Bertha, Nobel et la Paix

Alfred Nobel et Bertha von Suttner : un dialogue puissant et passionné pour la Paix
De
Marc Bressant
Espaces & Signes
Parution en mai 2023
71 pages
14 €
Notre recommandation
4/5

Infos & réservation

Lu / Vu par

Thème

Imaginez que deux inconnus décident de vous écrire pour vous dire en quelques lignes le pourquoi de leurs liens. S’ils le font, c’est pour vous témoigner les deux domaines ayant leurs prépondérances : le Suédois Alfred Nobel se dit l’inventeur et le roi de la dynamite. Passionné par la pacification de l’Europe, Nobel eut à un moment l’idée « d’écrire un livre qui s’attaquerait non seulement à la guerre, mais à tout ce qui maintenait le monde dans la misère et la bêtise », idée qu’il évoqua et transmit à son amie autrichienne Bertha von Suttner. La particularité de cette dernière fut d’être passionnée par le féminisme et le pacifisme tout en demeurant une militante laïque : elle sera par ailleurs l’auteure en 1899 de Bas les armes, puis celle de ses Mémoires en deux volumes parus en 1910, traduits de l’allemand par Ginn and Company et par Boston and London. Elle fut aussi la première femme à recevoir, en 1905, le Prix Nobel de la Paix.

Points forts

Le désir et la volonté réciproque d’Alfred Nobel (1833-1896) et de Bertha von Suttner (1843-1914) de croiser le fer des mots comme celui des idées et ils y triompheront l’un comme l’autre. La raison les conduit avec le paroxysme qu’est le but qu’ils se sont fixés : comment gagner la partie quand on veut imposer au monde entier l’abandon de toute guerre et la présence unique de la Paix ?

Quelques réserves

Aucune réserve car la puissance du texte de Bertha, Noble et la Paix est incontestable de bout en bout, chacun des deux héros maniant l’épée et le verbe avec autant de passion que de réflexion.

Encore un mot...

Faire face à un avis non partagé et en débattre jusqu’à l’épuisement a le goût d’une mer dans laquelle tout homme se jette sans savoir s’il en sera ou non le maître. 

Si Alfred Nobel est décédé vingt-huit ans avant la Première Guerre mondiale, son amie inconditionnelle Bertha von Suttner n’en connaîtra que les six premiers mois. Les quatre années de la Première Guerre mondiale laisseront en effet derrière elle 18,6 millions de morts. Les liens entre Alfred Nobel et Bertha von Suttner seront de plus en plus forts car, non content de lui écrire, Nobel eut la connaissance et la pratique de trois langues : le français, l’anglais et l’allemand s’ajoutant à ses deux langues maternelles : le russe et le suédois.

Parmi les nombreuses audaces de Bertha von Suttner, elle eut le toupet de dire à Stefan Zweig, auteur du superbe livre qui le rappelle dans Le Monde d’hier : « C’est déjà la guerre …Pourquoi ne faites-vous rien, vous les jeunes gens ? C’est vous que cela regarde au premier chef ! Défendez-vous, regroupez-vous ! Ne nous laissez pas tout faire, nous, quelques vieilles femmes que personne n’écoute ! "

Une phrase

  • « Pendant le séjour de Bertha et de son mari à Paris, Alfred Nobel leur avait déclaré : j’aimerais une substance ou une machine ayant un tel pouvoir d’annihilation massive que les guerres deviendraient impossibles »… et de renchérir : « Le jour où deux armées seront capables de s’annihiler l’une l’autre en une seconde, toutes les nations civilisées se détourneront de la guerre et supprimeront leurs forces armées. » (p. 35)
  • " C’est, à l’évidence, Bertha von Suttner qui aurait dû recevoir le premier prix de la Paix décerné en 1901…Chacun savait qu’Alfred Nobel avait institué cette récompense à sa suggestion, mais aussi en pensant à elle…Curieusement, c’est aux Etats-Unis, apparemment plus à l’abri des risques de conflits par leur situation géographique, comme par le souvenir des carnages de la guerre de Sécession, qu’elle obtint ses succès publics les plus éclatants. Elle y fit deux tournées triomphales de plusieurs mois en 1904, puis en 1912, acclamée par des auditoires enthousiastes et reçue à la Maison-Blanche. (p. 59 et 60)

L'auteur

Marc Bressant, né en 1938, est un diplomate, homme de télévision et écrivain. Ses publications sont nombreuses dont : L’Anniversaire (de Fallois, 1993 - Prix Jean Giono) ; La dernière conférence (de Fallois, 2008 - Grand Prix de L’Académie française) ; Brebis galeuses et moutons noirs, (de Fallois, 2014) ; Désir d’enfant (de Fallois, 2016 ) ; Un si petit territoire (de Fallois, 2017 ) ;  Mon cœur était français ( Michel de Maule, 2021) ; La cabane de l’anglais (Herodios, 2021).

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Ils viennent de sortir