A voir au cinéma cette semaine

Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Et aussi

  • Karma de Guillaume Canet - Avec Marion Cotillard, Denis Ménochet, Leonardo Sbaraglia…

    Dans un petit village du Nord de l’Espagne, Jeanne (Marion Cotillard) essaie de refaire sa vie avec Daniel (Leonardo Sbaraglia) qui ignore tout de son passé. Un jour, alors qu’elle est chargée, comme souvent, de la surveillance de Matéo, un petit garçon de 8 ans, ce dernier disparaît. La police la soupçonnant d’être responsable, Jeanne s’enfuit en France et se réfugie dans une communauté religieuse, endogame et sectaire, où elle était née et avait grandi sous le joug de Marc, un gourou autoritaire et brutal (Denis Ménochet). Elle se retrouve volontairement de nouveau enfermée dans cette communauté qu’elle avait fui six ans auparavant. Heureusement, Daniel s’active parallèlement pour retrouver celle qu’il aime et qu’il croit innocente.

    Après le ratage, en 2023, de son Astérix, Guillaume Canet revient à la réalisation dans un genre qui lui avait jusqu’à maintenant plutôt réussi, le thriller psychologique (Ne le dis à personne et Blood Ties). Il avait annoncé écrire ce Karma pour Marion Cotillard, son ancienne compagne et mère de ses deux enfants. Le cinéaste a-t-il voulu trop bien faire, ou donner une amplitude particulière à un scénario dont l’ambition était de dénoncer la maltraitance des femmes et la malfaisance et l’emprise des sectes ? Son intrigue principale, qui se suffit largement à elle-même, se dissout dans des détours alambiqués qui l’alourdissent, ne lui apportent rien, et même, par moments, la décrédibilisent. Malgré son talent, dans son rôle de femme abimée et traumatisée, Marion Cotillard ne parvient pas à provoquer l’empathie pour sa Jeanne. Reste Denis Ménochet, qui, dans le personnage de Marc écrit sur mesure pour lui, fascine et impressionne une fois encore par son imposante présence et l’intensité de son jeu. Magistral, le comédien mérite le déplacement.

    Recommandation : 2 cœurs

    Dominique Poncet

     

  • Wicker d’Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson - Avec Olivia Colman et Alexander Skarsgard…

    Dans un village d’un pays et d’un lieu volontairement indéterminés (on est délibérément dans l’univers des contes), vit une pêcheuse indépendante et solitaire (Olivia Colman). Elle est la seule femme de la commune qui assure elle-même sa subsistance, les autres ne survivant que grâce à leur mari, dont le métier les définit : la femme du tailleur, la femme du boulanger, celle du boucher… Parce qu’elle sent le poisson, la pêcheuse est moquée et ostracisée. Elle n’en a cure, jusqu’au jour où, décidant qu’elle aussi a droit à un homme, elle s’en va commander au maître vannier (Peter Dinklage, facétieux comme jamais) un « mari d’osier ». Ce mari pas comme les autres (Alexander Skarsgard) et la pêcheuse malodorante s’éprennent si follement l’un de l’autre, jusqu’à casser leur lit, qu’ils sèment l’émoi dans la population. Bientôt, ils attisent les convoitises, les jalousies et les fantasmes des femmes du village. La zizanie va s’installer. La violence aussi…

    Adapté de la nouvelle éponyme de Ursulla Wills-Jones, le nouvel opus d’Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson nous embarque dans un film assez inclassable, qui mêle, avec beaucoup de burlesque,de malice et de brio, la fable, la comédie romantique sexy, la tragédie, le récit fantastique et le brûlot féministe. Si la narration et la réalisation de cet OVNI cinématographique nous séduisent, l’interprétation nous emporte. En pêcheuse, d’abord négligée et un brin arrogante, puis, radieuse en amoureuse comblée, Olivia Colman embrase le film par la justesse de son jeu si délié. Bien que caché sous son enveloppe d’osier, Alexander Skarsgard séduit autant qu’il émeut dans ses dialogues par sa sincérité, son humanité et sa masculinité. Léger, audacieux et déroutant.

    Recommandation : 4 cœurs

    Dominique Poncet

     

  • Une femme d’aujourd’hui de Robert Guédiguian - Avec Marilou Aussilloux, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin…

    Juliette (Marilou Aussilloux) a trente ans et vit à Marseille. En apparence, la jeune femme a tout pour elle. Entre son poste prestigieux dans l’univers de la finance, sa belle maison et son célibat qu’elle vit en toute insouciance, rien ne semble pouvoir enrayer son bonheur. Jusqu’au jour où elle se retrouve victime d’une agression sexuelle de la part de l’un de ses collègues. Profondément traumatisée par cette épreuve, Juliette décide de redonner du sens à son existence. Et c’est auprès des plus démunis qu’elle entend désormais travailler…

    Un film de Robert Guédiguian n’est jamais totalement raté. Difficile de ne pas faire preuve d’empathie pour son cinéma qui regorge de belles valeurs. Toutefois, si ses films ne sont effectivement pas ratés, cela ne veut pas dire qu’ils sont forcément bons. Et cela est notamment le cas de son dernier long-métrage, Une femme d’aujourd’hui. Malgré une première partie plutôt intéressante, le film peine à surprendre en raison d’un scénario assez faible et bien trop naïf à certains moments. Idéaliste et maladroite, cette œuvre mineure dans sa filmographie, mérite néanmoins le détour pour sa fidèle troupe de comédiens ainsi que pour sa nouvelle actrice fétiche, Marilou Aussilloux, qu’il retrouve une seconde fois après La Pie voleuse. Disons que ça limite la casse.

