guit). Ce dernier ainsi que sa femme Alice (Marine Vacth) se retrouvent alors plongés dans une spirale de violence dont ils auront du mal à sortir indemnes…
Dix-huit ans après Hello Goodbye, le réalisateur Graham Guit fait son grand retour avec Plus forts que le diable, comédie débridée et à l’humour corrosif qui n’est pas sans rappeler le meilleur du cinéma belge. Hélas, le film n’est pas vraiment à la hauteur de la production de nos voisins d’outre-Quiévrain. Plus souvent grotesque que drôle, Plus forts que le diable ressemble surtout à un nanar, certes amusant, mais dont les qualités cinématographiques se réduisent à peau de chagrin.
Recommandation : 2 cœurs
Antoine Le Fur
Ajouter un commentaire