Eugène de Beauharnais, fils et vice-roi de Napoléon

Il aurait pu (dû ?) succéder à l’Empereur… Le beau portrait d’un homme aux multiples talents et qualités
De
Michel Kerautret
Tallandier, Janvier 2021 -
400 pages - 23.90€
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4/5

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Thème

A 14 ans, en 1795, Eugène de Beauharnais rencontre le général Bonaparte qui courtise sa mère Joséphine. Son  enfance a été troublée par la mésentente de ses parents, deux êtres d’exception, Joséphine Tasher, l’élégante créole, et Alexandre, député de la Convention, aristocrate progressiste, général de l’armée révolutionnaire, fidèle à ses idées qui le mènent à la guillotine.

 C’est en sollicitant la restitution du sabre de ce père que la rencontre avec Bonaparte a lieu et que le charme agit.  Le Consul pressent chez le jeune homme  les qualités morales qui feront sa célébrité : l’honneur chevaleresque, la fidélité et le courage. Marié à Joséphine, Napoléon  lui confirmera son affection en l’adoptant et en le faisant l’égal de sa turbulente famille. Il accède aussi à son désir de carrière militaire et favorise son ascension rapide  veillant cependant à sa formation sur le terrain aux campagnes de Malte, d’Italie et d’Egypte.

Devenu Roi d’Italie, Napoléon  lui confie en 1805 la vice-royauté qu’il exercera pendant quinze ans ; lourde charge d’exécutant, administrateur et diplomate, rythmée par les courriers quotidiens du père, le plus souvent insatisfait de la réalisation des ordres transmis. Son mariage, en 1806, imposé par l’empereur, avec Auguste, fille du Roi de Bavière, est cependant un événement heureux, comme sa nomination à la tête de la quatrième Armée, qui va participer activement  à la campagne de Russie en 1812. Son héroïsme à Borodino ou à La Bérézina, le sauvetage de Ney et le remplacement de Murat  le couvrent de gloire.

 Devenu général en chef, il gère avec un grand sens tactique la périlleuse retraite des restes de la Grande Armée jusqu’à la  jonction avec Napoléon. Revenu en Italie il se hâte, lentement, dans la conscription de nouvelles troupes demandées par l’Empereur, ce qui lui sera reproché .Malgré la sollicitation des alliés sa fidélité à Napoléon est sans faille. Il ne participe pas aux Cent Jours et essaie, en coulisses, de défendre sa propre cause au Congrès de Vienne. Le Tsar Alexandre et  son beau -père Maximilien agissent en sa faveur. Nommé Prince d’un petit territoire allemand, il incarne le rentier mondain richissime, généreux, gestionnaire et bâtisseur.

Paré de titres et d’honneurs, il se soucie, avec son épouse, de la grandeur de leur descendance éprouvée par de nombreux deuils .Il mourra d’apoplexie à 42 ans étant passé de la cachexie à l’obésité et de l’hyperactivité à l’apathie. Il aura survécu 3 ans à l’Empereur.

Points forts

- Le récit historique d’une extrême précision qui s’appuie sur des annexes que les passionnés de l’histoire des monarchies et des généalogies princières apprécieront.

- L’insertion - naturelle et légère - dans le texte, des extraits bibliographiques

Quelques réserves

 Aucun. L’auteur relate certains reproches faits à Eugène sans être tenté de déconstruire son image  de « brave homme et homme brave ».

Encore un mot...

Les qualificatifs de “fils” et de « vice-roi » contenus dans le titre de l’ouvrage soulignent l’importante place d’Eugène dans la vie et le cœur de Napoléon. Toutes les dispositions auraient été prises pour que l’Empereur envisage même, selon les circonstances, d’en faire son successeur… La naissance du Roi de Rome et la chute de l’Empire ont réglé la question…

Une phrase

"En Décembre il reçoit son premier commandement et conduit l’avant-garde de la colonne vers le port de Suez sur la mer Rouge. Difficile de se faire obéir de soldats morts de soif après quatre jours de marche dans le désert. C’est alors qu’il ressent « le contraste que devait offrir sa figure imberbe et délicate avec les vieilles moustaches des grenadiers de l’ancienne armée d’Italie » et décide de laisser pousser sa moustache pour être pris plus au sérieux".

L'auteur

Michel Kerautret est ancien élève de L’ENS de la rue d’ULM, agrégé de lettres classiques, titulaire d’un DEA d’histoire contemporaine. Il a dirigé le service des comptes de l’Assemblée Nationale. Ses principaux domaines de compétence sont l’histoire de l’Allemagne napoléonienne, de la Prusse et des relations internationales.

Le clin d'œil d'un libraire

C’est Ici, et nulle part ailleurs (c’est pour lire !) 

La plus grande librairie indépendante de Paris, c’est Ici.
S’enfoncer dans des canapés moelleux avec un bon petit café, prendre son temps avant de choisir son livre, c’est encore Ici.
Ici, à deux pas de l’Opéra, vous savez, c’est ce vaste espace culturel fondé il y a plus de deux ans par ces deux jeunes femmes associées,  Delphine Bouétard et Anne Laure Vial, qui ont eu le temps de rouler leur bosse au cœur de tous les métiers du livre, la Fnac, Flammarion, Virgin, avant de poser leur sac dans cette ancienne enseigne de prêt à porter devenue Librairie de Boulevard, lieu de vie pour tous les livres, havre de paix, lieu d’échanges, de partage et de convivialité : « Nous avons voulu que chacun se sente chez soi et participe à la vie de la librairie » déclare Anne Laure Vial, toute en douceur. 500 m2, 40 000 références, 10 libraires hyper motivés, Ici comble un grand vide après la fermeture en quelques années des trois grandes librairies du quartier dont la mythique institution de Madame del Duca.
Ici crée l’évènement culturel toute l’année : une centaine de signatures, de conférences, de débats autour de la culture et de la littérature, ça se passe Ici, quoi qu’il en coûte, car c’est essentiel dans ce vrai quartier de Paris… comme ailleurs. Comme aux Galeries Lafayette on trouve tout Ici : SF, BD, polars, beaux livres, sciences humaines, livres jeunesse. Heureusement le conseil est là, à tous les rayons. A propos, quel est le vôtre,  Anne Laure ? : « J’aime beaucoup Camille Laurens et son livre d’autofiction « Fille » ! Franchement, ça tombe bien Ici ! 

Librairie Ici 25 Boulevard Poissonnière, 75002 Paris -  Tél. : 01 85 01 67 30

Texte et interview réalisés par Rodolphe de Saint-Hilaire pour la rédaction de Culture-Tops.

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