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Les caprices de l’enfant roi de Michel Leclerc - Avec Artus, Julia Piaton, Franck Dubosc, Doria Tillier…
Dans la France de 1651, Louis XIV (Niels Hamen-Brochen) est un jeune adolescent. Alors que la Fronde menace l’équilibre du royaume, sa mère, Anne d’Autriche (Doria Tillier), décide de l’exfiltrer de Versailles et de le remplacer par un sosie, grâce à l’entremise de D’Artagnan (Franck Dubosc). Confié à Cyrano de Bergerac (Artus), le jeune monarque découvre peu à peu les plaisirs, l’art et le théâtre grâce à la troupe de Madeleine Béjart (Julia Piaton) et Molière (Nemo Schiffman)…
C’est une première. Jusqu’à présent, Michel Leclerc (Le Nom des gens, La Lutte des Classes…) ne s’était jamais frotté au registre, assez périlleux il faut bien le dire, du film d’époque. C’est désormais chose faite avec Les Caprices de l’Enfant Roi, comédie en costumes qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Philippe de Broca ou Jean-Paul Rappeneau. Même si le film s’éparpille et a parfois du mal à tenir sur la longueur, il n’en demeure pas moins savoureux, notamment dans ses dialogues et son énergie communicative. Résultat, un excellent divertissement pour toute la famille !
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
L’Etrangère de Gaya Jiji - Avec Zar Amir, Alexis Manenti, Amr Waked…
Selma (Zar Amir) a fui la Syrie en laissant derrière elle un fils de 6 ans et un mari disparu dans les geôles du régime. Après un périple dangereux, elle s’est installée à Bordeaux où elle enchaîne les boulots au noir, avec dans la tête l’idée d’obtenir le droit d’asile, ce qui lui permettrait d’entamer les démarches pour faire venir son petit garçon auprès d’elle. Le hasard fait qu’elle rencontre un avocat (Alexis Manenti). D’abord touché par son récit, ce dernier entame une relation avec elle. Mais un événement inattendu survient, qui va bouleverser Selma …
Sept ans après Mon tissu préféré, son premier long métrage, la cinéaste, scénariste et actrice syrienne Gaya Jiji revient à la réalisation avec ce drame inspiré par sa propre histoire. D’emblée, on est saisi par le réalisme et la grande sobriété de ce film bien construit, essentiellement concentré sur son héroïne, Selma, sa détermination, son courage, ses chagrins et ses battements de cœur. C’est d’ailleurs l’un des grands atouts de cette Étrangère, celle qui l’incarne, l’actrice iranienne Zar Amir, étant une comédienne d’une présence et d’une empathie exceptionnelles. On se souvient encore de l’ovation qu’elle déclencha à Cannes lorsqu’elle reçut le prix d’interprétation féminine à Cannes pour sa prestation dans Les Nuits de Mashhad d’Ali Abbasi. Avec elle au générique de ce nouveau film, Alexis Manenti, un formidable comédien français qu’on retrouve toujours avec bonheur sur le grand écran.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Maspalomas de Jose Mari Goenaga et Aitor Arregi - Avec José Ramón Soroiz, Nagore Aranburu…
2018. Vicente (Jose Ramon Soroiz, époustouflant d’aisance et de sobriété) coule une retraite paisible auprès de son ami Ramon, à Maspalomas, une station balnéaire des Canaries essentiellement fréquentée par des gays, surtout âgés. Entre son chien Argi et les rencontres sexuelles qu’il fait au hasard de ses balades au bord de la mer, ses jours passent plutôt agréablement. Un AVC, soudain et grave, va bousculer sa tranquillité. Ne voulant pas s’occuper de lui, sa fille (Nagore Aranburu) le ramène au pays basque, dans un ehpad. A 76 ans, Vicente prend alors conscience de sa vieillesse et redécouvre l’hypocrisie sociale. Dans ce milieu bourgeois, bien pensant et souvent homophobe, va t-il pouvoir continuer à être lui-même ?
Au cinéma, rares sont les fictions qui traitent de la sexualité des personnes âgées, et en particulier de celle des gays. L’exercice est difficile. Il exige du culot, de la pudeur, de l’élégance, du sentiment et du… réalisme, sans tomber dans le voyeurisme et la vulgarité. Jusqu’où ne pas aller trop loin, sans pourtant ne rien édulcorer…C’est le miracle de ce film réalisé par les cinéastes espagnols Aitor Arregi et José Mari Goenaga. Outre qu’il traite, avec une sobriété pourtant parfois très crue, de la sexualité souvent joyeuse et assumée des gays vieillissants, ce récit nous fait pénétrer avec la même émotion dans deux univers complètements opposés, celui, très ouvert et épanouissant des lieux de drague gay et celui, au contraire très frustrant et régressif des maisons de retraite. Attention : bien que n’étant assujetti à aucune interdiction, Maspalomas n’est pas à mettre devant tous les yeux.
Recommandation : 3 cœurs
Dominique Poncet
Seuls les rebelles de Danielle Arbid - Avec Hiam Abbass, Amine Benrachid, Shaden Fakih…
Un soir, à Beyrouth, Suzanne (Hiam Abbass), Libanaise d’origine palestinienne d’une soixante d’années, fait la connaissance d’Osmane (Amine Benrachid), un migrant sans papiers beaucoup plus jeune qu’elle. Malgré leurs différences d’âges, de nationalités et de couleurs de peau, tous deux vont s’aimer passionnément alors qu’autour d’eux, le Liban se retrouve au bord du précipice…
À l’origine, Danielle Arbid (Peur De Rien, Passion Simple…) devait réaliser son film au Liban. Mais les bombardements israéliens en ont décidé autrement. Seuls les rebelles a finalement été tourné en studio, en France. Un art de l’artifice que l’on peut saluer mais qui a également ses limites, tant il peut vraiment mettre le spectateur à distance du film. En dépit de ses choix formels, ce nouveau long-métrage de la réalisatrice libanaise reste tout de même assez puissant dans ce qu’il raconte sur la société de son pays d’origine. Surtout, il offre un nouveau rôle d’envergure à la toujours parfaite Hiam Abbass, impériale en femme amoureuse défiant les convenances.
Recommandation : 3 cœurs
Antoine Le Fur
Eruption de Pete Ohs - Avec Charli XCX, Lena Cora…
Bethany (Charli XCX) est en vacances à Varsovie avec son fiancé qui compte en profiter pour lui demander sa main. Lors d’une virée solitaire, elle croise, pas tout à fait par hasard, Nel, une amie d’enfance devenue fleuriste avec laquelle elle a entretenu une relation passionnée. Au moment même de leurs retrouvailles, l’Etna entre en éruption. Le phénomène ne les étonne pas. Leur amitié a toujours été électrique On ne spoliera pas la suite…
Quel drôle de film que cet Eruption, le sixième du réalisateur américain Pete Ohs, encore inconnu en France ! Visiblement tourné et fabriqué à la va-vite par un petit groupe de créatifs, les uns derrière la caméra, les autres devant, sans scénario vraiment écrit (tout a été improvisé au fil des quinze petits jours de tournage à Varsovie), ce long métrage de seulement 71 minutes nous emporte avec une vraie légèreté et un charme fou dans une chronique sentimentale singulière. Atout supplémentaire, la productrice et scénariste Charli XCX y fait ses premiers pas d’actrice. Et c’est une jolie découverte. A voir, si on aime les promenades cinématographiques insolites.
Recommandation : 3 coeurs
Dominique Poncet
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