A voir au cinéma cette semaine

Notre recommandation
3/5

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  • La Bataille de Gaulle : l’âge de fer de Antonin Baudry - Avec Simon Abkarian, Benoît Magimel, Mathieu Kassovitz, Anamaria Vartolomei…

21 Juin 1940. Pétain, alors le chef du gouvernement français, signe l’Armistice avec Hitler. Pour l’armée, c’est la débâcle. Mais un général nouvellement nommé refuse de se soumettre. Il s’appelle Charles de Gaulle. Il est encore inconnu, mais peu importe à ce militaire d’une intégrité et d’une détermination inébranlables. Il part pour Londres, seul, pour tenter de sauver ce à quoi il tient le plus : la liberté de la France, son pays bien-aimé. Il n’a ni armée, ni appui, ni même une amorce de stratégie, mais qu’à cela ne tienne  ! Il demande à rencontrer William Churchill pour le convaincre que la guerre n’est pas terminée. Churchill est circonspect, mais après l’appel du 18 juin, des résistants de l’ombre commencent à se manifester. Certains pays d’Afrique entrent en jeu…

Quatre-vingt -six ans après l’Appel du 18 juin, le réalisateur Antonin Baudry ( Le Chant du loup) s’empare de la figure de Charles de Gaulle. Loin du biopic, cette superproduction qui nous emmène de Paris à Londres en passant notamment par Alger et Bir Hakeim, zoome uniquement sur la période 40-44. Elle a été conçue en deux parties. La première, intitulée L’âge de fer,  sort aujourd’hui, la seconde, baptisée J’écris ton nom déboulera sur les écrans le 3 juillet prochain. Bénéficiant d’un budget XXL et d’un casting de luxe (l’immense Simon Abkarian qui joue -magistralement- De Gaulle est entouré par Niels Schneider, Benoît Magimel, Mathieu Kassovitz…), cette fresque monumentale, réalisée sous l’égide d’historiens et d’universitaires renommés, époustoufle par son ampleur. Très spectaculaire, elle surprend aussi par son mélange de genres, à la fois film de guerre, film d’aventures, et par moments comédie, oui, comédie, lors de certains dialogues entre De Gaulle et Churchill, deux hommes qui ne faisaient pas vraiment la paire. Du grand cinéma, saisissant, instructif, efficace. Tous publics à partir de douze ans.

Recommandation : 4 cœurs

Dominique Poncet

 

  • L’Affaire Zanetti de Leonardo Di Costanzo - Avec Roschdy Zem, Barbara Ronchi, Hippolyte Girardot, Valeria Golino …

Elisa Zanetti (Barbara Ronchi) a été condamnée pour un meurtre dont elle dit ne presque rien se rappeler. Des années plus tard, son cas suscite l’intérêt du professeur Alaoui (Roschdy Zem), criminologue réputé, qui décide de rouvrir son dossier. Un face-à-face tendu s’engage entre eux avant que les souvenirs de la prisonnière ne remontent à la surface et révèlent une vérité bien plus complexe qu’il n’y paraît…

Pour son nouveau long-métrage, le réalisateur Leonardo Di Costanzo (L’IntrusaAria Ferma…) s’est inspiré d’une histoire vraie. Malgré certaines longueurs, L’Affaire Zanetti n’en est pas moins passionnant. Offrant une réflexion pertinente sur les thèmes de la culpabilité et du pardon, le film offre une confrontation au sommet entre deux grands acteurs. D’un côté, l’impérial Roschdy Zem et de l’autre, la bouleversante Barbara Ronchi. Une confrontation qui fait des étincelles !

