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Ulysse de Laetitia Masson - Avec Élodie Bouchez, Stanislas Merhar, Romane Bohringer…
Chercheuse en sociologie, Alice (Elodie Bouchez) découvre qu’elle est enceinte. Une merveilleuse nouvelle qu’elle partage avec son mari musicien, Luc (Stanislas Merhar). Mais à la naissance de leur fils, Ulysse (Alphonse Roberts), des questions envahissent le couple. Car leur garçon ne rentre pas dans la norme. Trop petit, trop maigre, il présente des signes qui amènent les médecins à poser un diagnostic sans appel : il est atteint d’un syndrome génétique. Malgré les difficultés et les obstacles, Alice va tout faire pour que son fils mène une vie normale…
Voici certainement l’un des films les plus émouvants de 2026. Présenté en clôture de la sélection Un Certain Regard lors de la dernière édition du festival de Cannes, Ulysse est directement inspiré de la vie de sa réalisatrice, Laetitia Masson. Comme le personnage qu’interprète Elodie Bouchez, la cinéaste a dû composer avec le handicap de son fils, Alphonse Roberts. Celui-ci interprète d’ailleurs la version adulte d’Ulysse dans le film. Malgré son sujet, ce long-métrage bouleversant n’est jamais plombant et ne verse à aucun moment dans la sensiblerie. Il y règne, au contraire, une certaine luminosité et une forme d’espoir. Une œuvre aussi puissante que sensible, portée par l’extraordinaire Elodie Bouchez dans l’un de ses plus beaux rôles.
Recommandation : 4 cœurs
Antoine Le Fur
Deviens génial de Léo Grandperret - Avec Manu Payet, Melha Bedia, Marie-Julie Baup…
Mathias Bertin, professeur d’espagnol (Manu Payet) fait une demande de mutation pour enseigner dans la ville où se sont installées son ex-femme et surtout sa fille, sans laquelle il ne peut pas vivre. Sa demande semble tomber à pic : un poste se libère dans le lycée qu’il convoite. Hélas, c’est un prof d’allemand qui est requis. Qu’à celà ne tienne ! Mathias bidouille le système informatique, et le voilà nommé, sans savoir que son prédécesseur avait prévu un voyage en Allemagne pour ses élèves et que l’expédition avait été mise au point par Iris, une débutante en la matière (Melha Bedia). Une série de « tuiles » l’attend et il ne parle pas un mot d’allemand ! Heureusement, il a emmené avec lui une jeune femme, prof de musique, aussi charmante que pragmatique et posée (Marie-Julie Baup, divine)…Cela va quand même chauffer et…rigoler.
Pour son premier long métrage, Léo Grandperret nous embarque dans une comédie conçue comme un hommage fantaisiste aux enseignants. Porté par un Manu Payet en pleine forme, visiblement enchanté d’endosser un personnage de prof écrit pour lui, à la fois rusé, empathique et généreux, Deviens génial est truffé de références à des films aussi désopilants que Les Virtuoses et Nos jours heureux, avec un clin d’oeil final au plus sérieux Cercle des poètes disparus. Ce premier film n’est pas sans maladresses ni clichés. Mais y prévaut une bonne humeur, souvent franche, parfois potache ou teintée de mélancolie. Et dans cette histoire tournée sans chichi par des comédiens qui semblent s’amuser, c’est cela qui compte. A voir en famille.
Recommandation : 2 cœurs
Dominique Poncet
Jim Queen de Marco N’Guyen et Nicolas Athan - film d’animation.
Jim, icône gay, corps de rêve et narcissisme sans pareil, attrape l’hétérose, un virus qui transforme les homos en hétéros. Catastrophe : comme ses copains atteints du même mal, Jim commence à grossir, à perdre ses abdos, à aimer le foot et à regarder les filles. Complètement affolé, il cherche l’antidote, en vain. Ses anciens admirateurs lui tournent le dos, tous, à l’exception de Lucien, un introverti maladif qui n’arrive pas à avouer à ses parents qu’il est homo…
Pour leur premier long métrage d’animation, Marco N’Guyen et Nicolas Athane nous embarquent dans une épopée queer, crue et hilarante, produite par le studio angoumoisin Bobbypills, à qui l’on doit notamment les séries animées Les Kassos et Peepoodo. Non seulement Jim Queen, largement inspiré par la vie de Marco N’Guyen, est parfaitement documenté, mais il pose un regard à la fois joyeux, décalé et par moments potache, sur le monde gay, en réussissant l’exploit de ne jamais s’embourber dans le militantisme. « Follement » fantaisiste, truffé de jeux de mots marrants, Jim Queen est le film d’animation le plus gai qu’on ait vu depuis longtemps. Immanquable !
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Shana de Lila Pinell - Avec Eva Huault, Sékouba Doucouré, Noémie Lvovsky…
Shana (Eva Huault) est une jeune femme qui n’a pas vraiment de chance dans la vie. Mais qu’importe, elle affronte les galères du quotidien en compagnie de sa bande de copines. Le jour où sa grand-mère Marie (Geneviève Krief) décède, elle hérite d’une bague censée la protéger du mauvais œil. Un objet qui va lui être d’une grande utilité d’autant plus que c’est à ce moment-là que son compagnon toxique, Moïse (Sékouba Doucouré), réapparaît dans sa vie après avoir purgé une peine de prison…
Il y a un vrai charme qui se dégage de ce premier long-métrage réalisé en solo par la cinéaste Lila Pinelle (co-réalisatrice du remarqué Kiss & Cry avec Chloé Mahieu en 2017). Présenté à la Quinzaine des Cinéastes lors de la dernière édition du festival de Cannes, Shana ne brille pas vraiment par son scénario, assez mince. Toutefois, malgré ses faiblesses scénaristiques, le film emporte l’adhésion du spectateur grâce à son énergie communicative et au jeu si particulier de son héroïne, interprétée par la divine Eva Huault. Une actrice dont le cinéma français ne peut plus se passer et c’est tant mieux !
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
La Baleine et le musicien de Valentin Paoli - Documentaire avec Rone.
Ayant découvert, grâce à des vidéos de marins pêcheurs, que sa musique semble attirer les cétacés, le compositeur Erwan Castex, alias Rone, embarque à bord d’un voilier au large de l’Île de la Réunion. Accompagné de scientifiques, parmi lesquels un bioacousticien, il va tenter d’établir un dialogue musical avec une baleine à bosse, en plongeant dans l’eau des hauts-parleurs et des micros. Lui répondra-t-elle ?…
On entre dans ce documentaire comme dans un film à suspense, en se demandant si oui ou non, par l’intermédiaire des créations de l’un des compositeurs français les plus connus de musique électro, l’homme va pouvoir entrer en communication avec ces mammifères marins que sont les cétacés. Passionnant début d’un film dans lequel, d’abord seul chez lui dans son studio d’enregistrement, puis entouré de scientifiques sur un bateau-laboratoire en plein Océan Indien, un musicien s’interroge, avec humilité sur l’impact et l’issue de l’expérience qu’il va mener sur les cétacés, en allant porter sa musique au coeur du milieu où ils vivent. Dommage que les propos finissent par tourner en rond, sans déboucher sur grand-chose. Pour les amateurs de cétacés et d’images sous-marines. Évidemment aussi, pour les fans de Rone.
Recommandation : 2 cœurs
Dominique Poncet
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