    Recommandation : 3 cœurs

    Antoine Le Fur

     

  • La Gradiva de Marine Atlan - Avec Antonia Buresi, Colas Quignard, Suzanne Gérin, Mitia Capellier- Audat…

    Sous la houlette de leur professeur de latin, Mme Mercier (formidable Antonia Buresi), des élèves de terminale partent en voyage scolaire. Direction Naples et les ruines de Pompéi. Ils forment un groupe à la fois uni par la camaraderie malgré quelques disputes, et disparate à cause de leurs différences. L’occasion pour la réalisatrice de proposer une série de portraits d’adolescents à l’aube de leur vie d’adulte, dans leurs tourments, leurs aspirations, leur sensibilité, leurs états d’âme et leurs délires. Passionnant à décrypter, le tableau de cette jeunesse est plus sombre qu’on pouvait s’y attendre. Il passe de la chronique chorale au drame, avec la découverte, sur une plage, du corps d’un des élèves, un jeune homosexuel désenchanté…

    La cheffe-opératrice Marine Atlan (Le Ravissement, Les Reines du drame) passe derrière la caméra pour un premier film qui questionne l’adolescence. Coup d’essai, coup de maître. Formellement très beau, très maîtrisé, joué par une troupe d’acteurs professionnels et amateurs magnifiquement dirigés, La Gradiva (en latin : « Celle qui avance ») a subjugué, à Cannes, le jury de la Semaine de la critique qui lui a décerné son grand prix à l’unanimité. Vertigineux et émouvant.

    Recommandation : 4 cœurs

    Dominique Poncet 

     

  • Marie-Madeleine de Gessica Généus- Avec Gessica Généus, Béonard Monteau…

    A Jacmel, en Haïti, Marie-Madeleine (Gessica Généus) est une prostituée très libre, qui vit sans foi, selon sa loi. Un jour, victime d’une hémorragie consécutive à un avortement, elle tombe dans les pommes dans une rue près de la maison close qui l’emploie. En dépit des quolibets des passants, un homme nommé Joseph, photographe amateur à ses heures, lui porte secours. C’est le fils du pasteur évangéliste responsable de l’église située juste en face du bordel. Entre Marie-Madeleine et Joseph, que pourtant tout oppose, naît à la fois une attirance (asexuée) et un sentiment de respect…Nous sommes en Haïti, un des pays les plus dangereux et les plus pauvres du monde, où christianisme et paganisme ne cessent de s’opposer à travers des démonstrations spectaculaires et musicales, punitives ou festives, toujours colorées et qui évoquent la transe, mais sans jamais se retrouver…

    En 2021, avec ce coup de pouce que représente une sélection à Cannes, Frida, son premier long-métrage tourné à Port-au-Prince, avait apporté d’emblée à sa réalisatrice, Gessica Généus, une reconnaissance internationale. Après un nouveau passage par Cannes, dans la sélection Première, la cinéaste haïtienne revient sur le grand écran avec ce Marie-Madeleine qu’elle a tourné également en Haïti. Si son film n’est pas exempt de défauts (on aurait aimé, par exemple, que le personnage de Joseph soit plus étoffé), il captive par sa mise en scène colorée et flamboyante, qui donne à voir et à comprendre le chaos et les contradictions de son pays, sa vitalité et sa violence aussi. Le personnage de Marie-Madeleine, putain flamboyante au grand cœur, joué avec un naturel exubérant par Gessica Généus, n’est pas non plus pour rien dans la séduction qu’exerce ce film. 

    Recommandation : 3 cœurs

    Dominique Poncet

     

  • Shaun le mouton : la bêêête d’Halloween de Steve Cox et Matthew Walker. Animation.

    A l’approche d’Halloween, Shaun le mouton est désespéré : le fermier a détruit les citrouilles qu’il avait fait pousser, avec les camarades de son troupeau, pour faire la fête. Jamais à court d’idées, Il décide d’élaborer une potion miracle pour faire repousser les fruits à toute allure. Sans le faire exprès, il verse le reste de son fertilisant dans la bouteille du produit capillaire du fermier. Patatras : le lendemain, ce dernier se réveille hirsute, et il aura beau faire, son aspect empirera, jusqu’au jour où…

    Les années passent, et Shaun, créé pour la télévision voilà plus de trente ans dans le studio d’animation britannique Aardman, n’a toujours pas perdu une once de son charisme et de son charme. A chaque fois qu’il réapparaît au ciné, le malicieux mouton provoque l’enthousiasme de ses fans. Après six ans d’absence sur le grand écran, il revient en savant fou dans un récit rocambolesque qui évoque le monde de Frankenstein. Dans ce nouvel opus, toujours animé pas à pas par des petits personnages en pâte à modeler, il n’y a toujours pas de dialogues, mais quelle poésie, quelle inventivité et quelle drôlerie ! Les petits seront ravis, et les grands aussi.

    Recommandation : 4 cœurs

    Dominique Poncet

Ajouter un commentaire

Votre adresse email est uniquement visible par Culture-Tops pour vous répondre en privé si vous le souhaitez.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Vous pourriez aussi être intéressé