Chronique du déclin français

Une étude remarquable, complète et aussi attractive que possible qui laisse à réfléchir
De
Jacques Julliard
Albin Michel
Parution en octobre 2023
363 pages
21,90 €
Notre recommandation
4/5

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Lu / Vu par

Thème

S'accrocher c’est se lancer quand le plus risqué est nécessaire. 

Le regard de Jacques Julliard prédomine sur toutes les faces de la France, ses choix mais aussi l’intérêt qu’il a pour ce pays par rapport aux autres. L’intérêt qu’il porte aux différents partis de gauche ou de droite est incontestable mais aussi l’espoir qu’il ressent pour tout ce qui laisse espérer un renouveau. Les sept parties choisies par Jacques Julliard dans sa Chronique du déclin français donnent à son dernier livre une force dans sa gestion de tout ce qui peut survenir dans les années futures. 

Points forts

Une superbe analyse de bout en bout, n’omettant rien de ce qui peut intervenir de manière positive ou négative avec une justesse qui est permanente. Se réinventer est permanent quand il le faut et s’en abstenir quand aucune nécessité ne surgit.

Quelques réserves

Pas de réserve pour cet ultime ouvrage de Jacques Julliard, hélas, disparu en septembre 2023 après trente-neuf œuvres différentes.

Encore un mot...

L’équité des risques a une présence politique, sociale et culturelle qui mettent en avant ce possible déclin de la France mais aussi ses facultés quand elles savent avoir un atout majeur quand il est nécessaire à notre pays.

Une phrase

  • « Il n’y a plus en France de classe ouvrière …le deuxième recul français concerne l’enseignement et la recherche…Oui, notre école est à reconstruire. Il faut en finir une fois pour toutes…Le seul homme qui se détache aujourd’hui est celui de Michel Houellebecq. C’est à coup sûr le meilleur sociologue d’un pays sans cesse à la merci d’une crise nerveuse et qui s’enfonce inexorablement dans la dépression. Il ne serait pas difficile de faire la même démonstration à propos de la peinture, de la musique ou encore des sciences humaines. » (p. 51, 52, 53)
  • « Tout se passe comme si la gauche s’était résignée à ne faire que de la figuration à la présidentielle du mois d’avril, la somme des intentions de vote en sa faveur ne dépassant pas le quart du total, le plus bas, sauf erreur, depuis que nous vivons en République. » (p. 301)
  • « C’est ainsi qu’en Occident le désir illimité de connaissance s’est fondu avec le désir illimité de jouissance, en une passion unique qui a son existence propre, et a rejeté hors de son dessein l’ordre de la charité. » (p.351)

L'auteur

Jacques Julliard, historien, professeur à Paris VIIIème et essayiste, fut d’abord éditorialiste au Nouvel Observateur de 1978 à 2010, puis chroniqueur à Marianne et au Figaro à partir de 2017. La carrière de Jacques Julliard a commencé en 1965 avec Clémenceau, briseur de grèves. Trois ans plus tard, parution de La quatrième république, puis en 1975 La CFDT d’aujourd’hui. Parmi de très abondantes recherches, citons La ville, lieu politique en 1985, le Génie de la liberté en 1990, Ce fascisme qui vient en 1994, L’année des dupes. Journal de la fin du siècle en 1995, La mort du roi. Autour de François Mitterrand, Gallimard, 1999. En 2002, il est l’auteur avec Michel Winock du Dictionnaire des intellectuels français. Pour ne citer qu’eux deux, il publie chez Flammarion en 2008, L’argent : Dieu et le diable, puis Le choc Simone Weil en 2014 chez le même éditeur et, toujours chez Flammarion Allons-nous sortir de l’Histoire surviendra en 2019, suivi en 2022 par Comment la gauche a déposé son bilan et, en 2023, par Chronique du déclin français chez Albin Michel (363 pages). Une trentaine d’œuvres qui n’ont pas été toutes citées ici.

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