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Juste une illusion d’Eric Tolédano et Olivier Nakache - Avec Camille Cottin, Louis Garrel, Pierre Lottin, Simon Boublil…
Années 1980. Vincent (Simon Boublil), treize ans, partage la même chambre que son frère aîné avec lequel il se bagarre pour tout, et souvent rien. Tous les deux vivent dans une HLM avec leurs parents qui, bien que s’aimant vraiment, se chamaillent aussi constamment. À force de les observer, Vincent découvre que son père, qu’il pense très occupé, est en réalité au chômage, alors que sa mère, elle, monte les échelons dans l’entreprise qui l’emploie. Vincent change, il devient adolescent, avec ce que cela signifie de bêtises, de révoltes, de secrets et d’émois amoureux. Il tombe en pâmoison devant Anne-Karine, une jeune fille de bonne famille hyper-catho alors qu’il est un fils d’immigré. Pas facile à gérer, d’autant qu’il prépare du mieux qu’il peut sa bar-mitzvah. Demain sera-t-il un autre jour pour lui ?
Pour leur neuvième comédie, Olivier Nakache et ÉricToledano retournent à leur pré-adolescence, dans les années 80, celle de l’insouciance, du vivre ensemble et des mouvements comme Touche pas à mon pote. Ils la font revivre avec leur fantaisie habituelle, leur générosité et leur incroyable sens de la comédie. Le jeune Vincent du film, à la fois malicieux et sérieux, qui essaie d’apprendre à devenir adulte, ce sont eux bien sûr. Eux dans des familles qui devraient drôlement ressembler à celle de leur film. Porté par un scénario, des dialogues et un casting impeccables ( Louis Garrel est à mourir de rire, le jeune Simon Boublil, épatant), Juste une illusion est un nouveau petit bijou cinématographique à ajouter à leur palmarès. Immanquable , surtout si on aime rire et pleurer de douce nostalgie.Immanquable.
Recommandation : 4 cœurs
Dominique Poncet
La corde au cou de Gus Van Sant - Avec Bill Skarsgard, Dacre Montgomery
Indianapolis, 8 février 1977. Tony Kiritsis (Bill Skarsgård) est un homme dont la vie a été ruinée à cause d’un emprunt. Au pied du mur, il kidnappe Richard Hall (Dacre Montgomery), le fils du courtier responsable de sa situation. Il accepte de le relâcher en échange de deux choses : 5 millions de dollars et des excuses…
Cela faisait plusieurs années que Gus Van Sant n’avait pas fait de film pour le cinéma. Plus précisément depuis Don’t Worry, He Won’t Get Far On Foot, sorti en 2018. Le revoici donc avec cette adaptation de l’histoire de Tony Kiritsis, qui a défrayé la chronique aux États-Unis, en 1977. Bien sûr, il faut reconnaître l’application du cinéaste américain. La Corde au cou est un film propre et la restitution des faits est impeccable. Mais malgré ses qualités évidentes, ce nouveau long-métrage du réalisateur de Will Hunting peine à laisser des souvenirs durables en raison d’une intrigue qui finit par tourner en rond, comme si le film était finalement prisonnier de son dispositif. Une œuvre assez mineure dans la filmographie de Gus Van Sant, malgré l’interprétation (une nouvelle fois) bluffante de Bill Skarsgård.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Morlaix de Jaime Rosales - Avec Samuel Kircher, Aminthe Audiard, Mélanie Thierry…
Fragilisée par le récent décès de sa mère, Gwen (Aminthe Audiard, une révélation) une jeune lycéenne, essaie, à Morlaix sa ville natale, de retrouver un équilibre auprès de sa bande de copains et de son petit ami. L’arrivée de Jean-Luc (Samuel Kircher), un jeune homme au charme magnétique, va de nouveau la déstabiliser en la plongeant dans une confusion de sentiments. Elle sera d’autant plus chamboulée qu’en allant au cinéma avec ses copains, elle va tomber sur un film dont l’intrigue et les personnages font écho à sa propre vie morlaisienne. Débute alors un film qui va se superposer au film primitif, s’ y insérer aussi, provoquant un étonnant effet miroir d’images aux reflets infinis…
Un film sur une ville, Morlaix - montrée ici dans toute sa splendeur et sa particularité comme jamais avant - dans un autre film qui raconte les émois amoureux, vécus ou fantasmés, d’une jeune fille tiraillée entre deux jeunes gens, tout en ne rêvant qu’à Paris…
Le réalisateur catalan Jaime Rosales innove une fois de plus. Il a même poussé le bouchon jusqu’à alterner le 35 mm et le 16 mm, le noir et blanc et la couleur, parfois dans la même séquence. On s’y perd ? Un peu, mais quel plaisir de se laisser embarquer dans ce film si singulier qui évoque Rohmer et est, formellement, une incontestable réussite. Et puis il y a les acteurs : Aminthe Audiard, d’une présence exceptionnelle, Samuel Kircher, décidemment impeccable, et Mélanie Thierry, qui illumine de son éclatante douceur, chacun de ses rôles. A ne pas laisser passer, surtout si on aime la Bretagne.
