DROITE-GAUCHE, ce n'est pas fini.

Les vieux schémas ont la peau dure.
De
Jean-Louis Harouel
Editions Desclée de Brouwer
Notre recommandation
2/5

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Thème

En un temps où le syncrétisme politique semble gagner du terrain, en France avec la victoire d'Emmanuel Macron, en Allemagne ou en Autriche avec les “grandes coalitions“…, M.Harouel s’inscrit en faux contre cette idée en publiant DROITE-GAUCHE ce n’est pas fini. 

L’ouvrage s’efforce de démontrer la vivacité de ce clivage politique en recherchant les origines intellectuelles de chaque tendance qui, selon notre auteur, n’ont rien perdu de leur actualité.

Points forts

La première partie du livre n’est pas dépourvue d’intérêt ; Jean Louis Harouel nous livre le résultat de ses cogitations, appuyées sur de nombreuses références littéraires, des Pères de l’Eglise aux économistes du XIXème siècle.

Pour lui, pas de doute, la gauche est une hérésie. Elle trouverait ses racines dans deux mouvements hérésiaques : le millénarisme, selon lequel le Christ doit régner mille ans sur la terre avant la fin du monde, et la Gnose. Les gnostiques rejettent l’Ancien Testament, considèrent que chaque individu est porteur d’une étincelle du feu divin et aspire à se fondre dans ce grand tout ; ils méprisent la matière, donc le corps, et se livrent, de ce fait, à toutes sortes de comportements répréhensibles au regard de la morale privée et  collective incarnée dans les dix commandements. En découlent déviances et débauches, esprit de jouissance..., jusqu’à la théorie du genre !

Le millénarisme est à la source de l’historicisme, c’est à dire de la conviction que l’Histoire a un sens et une fin. Ainsi Harouel établit-il une filiation intellectuelle entre la pensée du moine calabrais Joachim de Flore  (XIIème siècle) et celle de Marx : la fin est différente, au lieu du règne du Christ adviendra le règne du Prolétariat, mais le processus historique est analogue.

Pour notre auteur, le gauchisme est l’héritier de la  gnose, et le communisme du millénarisme. D’ailleurs de nombreux mouvements rebelles et égalitaristes du Moyen Age, précurseurs des révolutions sociales du XIXème siècle, s’inscrivaient dans ces traditions.

Quelques réserves

La seconde partie, sensée caractériser la droite, n’a d’autres intérêt que d’exposer une énième fois le bréviaire politique de la droite catholique traditionnelle. On y trouve les ingrédients classiques, du refus de l’avortement à celui du mariage pour tous, et de la réticence à l’égard de l’immigration à la condamnation du “Droit-de-l’hommisme“, version relookée du communisme, que notre auteur exècre tout particulièrement. On peut aussi y noter, entre autres, une certaine faiblesse pour le caudillisme latin ou magyar et une réserve certaine à l’égard des ouvertures doctrinales et politiques du Saint-Siège.

Encore un mot...

Dans la lignée de Burke, de Bonald ou de Maistre, M. Harouel nous livre là un ouvrage qui illustre parfaitement le terme réactionnaire.

Une phrase

« Sur un mode très gnostique, le gauchisme des mentalités et des mœurs à l’œuvre dans les sociétés occidentales dont il imprègne de plus en plus les institutions et le droit, repose largement sur des idées d’apparence chrétienne mais qui sont en réalité falsifiées afin de subvertir tout ce qui assure la survie de ces sociétés : préservation de l’identité de chaque pays, défense de ses intérêts, amour de la patrie, pérennité de la famille, organisation de la sécurité, exactitude de la justice. »

L'auteur

Jean Louis Harouel est un juriste spécialiste de l’histoire du droit. Il a produit plusieurs ouvrages. Sa bête noire semble être le “droit-de-l’hommisme“ auquel il a consacré un écrit vengeur.

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