Aimer Lawrence

Le vibrant hommage d'une femme qui s'y connaît...
De
Catherine Millet
Editions Flammarion - 300 pages
Notre recommandation
4/5

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Lu / Vu par Culture-Tops

Thème

Pendant deux années pleines, Catherine Millet s’est plongée dans l’œuvre toute entière de D.H. Lawrence (1885- 1930), a lu, annoté, pointé « Le Serpent à plumes », l’avant-dernier livre écrit par le Britannique : « Comme il arrive souvent dans les histoires d’amour, je n’aimai d’abord pas. Je prétextais d’un style qui n’était pas mon genre, désordonné, répétitif comme cela a été beaucoup reproché à l’auteur. Il est bien possible que la vraie raison ait été que je voulais me dérober à une question, une évidence : qu’est-ce que Catherine M. avait à dire de Constance Chatterley ? On n’aime pas répondre aux évidences »… 

Catherine Millet a persévéré. A plongé dans l’œuvre de l’auteur britannique. A écrit « Aimer Lawrence », texte de près de 300 pages en quatre parties : « L’Australie », « Mes ‘’femmes’’ », « Ce que veulent les femmes » et « Diamant noir ». 

A la lecture de cet « Aimer Lawrence », on ne peut qu’admettre qu’il y avait évidence pour cette rencontre de Catherine Millet avec D.H. Lawrence : d’un côté, l’auteure française du « livre le plus explicite à propos du sexe jamais écrit par une femme » (comme le souligna le romancier et critique américain Edmund White) ; de l’autre, un écrivain britannique qui fit frissonner des générations de lecteurs en racontant le plaisir au féminin…

Points forts

-Un texte brillant, érudit et limpide qui pose les questions, propose des réponses en appliquant la « méthode Millet » : plonger dans l’œuvre de D.H. Lawrence, en relever les grands thèmes puis les confronter à sa vie et ses expériences personnelles.

-La preuve que les grands thèmes étaient présents dans les textes du Britannique, écrits dans les années 1920. Fort à propos, Catherine Millet les rappelle : où en était-on alors du sexe au féminin ? et du désir, et de la liberté, de la libération ? Où en est-on aujourd’hui, au siècle du sexe 2.0 ?

-En croisant la route de Lady Chatterley, Catherine Millet chante son amour pour son créateur D.H. Lawrence, « à cause de sa figure de mauvais coucheur, à cause de l’extraordinaire sensibilité de son « écriture androgyne »,  dont parlait Anaïs Nin ».

-L’occasion, pour l’auteure de « La vie sexuelle de Catherine M. », de jouer sur l’ambivalence de Lawrence qui, lui si classique et quasi-conservateur dans ses idées et son rapport à la vie, vécut entouré de femmes libres,

Quelques réserves

Au fil du texte, parfois la sensation étrange que Catherine Millet se sert de D.H. Lawrence pour mieux et encore parler d’elle.

Encore un mot...

Un texte passionnant sur la condition féminine, le plaisir ou encore le désir, sur le féminisme d’hier et celui d’aujourd’hui...

Une phrase

- « Lawrence écrivant est absolument dépourvu de surmoi. Pas le moindre soupçon de scrupule moral ou d’idéologie qui viendrait brider le sentiment et l’imagination. Au fur et à mesure qu’il acquiert la maturité, il semble que Lawrence ait eu pour règle que si le principe de réalité convainc de l’impossibilité de réaliser ses rêves, il ne faut surtout pas pour autant renoncer à ces rêves ».

- « Non, Lawrence n’a pas remis la femme « à sa place », il a décrit avec une acuité extraordinaire les difficultés des femmes à la recherche d’une place nouvelle ».

L'auteur

Née le 1ᵉʳ avril 1948 à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), Catherine Millet est commissaire d'exposition. Après avoir débuté en 1968 comme critique d’art aux « Lettres françaises »- hebdomadaire dirigé par Louis Aragon, elle est directrice du  magazine spécialisé dans l’art contemporain, « artpress », qu’elle a co-fondé en 1972 avec le galeriste Daniel Templon et le collectionneur Hubert Goldet.

Elle est également romancière et essayiste. Parmi ses titres de gloire, « La vie sexuelle de Catherine M. », best-seller paru en 2001 et vendu à ce jour à 2 millions d’exemplaires; ou encore le très beau « Jour de souffrance » (2008).

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