Germaine de Staël - Le prix de la liberté
Parution le 7 mai 20926
356 pages
23,50 €
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Thème
Nous connaissons tous Madame de Staël, mais pourquoi ?
Parce qu'elle était la fille de Jacques Necker, ce Suisse adoré en France pour avoir redressé les finances et fait reculer la misère dans le royaume.
Sans doute aussi comme un écrivain défendant les Lumières après la Révolution et, pour cette même raison, s'opposant fortement au premier Consul puis à l'Empereur.
Nous sommes moins nombreux à connaître ses romans, Delphine et Corinne ou l'Italie qui abordent par la fiction les mêmes thèmes religieux et politiques.
Gràce à Stéphanie Genand nous la voyons vivre dans ce livre avec passion, celle de Germaine de Staël bien sûr mais aussi celle de l'auteure qui voue à son personnage une admiration amicale pour ses écrits courageux et pour une féministe avant l'heure qui n'accepte aucune des contraintes de la société bourgeoise postérieure à la Révolution.
Dès le début du livre l’auteure apporte sa touche de consécration féministe en ne retenant plus pour la suite ni " Madame de Staël " ni même " Germaine de Staël ", au profit d’un viril " Staël " !
Points forts
Grâce aux très nombreuses lettres écrites par " Staël " à son père et à ses amis, dont l'auteure a une connaissance détaillée, elle vit réellement pour nous à travers ces pages, amour fusionnel avec son père , plaisir des conversations avec ses amis et rapports avec ses amants, particulièrement Benjamin Constant qui partage ses idées et ses engagements.
Madame de Staël ce sont aussi des voyages à travers l'Europe à une époque où ils sont encore longs et pénibles, qu'ils soient le fruit de son extraordinaire curiosité pour les gens qu'elle rencontre ou rendus nécessaires par l'insupportable exil que lui inflige le ressentiment mesquin de l'Empereur.
Le reste du temps, après le Paris qu'elle adore et qui lui est interdit, c'est le château de Coppet, entre Genève et Lausanne , où elle reçoit l'élite intellectuelle de toute l'Europe pour des conversations endiablées qui font penser à celles qui se déroulaient très près de là, à Fernet, sous l'égide de Voltaire moins d'un siècle plus tôt ; Madame de Staël y apparaît ainsi un peu comme son héritière.
Quelques réserves
Le désintérêt pour une chronologie biographique rigoureuse égare de temps en temps le lecteur dans le déroulement de la vie qui est racontée, là, par le truchement des lettres, des carnets de voyage et des écrits à l'origine aussi de quelques répétitions.
Encore un mot...
À travers ses nombreuses lettres, ses carnets de voyages ses écrits politiques et ses romans, la vie passionnante et passionnée d'une femme libre, fruit des Lumières et de la Révolution qui paya d'un exil de dix ans son opposition à Napoléon.
Une phrase
" Pourquoi les places reviennent-elles aux ambitieux qui ferment les yeux, tandis que les esprits lucides sont condamnés à errer ? Pourquoi la reconnaissance va-t-elle aux âmes viles, entrées la veille en politique, plutôt qu'aux serviteurs dévoués de la nation ? Staël est la mieux placée pour s'en indigner, elle qui s'est « fait un nom », mais pour ne le voir figurer que sur un décret d'exil, voire en tête des personnalités que les gendarmes ont l'ordre d'arrêter si elles franchissent la limite des 40 lieues. " P.196
L'auteur
Stéphanie Genand, née en 1974, est agrégée de lettres modernes, professeure de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Bourgogne. Elle est aussi Présidente de la Société des études staëliennes et apparaît comme la spécialiste de Germaine de Staël.
Elle a publié en 2014 chez Flammarion des Contes libertins du marquis de Sade ainsi qu'une étude sur Sade et les femmes, et également un Abécédaire de Germaine de Staël (L’Observatoire, 2013), dont elle a publié aussi des nouvelles inédites.
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