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  • Si tu penses bien de Géraldine Nakache - Avec Monia Chokri, Niels Schneider, Clémentine Célarié…

À Dubaï, Gil (Monia Chokri) rencontre Jacques (Niels Schneider). Entre ces deux expatriés, c’est le coup de foudre. Ils se marient, accueillent un enfant et reviennent s’installer en France. Mais peu à peu, la magie des débuts s’évapore et laisse place à une atmosphère de plus en plus oppressante. Jacques se met à contrôler la vie de sa femme sur de plus en plus d’aspects. Gil réalise alors qu’elle vit totalement sous l’emprise de son mari…

C’est une très belle surprise. Présenté dans la sélection « Cannes Première » lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Si tu penses bien n’avait, à première vue, pas grand-chose de rassurant. Encore un film sur l’emprise (ce n’est pas comme si le cinéma français ne s’était pas intéressé à ce sujet depuis plusieurs années maintenant), encore un long-métrage réalisé par Géraldine Nakache (comédienne talentueuse mais réalisatrice inégale)… Et pourtant, force est de constater que ce nouveau film de l’actrice française est une réussite. La bonne idée est d’avoir inscrit cette histoire dans la communauté juive. Cela donne un angle intéressant à cette histoire de domination qui, ici, prend une dimension nouvelle. Le personnage de Gil (qu’interprète magnifiquement Monia Chokri, prix d’interprétation féminine lors du dernier festival du film francophone d’Angoulême où Si tu penses bien était présenté) est enfermée, aussi bien dans son couple, que dans son rapport à la religion. Progressivement, le film prend des allures de thriller et devient totalement captivant. Remarquable !

Recommandation : 4 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Histoires de la nuit de Léa Mysius - Avec Hafsia Herzi, Benoît Magimel, Bastien Bouillon, Monica Bellucci…

Thomas (Bastien Bouillon), Nora (Hafsia Herzi), et la fille de cette dernière, Ida, vivent dans un hameau isolé du Limousin. Ils n’ont pas de voisins, exceptée Cristina, une peintre italienne en manque d’inspiration (Monica Bellucci), qui est devenue leur amie et protectrice. Le soir de l’anniversaire de Nora, Thomas lui prépare une fête. C’est alors que deux hommes, deux frères, surgis de nulle part, vont s’inviter, bientôt suivis par leur aîné (Benoît Magimel). La soirée va tourner au cauchemar. Très vite, on va comprendre que Nora pourrait bien être la cause de ce déferlement de violence. La situation dégénère, couteaux et pistolets sortent de leur étui. Mais Nora est-elle vraiment celle qu’ elle prétend être ? 

Après les très réussis Ava (2017) et Les cinq diables (2022), Léa Mysius revient  avec cet Histoires de la nuit, un thriller  tiré du copieux roman éponyme - 600 pages - de Laurent Mauvignier (récent prix Goncourt 2025 pour La Maison vide). Pour l’adapter au grand écran, Léa Mysius a tranché. Elle a délibérément ignoré les multiples récits parallèles qui irriguent l’intrigue principale du roman et elle  a concentré son scénario sur la soirée sanglante qui met face à face tous les personnages principaux. Si son film y perd en profondeur psychologique, il y gagne en intensité et en clarté. Et puis, il est ici servi par une photo magnifique et surtout par un casting hors pair. Hafsia Herzi joue l'ambiguïté de son personnage avec la détermination qu’on lui connaît. Benoît Magimel aimante pour sa part l’écran dans son rôle de malfrat déglingué, tour à tour doucereux et implacable. Histoires de la nuit est reparti bredouille du dernier festival de Cannes où il était présenté en compétition. Pourtant, même s’il risque de laisser sur leur faim les fans du roman de Mauvignier à cause de sa simplification scénaristique, il vaut le coup d’être vu pour le jeu de ses acteurs, ses dialogues (indéniablement Léa Mysius, scénariste, entre autres de Desplechin et de Jacques Audiard, sait écrire), sa tension et sa beauté formelle.

Recommandation : 4 cœurs

Dominique Poncet

 

  • La vie en relief : Jacques Henri Lartigue de Denis Gaubert - Avec les voix de Luàna Bajrami (la narratrice) et Hervé Pierre (le narrateur)

Paris, 1903. Jacques, un petit garçon de neuf ans, emprunte l’appareil photo stéréoscopique de son père, qui photographie en relief. Pendant les 25 années suivantes, il ne cessera de capturer tout ce qu’il aime, en trois dimensions et en amateur, sans songer ni à les montrer et encore moins à les monnayer puisqu’il veut devenir peintre. Découverts en 1962 par le directeur d’une agence, ses clichés qui racontent  à la fois le monde dans lequel ils ont vu le jour (La Belle ÉpoqueLa Guerre de 14-18 et Les Années Folles) et aussi l’intimité de la famille Lartigue, font l’objet d’une exposition au MoMa à New York. La notoriété s’abat alors sur leur auteur. Jacques Henri Lartigue qui vivotait comme artiste-peintre devient alors un photographe professionnel de renommée internationale. On va l’aduler pour les photos de mode et les portraits officiels qu’on lui commande désormais dans le monde entier, mais on va aussi (surtout ?) l’admirer pour les photos en relief de ses débuts, de véritables petits chefs-d'œuvre qui saisissent, comme jamais auparavant, la beauté et le mouvement du réel…

C’est une partie de ces clichés qui constitue le cœur de ce documentaire sans équivalent. Sur les 120 000 réalisés par Lartigue entre 1902 et 1986, Denis Gaubert et son monteur en ont retenu 5000. Patiemment restaurés pendant 4 ans (sans intelligence artificielle), ils sont ici présentés accompagnés de judicieux et malicieux commentaires, au rythme de musiques qui les enveloppent avec un goût exquis. Envoûtant, passionnant et jubilatoire, ce documentaire se  regarde avec des lunettes 3 D. 

Recommandation : 4 coeurs

Dominique Poncet

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