Recommandation: 3 cœurs
Dominique Poncet
Bagarre de Julien Royal - Avec Nassim Lyes, Anaïde Rozam, Ramzy Bédia, Audrey Lamy…
Naim (Nassim Lyes) est un jeune homme profondément gentil. Mais gare à ceux qui viendraient lui chercher des embrouilles car il peut se révéler aussi doux que violent. Doté d’une force incroyable, il se retrouve contraint d’intégrer l’équipe d’Allô Bagarre, un service de combattants de rue qui règlent les embrouilles à coups de poings, dirigé par l’impitoyable Gary (Ramzy Bedia)…
Autant le dire d’emblée, Bagarre est un film à prendre (au minimum) au quarantième degré. Une fois ce postulat admis, cette nouvelle livraison de Julien Royal (En Passant Pécho, Nouveaux riches…) peut pleinement s’apprécier. Même si le scénario n’est pas toujours d’une grande finesse, force est de reconnaître que cette comédie débridée est tordante à de nombreux moments. Les vannes fusent et les acteurs s’en donnent à cœur joie, à commencer par Nassim Lyes, dont le génie comique est indéniable. Une Bagarre bien amusante !
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Une fille en or de Jean-Luc Gaget - Avec Pauline Clément, Arthur Dupont, Émilie Caen…
Le jour où Clémence (Pauline Clément, de la Comédie-Française) prend conscience qu’elle n’a jamais suscité l’admiration de personne, pas même celle de son père, ce dernier meurt. Complètement déboussolée, la jeune femme, pourtant gaffeuse et peu sûre d’elle décide quand même de tenter d’imposer sa personnalité. Le hasard met sur son chemin Paul (Arthur Dupont), un homme qui est son exact opposé, un patron autoritaire et psycho-rigide d’une société de surveillance, qui malmène ses employés. Que croyez-vous qu’après mille péripéties, déconvenues et autres quiproquos, il va arriver entre Clémence et Paul ?
Pour son deuxième long métrage, le scénariste et réalisateur Jean-Luc Gaget se lance dans la comédie romantique. Ce n’est pas la nouveauté du scénario qui séduit ici, ni non plus celle de la réalisation, mais le ton, délicieusement décalé, de ce film enlevé par deux interprètes au meilleur de leur charme et de leur savoir-faire. Pour passer un après-midi relax entre amies .
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Affection, Affection de Maxime Matray - Avec Agathe Bonitzer, Nathalie Richard…
Sur la Côte d’Azur, une adolescente disparaît le jour de son anniversaire. Géraldine (Agathe Bonitzer), une employée municipale, s’improvise détective pour faire la lumière sur toute cette histoire. Mais la tâche se révèle particulièrement ardue pour la jeune femme qui voit, dans le même temps, sa mère (Nathalie Richard) réapparaître dans sa vie après des années d’absence…
Attention, ovni. Affection Affection n’est pas de ces films que l’on a l’habitude de voir. Après l’étrange Bêtes blondes en 2018, le tandem de réalisateurs Alexia Walther / Maxime Matray est de retour avec un second long-métrage qui peut déstabiliser en raison de son absurdité et du jeu distancié de ses comédiens. Si le film laisse parfois effectivement de marbre, il parvient néanmoins à séduire en raison de sa singularité et de ses différentes propositions cinématographiques. Il serait bien dommage de ne pas prendre en affection cet Affection, Affection.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
La Fille du Konbini de Yuho Ishibashi - Avec Erika Karata, Haruka Imou…
A 24 ans, Nozomi a laissé tomber un poste de commerciale dans une grosse entreprise pour devenir hôtesse de caisse d’un « Konbini », une supérette japonaise. Entre le train-train routinier de son quotidien et la gentillesse sans esbroufe de ses collègues, la jeune femme pense avoir trouvé le moyen de vivre sans pression, tranquillement. L’irruption d’une ancienne amie de lycée va bouleverser ce nouvel et fragile équilibre…
A travers le portrait de son héroïne, le nouveau film de Yuho Ishibashi, adapté du roman La Fille de la supérette de Sayaka Murataresse, dresse celui d’une jeunesse japonaise trop souvent pressurisée par les cadences de travail dans les grandes entreprises, d’où un regain de suicides et de burn-out au Japon. Pudique, sensible et délicat, ce long métrage assez …court ( 1h16min) se regarde avec d’autant plus de plaisir et d’intérêt qu’il est filmé et joué avec une grâce infinie. Même si son scénario manque un peu d’aspérité, on ressort touché par sa justesse et sa luminosité.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
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