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3/5

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  • Un silence de Joachim Lafosse -  Avec Daniel Auteuil, Emmanuelle Devos, Matthieu Galoux…

François Schaar (Daniel Auteuil) est un célèbre avocat qui cache un lourd secret. Sa femme Astrid (Emmanuelle Devos), silencieuse et dévouée, le protège depuis 25 ans. Cet équilibre vacille le jour où leurs enfants se mettent en quête de justice…

Les films de Joachim Lafosse sont souvent empreints d’une violence sourde, latente. Le danger rôde, de manière insidieuse. C’est le spectre de l’infanticide dans À perdre la raison (2012), celui de la folie dans Les Intranquilles (2021)… Dans Un Silence, son nouveau long-métrage, le cinéaste belge s’intéresse au secret trop longtemps enfoui qui menace de faire voler en éclats la vie d’un couple de bourgeois de province. On songe évidemment au cinéma de Claude Chabrol dans cette peinture au vitriol de la classe aisée, en apparence trop parfaite et donc forcément suspecte. Mise en scène maîtrisée de bout en bout, scénario implacable et interprétations magistrales (cela faisait longtemps que Daniel Auteuil n’avait pas été aussi juste), ce Silence est certainement l’un des plus grands chocs cinématographiques de ce début d’année.

 Recommandation : 5 cœurs

 Antoine Le Fur

 

  • Si seulement je pouvais hiberner de Zoljargal Purevdash- Avec Nominjiguur Tsend, Battsooj Uurtsaikh…

Ulzii, un adolescent d’un quartier défavorisé d’Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie, semble avoir les atouts pour gagner un concours national de sciences physiques qui lui permettrait d’obtenir une bourse d’études et le sortir de la misère. Mais pour l’adolescent, l’épreuve s’avère particulièrement difficile : ainé d’une fratrie de trois enfants délaissée par leur mère, veuve, illettrée et alcoolique, il doit, parallèlement à ses études, trouver des solutions pour subvenir aux besoins de son frère et de sa sœur : manger, se soigner, et aussi se chauffer, car tous les trois vivent dans une yourte, et l’hiver, dans cette région du monde, la température peut descendre à -35°… On va voir Ulzii se battre, se mettre en danger, tomber, et se relever, avec un courage et une dignité exemplaires …

Quand ce film (le premier de la réalisatrice mongole Zoljargal Purevdash) avait été montré dans le cadre de la sélection Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes, il avait mis les larmes aux yeux de la salle qui l’avait longuement ovationné… Comment recevoir autrement qu’entre émotion et enthousiasme, ce drame social (et politique), inspiré à la cinéaste par des histoires vécues. Dirigé à la perfection, il est mis en scène avec une précision et un réalisme étonnants, et surtout son scénario est d’une telle subtilité et d’une telle authenticité qu’il évite les deux écueils sur lesquels s’échoue ce genre de film, le misérabilisme et le militantisme. Cadré magnifiquement, Si seulement je pouvais hiberner  est sans doute l’un des films les plus passionnants, courageux et sincères de ce début d’année. 

Recommandation : 4 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Scrapper de Charlotte Regan - Avec Lola Campbell, Harris Dickinson, Alin Uzun…

Georgie (Lola Campbell) a douze ans et vit seule depuis la mort de sa mère. Son quotidien précaire est fait de petites combines et de gentils mensonges qu’elle raconte à son entourage. Tout bascule le jour où Jason (Harris Dickinson), un jeune homme qu’elle ne connaît pas, se présente comme étant son père…

Charlotte Regan est issue de cette fameuse « nouvelle vague » du cinéma britannique à laquelle appartiennent les réalisatrices Georgia Oakley (Blue Jean) ou Molly Manning Walker (How to Have Sex). Hasard ou coïncidence, cette dernière est d’ailleurs la directrice de la photographie de Scrapper. Ce premier long-métrage de Charlotte Regan est assez intéressant dans le regard qu’il porte sur l’enfance. La jeune Lola Campbell, qui fait ici ses débuts au cinéma, est assez bluffante dans le rôle de cette jeune fille malmenée par la vie. Hélas, le film peine à imposer son originalité cinématographique, laissant peu de traces dans la mémoire du spectateur.

 Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

 

  • La vie rêvée de Miss Fran de Rachel Lambert - Avec Daisy Ridley, Dave Merheje, Parvesh Cheena

 Fran (Daisy Ridley) est employée de bureau dans une petite société portuaire de l’Oregon. D’une timidité maladive qui lui interdit toute vie sociale, cette trentenaire célibataire mène une existence routinière et dénuée de toute fantaisie. Ses seuls moments d’évasion sont ceux des rêveries auxquelles elle s’abandonne et où elle parvient à exprimer ses pensées morbides. L’arrivée d’un nouveau collègue (l’acteur comique Dave Merheje) va la délivrer petit à petit du carcan de ses phobies sociales, jusqu’à changer sa vie ?…

Faire un film sur l’incommunicabilité à travers un personnage mutique et inexpressif, relève du coup de dés : soit le spectateur accroche et se laisse embarquer, soit il sombre dans l’ennui, ici, en l’occurrence, devant le visage obstinément fermé de son héroïne qui, pour couronner le tout, trimballe son mal être dans des décors d’une laideur fadasse. On peut toutefois saluer cet exploit de Daisy Ridley ( la Rey des derniers Star Wars) d’avoir réussi à conserver une impassibilité impressionnante pendant la majeure partie du film.  La vie rêvée de Miss Fran : pour les contemplatifs  et les fans de Dave Merheje, ici, tout en charme et singularité. 

Recommandation : 2 cœurs

Dominique Poncet

 

  • Bonnard, Pierre et Marthe de Martin Provost - Avec Cécile de France, Vincent Macaigne, Stacy Martin, Anouk Grinberg…

En 1893, le peintre Pierre Bonnard (Vincent Macaigne) fait la rencontre de l’énigmatique Marthe de Méligny (Cécile de France) qui devient son modèle. Grâce à elle, l’artiste rencontre enfin le succès. Pendant près de cinquante ans, le couple va s’aimer, se séparer pour mieux se retrouver…

En 2008, avec Séraphine, Martin Provost consacrait un film à la méconnue Séraphine de Senlis, peintre du début du XXème siècle aux origines modestes. Il faut croire que le réalisateur affectionne particulièrement la peinture puisqu’il signe de nouveau un long-métrage sur un artiste qui s’est distingué par ses toiles : Pierre Bonnard. Disciple de Claude Monnet, ce peintre n’aurait pas été tout à fait le même sans Marthe, cette femme mystérieuse qui a partagé sa vie pendant près d’un demi-siècle. Tel est le postulat de départ de Bonnard, Pierre et Marthe, film qui ne manque assurément pas de charme mais qui peine à se départir d’un trop grand académisme. Pour la palme de la singularité cinématographique, on repassera. Reste un tandem Cécile de France / Vincent Macaigne qui ne manque pas de panache.

Recommandation : 3 cœurs

Antoine Le Fur

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