Infos & réservation
Et aussi
Disclosure day de Steven Spielberg - Avec Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth…
Quelque part en Amérique, un petit groupe d’humains décide de dévoiler à ses 7 milliards de semblables l’existence encore tenue secrète d’une autre forme de vie intelligente dans le cosmos. Mais une organisation agissant pour le compte du gouvernement américain va tout tenter pour les en dissuader. Le compte à rebours est lancé, chaque seconde nous rapprochant de l’inévitable…
Presque cinquante ans après Rencontres du troisième type (1977) et huit après Ready Player One, Steven Spielberg, 80 ans en décembre prochain, revient, pour son 37ème long métrage, au genre qui a marqué sa carrière : le film de science-fiction. Pour le réaliser, le cinéaste le plus rentable de tous les temps a fait appel à ses collaborateurs favoris : David Koepp (Jurassic Park, Indiana Jones, La Guerre des deux mondes…) pour le scénario, et John Williams pour la musique. Même s’il s’agit ici encore d’extra-terrestres, il est impensable pour le réalisateur de “relabourer” un terrain déjà emprunté. Certes, il s’est aventuré dans une histoire d’aliens, depuis longtemps en vogue aux Etats-Unis, mais il l’a rendu contemporaine en lui donnant une dimension complotiste. Donald Trump devrait adorer ! On n’en dira pas plus pour ne pas spolier ce blockbuster qui en met malicieusement plein la vue avec ses compositions visuelles à couper le souffle (du grand Spielberg !), plein les oreilles aussi avec la partition musicale d’un John Williams que ses 94 printemps ont inspiré comme rarement. Au casting, des comédiens au meilleur de leur forme dont Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Colman Domingo… Une perfection ce Disclosure Day ? Pas tout-à-fait. Son scénario, très emberlificoté et sans beaucoup de relief risque d’égarer, voire d’ennuyer certains spectateurs.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
D’un monde à l’autre de et avec Jérémie Rénier - Et aussi Loury Lag…
À la suite de la mort accidentelle de son meilleur ami, le comédien et cinéaste Jérémie Rénier entreprend un chemin de recueillement en compagnie d’un explorateur français, Loury Lag, qui a l’habitude de s’aventurer dans des contrées inhabitées aux conditions climatiques extrêmes. Dans le froid polaire de la banquise arctique, les deux hommes vont s’éprouver, jusqu’à redevenir vivants…
Voici certainement l’un des documentaires les plus bouleversants de ces dernières semaines. Avec D’un monde à l’autre, Jérémie Rénier délaisse sa casquette de comédien pour celle de réalisateur. Et même réalisateur de l’extrême tant les territoires qu’il filme avec sa caméra semblent hostiles à bien des égards pour les humains. De ce très beau film, marqué par le deuil et le souvenir de la perte d’un être proche, il reste de belles images mais pas uniquement. L’acteur et cinéaste évoque la mort brutale de son meilleur ami, le comédien Gaspard Ulliel, et lui rend hommage de la plus belle des façons. Une formidable leçon de vie et de cinéma.
Recommandation : 4 cœurs
Antoine Le Fur
Une année italienne de Laura Samani - Avec Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi…
Septembre 2007. Frederika, une jeune suédoise de 17 ans (Stella Wendick) s’installe à Trieste pour y suivre une année de terminale dans un lycée technique. Elle se retrouve être la seule fille au milieu d’une population masculine. Dur dur ! Mais bientôt un trio de garçons inséparables la prend sous son aile. Ils sont désormais quatre pour faire face aux nouveaux sentiments et bêtises de leur âge. Frederika l’insouciante en bavera quand même. Après une année d’apprentissage, elle se retrouvera seule, encore, face à la réalité.
Pour son deuxième long-métrage, Laura Samani (Piccolo corpo en 2021) adapte Une année d’école, un roman de Giani Stuparich datant de 1929, mais en y mêlant des souvenirs autobiographiques sur sa jeunesse passée, ses premières désillusions amoureuses et sa découverte de la difficulté des rapports humains. Le résultat de cette hybridation donne ce film singulier, à la fois grave et joyeux, sublimé par une photo jouant à merveille avec les clairs-obscurs. Il est porté aussi par une troupe de comédiens amateurs sensationnels de justesse et de spontanéité… La découverte de la semaine.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Au bord du monde de Guérin van de Vorst et Sophie Muselle - Avec Mara Taquin, Nathalie Richard, Sasha Deprez…
Alexia (Mara Taquin) a vingt-cinq ans et arrive comme infirmière stagiaire dans le service fermé d’un hôpital psychiatrique. D’emblée, sa supérieure hiérarchique, Joëlle (Nathalie Richard), lui recommande de garder une certaine distance avec les patients de l’établissement. Mais la rencontre de la jeune fille avec l’une des pensionnaires, Mila (Sasha Deprez), va remettre en question toutes ses certitudes…
Il y a quelque chose de remarquable dans ce premier long-métrage du tandem de réalisateurs belges Guérin van de Vorst et Sophie Muselle. Rigoureux, ce film percutant sur les dérives des hôpitaux psychiatriques impressionne par la qualité de sa mise en scène, en particulier ses différents plans-séquence qui offrent une véritable plongée en apnée dans un univers où les libertés sont souvent bafouées. Dommage qu’il n’en soit pas de même pour le scénario qui a parfois du mal à avancer et à tenir sur la longueur. Un film qui laisse un sentiment mitigé malgré la prestation habitée de l’excellente Mara Taquin.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Fils de personne de Safy Nebbou - Avec Romain Duris, Master Sanpasiri…
A la suite de la mort de sa femme tuée accidentellement dans un accident, mort qui l’a laissé dévasté, Thomas (Romain Duris) décide de retourner en Thaïlande avec Mapring, son fils de 4 ans (Master Sanpasiri) tout récemment adopté, sous le prétexte avoué de retrouver la mère biologique du petit garçon. Mais en réalité Thomas espère secrètement que le temps de ce voyage lui permettra de faire son deuil. Va survenir l’inattendu : les liens que Thomas va tisser avec l’enfant, malgré la barrière de la langue. Une question va alors se poser. Que fera Thomas quand il retrouvera la famille de Mapring ?
Après Une part manquante (2024) où un père allait rechercher sa fille à Tokyo, Safy Nebbou continue d’explorer un thème qui lui est cher, celui de la filiation. Pour son nouveau film qui interroge plus spécialement sur ce qui fonde la paternité, il s’inspire d’Handle with Care , un long métrage du norvégien Arild Andersen, qui se déroule en Colombie. Si Fils de Personne ne brille pas par l’originalité de son scénario (un peu trop attendu), il touche suffisamment pour qu’on aille le voir, d’autant que Romain Duris y est juste et émouvant de bout en bout, que les paysages sont splendides et la photo, superbe. Émouvant, tendre et habité.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Ajouter un commentaire