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • The Plague de Charlie Polinger - Avec Joël Edgerton, Everett Blunck, Kayo Martin…

En 2003 à San Diego, dans un camp d’été de water polo. Ben, douze ans, débarque à la piscine. Malgré ses troubles de l’élocution, il cherche à s’intégrer à la petite bande qui s’agite dans le bassin. Il va très vite comprendre que cette dernière, menée par l’intrépide Jack, visage d’ange mais cœur de pierre, fonctionne selon un principe cruel : harceler le plus fragile de tous. Quand Ben déboule dans l’équipe, le souffre-douleur du moment est un certain Eli, dont le corps est couvert d’eczéma. Prétendant qu’il a la peste, ses camarades de bassin ne cessent de l’abreuver de sarcasmes, de coups et autres joyeusetés, à un point tel que  Ben finit par en avoir pitié. Bien mal lui en prend…

Grand Prix au dernier festival de Deauville, The Plague (en français, la peste) est un surprenant long métrage. Sa particularité ? Il mêle avec une adresse assez remarquable la chronique d’émancipation, le thriller et le film de « body horror ». Intelligent et saisissant, porté un casting impeccable en tête duquel un Joël Edgerton d’une impressionnante justesse, il captive le spectateur du premier au dernier plan. Avec ce film, son premier long métrage, Charlie Polinger signe une belle entrée dans le monde des cinéastes. Un réalisateur à suivre.

Recommandation : 3 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Francesca et Giovanni de Simona et Ricky Tognazzi - Avec Ester Pantano, Primo Reggiani, Alexandra Carrillo…

Sicile, 1979. La magistrate Francesca Morvillo (Ester Pantano) rencontre le juge Giovanni Falcone (Primo Reggiani), qui appartient à un pool anti-mafia. Tous deux déterminés à lutter contre la pègre qui ravage l’île, ils découvrent qu’ils ont en commun plus que des convictions et ne tardent pas à tomber amoureux. Ils vivront un amour intense de plus de dix ans avant de finalement succomber à un attentat en 1992…

L’assassinat du juge Falcone en Sicile en 1992 a été l’un des épisodes les plus marquants dans la lutte contre la mafia en Italie. Francesca & Giovanni s’en empare en choisissant un angle assez intéressant, à savoir sa grande histoire d’amour avec Francesca Morvillo. Si le film se perd parfois en raison d’un lyrisme un peu trop appuyé, il parvient néanmoins à emporter l’adhésion du spectateur grâce à son émotion qui va crescendo. Surtout, le long-métrage bénéficie de l’interprétation de haut-vol de deux comédiens remarquables, Ester Pantano et Primo Reggiani. 

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Le Garçon qui faisait danser les collines de Georgi M. Unkovski- Avec Arif Jakup, Agush Agushev, Dora Akan Zlatanova…

Ahmet, quinze ans, grandit au milieu des montagnes de la Macédoine. Orphelin de mère, son père lui enjoint de quitter l’école et de s’occuper de ses moutons, tout en continuant à s’occuper de son petit frère. Mais Ahmet, lui, ne rêve que de musique, techno si possible, qu’il écoute sans discontinuer dès qu’il la capte la 4G. Au cours de ses pérégrinations, il rencontre la belle Aya, une jeune fille éprise elle aussi de liberté. Il en tombe amoureux, mais elle est promise à un homme choisi depuis longtemps par ses parents. Bien qu’issus tous les deux d’une communauté de bergers très traditionnalistes, Aya et Ahmet vont chercher à s’émanciper …

On comprend pourquoi Le garçon qui faisait danser les collines, premier film du réalisateur macédonien Georgi M. Unkovski a remporté des prix dans tous les festivals où il a été présenté. C’est une tragi-comédie musicale qui, malgré son sujet émouvant ( un couple de jeunes qui veulent échapper à l’emprise des traditionsnous emmène, avec une allégresse et un humour irrésistibles, au cœur du quotidien des Yöruks, l’une des communautés les moins intégrées de la Macédoine. Au centre de ce long métrage d’1h40, aussi délicieux qu’inattendu, les tiraillements d’adolescents partagés entre les traditions ancestrales et l’appel de la modernité. La découverte de la semaine !  

Recommandation : 3 cœurs

D. Poncet

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