Infos & réservation
Et aussi
Sorda d’Eva Libertad Garcia - Avec Miriam Garlo, Alvaro Cervantes, Elena Irureta…
Angela (Miriam Garlo) est sourde et son compagnon Hector (Alvaro Cervantes) est entendant. Tous deux attendent leur premier enfant. Mais à mesure que le terme approche, Angela se sent envahie par le doute, se demandant si elle arrivera à créer un lien avec sa fille. À la naissance de leur enfant, Angela et Hector doivent affronter une crise…
Voici un film tout à fait fascinant. Sorda est une œuvre aussi réussie sur le fond que sur la forme. Réflexion intéressante sur la maternité et le handicap, ce long-métrage est également particulièrement original pour son aspect immersif qui fait littéralement entrer le spectateur, pendant toute une partie de l’histoire, dans l’univers silencieux de son héroïne. Une œuvre singulière et bouleversante, portée par la cinégénie indiscutable de Miriam Garlo. Une belle réussite.
Recommandation : 4 cœurs
Antoine Le Fur
Sukkwan Island de Vladimir de Fontenay - Avec Swann Arlaud, Woody Norman, Alma Pöysti…
Tom (Swann Arlaud), père divorcé jusque-là peu présent, propose à son fils de treize ans, Roy (Woody Norman), de l’emmener vivre sur une île glacée de Norvège. Il espère que ce retour à la vie sauvage au cœur d’une nature majestueuse mais hostile va leur permettre de se retrouver. Mais après des retrouvailles, à la fois difficiles et intenses, la relation entre le père et le fils va commencer à se fissurer. En cause, leurs conditions de vie extrêmes et surtout, la fragilité mentale de Tom, dépressif depuis toujours. L’aventure pour Roy va virer au cauchemar…
Pour son deuxième long métrage, Vladimir de Fontenay (Mobile Homes) adapte le roman éponyme (en partie) autobiographique de l’américain David Vann ( Prix Médicis Etranger 2010). C’est une indéniable réussite tant sur le plan formel (la photo et les cadres sont magnifiques) que sur celui du récit, dense et haletant. Après avoir débuté comme un film d’aventures, Sukkwan Island bifurque insensiblement vers le thriller pour finir dans le drame familial. La direction d’acteurs est parfaite. Le jeune Woody Norman notamment, qui incarne Roy avec une sensibilité et une justesse de ton remarquables. Swann Arlaud, surtout, qui trouve un des meilleurs rôles de sa carrière dans son personnage de Tom dont il exprime à merveille la complexité, les déséquilibres et le désespoir. Tendu et touchant.
Recommandation : 4 cœurs
Dominique Poncet
Le Diable s’habille en Prada 2 de David Frankel - Avec Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt…
Près de vingt ans après avoir été l’assistante de la terrible Miranda Priestly (Meryl Streep), Andy Sachs (Anne Hathaway) revient là où tout a commencé pour elle : le magazine Runway. Mais la situation économique n’est plus tout à fait la même et l’univers de la papesse de la mode est sur le point de vaciller, menacé par les tractations de Benji Barnes (Justin Theroux), un impitoyable homme d’affaires…
Ils sont de retour. C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve Miranda, Andy et les autres personnages hautement glamour du Diable s’habille en Prada. Si les suites ne sont pas toujours une bonne idée, ce deuxième épisode est plutôt une bonne surprise notamment en raison de son regard plutôt pertinent sur le journalisme et la manière dont il mute actuellement. Malgré quelques ratés (à l’image de ce nouveau petit ami assez fadasse d’Andy Sachs), ce Diable s’habille en Prada 2 est un divertissement fort agréable dont il serait bien dommage de se passer, ne serait-ce que pour revoir son trio d’actrices iconiques.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Die My Love de Lynne Ramsay. Avec Jennifer Lawrence, Robert Pattinson, Lakeith Stanfield…
Grace (Jennifer Lawrence) et Jackson (Robert Pattinson) ont quitté New York pour s’installer dans le Montana afin d’y élever leur enfant qui s’apprête à naître. Mais à la naissance de son fils, Grace voit son équilibre vaciller. Se sentant de plus en plus seule et ne sachant pas comment affronter cette nouvelle maternité, la jeune femme commence peu à peu à perdre pied…
Présenté l’an passé en compétition au Festival de Cannes, Die My Love sort enfin en salles. Une sortie tardive qui n’est pas vraiment bon signe même si, sur le papier, ce nouveau film de Lynne Ramsay (We Need to Talk About Kevin, A Beautiful Day…) avait de quoi séduire. Hélas, malgré l’interprétation bluffante de Jennifer Lawrence dans ce qui est certainement son meilleur rôle à ce jour, ce long-métrage bancal finit par lasser le spectateur en raison d’un scénario hasardeux et d’une mise en scène plus épuisante que inspirante. Un chef-d’œuvre raté qui ne laissera pas une grande trace dans les annales du cinéma.
Recommandation : 2 cœurs
Antoine Le Fur
Vivaldi et moi de Damiano Michieletto - Avec Tecla Insolia, Michele Riondino, Andrea Pennacchi, Stefano Accorsi…
Venise, 1716. L’Ospedale della Pietà recueille des orphelines et les initie à la musique et au chant. Une fois formées, ces jeunes filles se produisent pour les mécènes de l’Institution. Particularité de leurs concerts : elles n’ont pas le droit d’y montrer leurs visages. Elles apparaissent donc, soit masquées, soit cachées derrière un grillage. Parmi elles, Cécilia (Tesa Insolia), une violoniste surdouée qui ne vit que pour son instrument. Un jour, l’arrivée d’un nouveau maître de musique vient bousculer sa vie. Il est homme d’église, compositeur talentueux et très différent de ses prédécesseurs. Il s’appelle Antonio Vivaldi ( Michele Riondino)…
Premier long métrage de Damiano Michieletto, metteur en scène italien spécialisé dans l’opéra, librement adapté du roman de Tiziano Scarpa, Stabat Mater, paru en 2008, Vivaldi et moi compte parmi les plus belles sorties de la semaine, pas seulement pour son cadre, Venise (une ville qui, depuis longtemps, a fait la preuve de sa photogénie au cinéma), mais pour toutes ses composantes. Lumière, costumes, musique, prises de vue et de son… tout fait de ce film un enchantement visuel et sonore. Avec, en prime un scénario où se mêlent très habilement un récit sur l’émancipation d’une femme virtuose qui va se rebeller contre l’ordre établi et le portrait d’un compositeur à la fois illustre et méconnu. Autre bon point : la musique (signée Vivaldi) n’est jamais illustrative. Elle est une des « matières » du film. Un seul bémol : la sagesse de la réalisation. Son classicisme détonne avec l’inventivité et la folle allégresse de la musique de l’auteur des Quatre Saisons.
Recommandation : 3 cœurs
D. Poncet
Ajouter un commentaire