A voir au cinéma cette semaine

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4/5

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  • Les Misérables de Fred Cavayé -  Avec Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe, Noémie Merlant…

Après 19 ans de bagne sous le joug de l’impitoyable inspecteur Javert (Tahar Rahim), Jean Valjean (Vincent Lindon) dont le seul délit avait été de voler un pain pour nourrir ses petits neveux, est libéré. En quête de rédemption, il devient, sous le nom de monsieur Madeleine, le maire de Montreuil-sur-mer et le patron d’une petite usine de verroterie. A la mairie, comme à l’usine, on le respecte, pour sa générosité et sa droiture. Un jour, il vient en aide à une de ses employées, Fantine (Noémie Merlant). A la jeune femme qui se meurt, il promet de s’occuper de Cosette (Megan Northam), sa fille maltraitée par les Thénardier, un couple cynique et cupide (Camille Cottin et Benjamin Lavernhe). Mais Javert se rappelle à lui. Une course poursuite s’engage, haletante, dans un Paris chambardé par l’insurrection républicaine.

Après Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo, voici porté sur le grand écran par Fred Cavayé, Les Misérables, un autre monument de la littérature française populaire du XIX° siècle. Comment faire revivre en un seul film un roman qui compte 530 000 mots, en conservant son souffle, le charisme de ses personnages (dont son héros, Jean Valjean), son romantisme, son humanisme et sa dimension historique ? La gageure était de taille. Fred Cavayé a relevé le défi. Avec un budget de 33 millions d’euros, le réalisateur a réussi à garder l’esprit et la lettre du chef d'œuvre de Victor Hugo, et à donner à son film la forme d’une épopée sociale visible par tous les publics. Son meilleur atout ? Son casting, emmené par un Vincent Lindon stupéfiant de vérité, de détermination et de compassion dans le rôle de Jean Valjean et un Tahar Rahim en Javert, qui sous une sidérante opacité parvient à exprimer ses doutes et sa difficulté à vivre. Trop fort cet acteur !   

 Recommandation : 4 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Minotaure d'Andreï Zviaguintsev - Avec Dmitri Mazourov, Iris Lebedeva, Boris Koudrine…

Russie, 2022. Gleb (Dmitri Mazourov) est un chef d’entreprise qui a tout pour être heureux. Mais derrière la façade et les sourires, la réalité est bien différente. Alors que se dessine la guerre en Ukraine dont les conséquences sont particulièrement importantes sur la société qu’il dirige, Gleb découvre que sa femme Galina (Iris Lebedeva) le trompe. Il bascule dans une forme d’obsession qui, bien vite, se transforme en violence…

Lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Minotaure est reparti avec le Grand Prix. Une récompense plus que méritée même, si de nombreux festivaliers auraient tout simplement vu le nouveau film d’Andreï Zviaguintsev comme le lauréat de la Palme d’or à la place de Fjord de Cristian Mungiu. Qu’importe cette deuxième place, ce nouveau long-métrage du cinéaste russe, de retour après neuf ans d’absence suite à des problèmes de santé, est probablement l’un des plus grands films de 2026. En transposant le classique chabrolien La Femme infidèle dans la Russie contemporaine, le réalisateur signe une œuvre qui explore en profondeur les racines de son pays d’origine. Tendu de bout en bout, Minotaure est de ces films dont chaque plan est une véritable leçon de cinéma. Plus qu’un film, une Masterclass. 

Recommandation : 5 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • Le Corset de Louis Clichy - Animation.

Au cœur de la Beauce à la fin des années 1980. Christophe, un jeune garçon de onze ans, fils d’agriculteurs, a un problème. Où qu’il soit, à l’école ou sur le tracteur de son père, il penche et tombe. C’est très embêtant. Pour redresser sa colonne vertébrale, les médecins lui prescrivent un corset métallique qui lui monte jusqu’au menton et qu’il va devoir porter jour et nuit, pendant plusieurs années. Malgré les moqueries de ses copains, Christophe ne s’effondre pas, au contraire. Vif et curieux, il se prend de passion pour l’orgue de son église et développe une soif de liberté qui va l’amener à sortir de son quotidien. Clara, une fille un peu plus grande que lui, va lui montrer le chemin de l’émancipation…

Après être passé par Pixar et avoir co-réalisé avec Alexandre Astier Astérix : le domaine des Dieux et Astérix : le secret de la potion magique, Louis Landry s’est aventuré seul dans un premier long métrage très personnel. Un récit autobiographique réalisé en 2 D où, à travers des aquarelles à l’encre de chine d’une délicatesse et d’une beauté inouïes, il relate son enfance de fils de parents agriculteurs, une enfance d’autant plus difficile qu’en plus d’avoir à supporter un corset de fer, il devait composer face à un père aimant mais taiseux et autoritaire. Bien que réalistes, les dialogues et les situations de ce Corset, recèlent des trouvailles d’une poésie folle. Son univers graphique envoûte, enchante et émeut, et les thèmes qu’il aborde comme le courage, la relation père-enfant, les difficultés du monde agricole sont traités de façon passionnante. C’est, en son genre, et sans exagération, un chef d'œuvre. Il n’est pas étonnant qu’il ait reçu, à Cannes, le Prix du jury Un certain regard, et au festival du film d’animation d’Annecy, le prix du public et du jury. Pour tous, à partir de 10 ans. 

Recommandation : 5 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Mochy de Jérémie Degruson et Yanis Belaïd - Animation.

Un cœur gros comme ça, une gentillesse à toute épreuve et une malice irrésistible… Mochy croyait avoir tout pour séduire. C’était sans connaître l’importance du paraître dans notre société. Car lui, petit chiot né sans poil, hormis un épi sur le haut de son crâne, avec un nez proéminent, une dentition en bataille et une queue en tire-bouchon, était loin de correspondre aux critères de beauté à la mode chez ses camarades à quatre pattes. Les gens le trouvent si moche que personne ne veut s’en occuper. Ses maîtres l’abandonnent dans la rue. Mais Mochy  qui est courageux, naïf  et intrépide va tout faire pour se faire adopter par l’humain qui l’aimera pour ce qu’il est vraiment…

Comment ne pas fondre devant le dernier-né des studios d’animation belges enWawe basés à Bruxelles ? Avec son drôle de physique et son caractère joyeux, cet attachant petit chien nous embarque dans un récit bourré d’aventures, qui va célébrer, pêle-mêle, la bienveillance, le partage, la solidarité, la tolérance et la persévérance, sans oublier de montrer à quel point les humains peuvent être parfois révoltants dans leur façon de ne pas assumer leurs responsabilités. Tout fait craquer dans ce film : le scénario, les personnages, humains et animaux, et le rythme. Délicieusement tous publics à partir de cinq ans.

 Recommandation: 4 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Où vont les âmes de Brigitte Poupart - Avec Monica Chokri, Sylvie Testud, Julianne Côté…

Anna (Sara Montpetit), 18 ans, est atteinte d’une maladie incurable. Elle décide alors de demander l’aide médicale à mourir. Mais avant de recevoir l’injection qui abrègera ses souffrances, la jeune fille décide de se laisser quinze jours de manière à renouer avec ses deux demi-sœurs, Eve (Monia Chokri) et Eléonore (Julianne Côté), à qui elle ne parle plus depuis maintenant plusieurs années…

Malgré un sujet de départ assez difficile, il faut bien le dire, Où vont les âmes est un film qui parvient à emporter le spectateur. Le pathos est soigneusement évité au profit d’une sobriété bienvenue. En dépit de certaines longueurs, ce long-métrage sensible et émouvant vaut surtout pour son impeccable quatuor d’actrices, à commencer par la jeune et épatante Sara Montpetit. Une belle révélation !

Recommandation : 4 cœurs

Antoine Le Fur

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