Iconomie

De
Michel Volle
Ed. Xerfi-Economica-Paris (2013)
Notre recommandation
3/5

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Thème

C'est un manifeste contre la désespérance qui enfonce nos vieux pays dans le déclin. Le rebond reposerait, suggère Michel Volle, sur « l’alliage du cerveau-œuvre [sic] et de l’automate programmable ubiquitaire [re-sic] » afin « d'émerger (vers) l’âge de l’iconomie » . Ainsi naitrait une société combinant l'intelligence avec l’omniprésence des puces électroniques dans notre cadre de vie et de travail. L’intelligence deviendrait dès lors l’avantage compétitif d’une «nouvelle société» qui relaierait l’époque industrielle, pourvu que soient rendues à main-d’œuvre l’initiative et la prise de risque que la société taylorienne leur aurait dénié pendant deux siècles !

Points forts

Dans un élan quasi-messianique, Michel Volle prolonge le diagnostic de Ch. Saint-Étienne en 2013 (L’iconomie : pour sortir de la crise, Paris, Odile Jacob.) et propose des principes pour tendre vers le bien-être matériel et ranimer la croissance perdue depuis les « trente glorieuses ». On reconnait des filiations avec Clarke et Fourastié qui ont prouvé l'effet du progrès technique sur la productivité et sur le bien-être ; avec les Lumières et Adam Smith, l’Écossais le plus cité depuis trois siècles ; avec Turgot aussi, notre réformateur hardi et volontaire qui tenta de réduire les rentes nocives, ce que souhaitent Volle et Saint-Étienne aujourd’hui !

Quelques réserves

Même s’il évite la tentation de l’homme nouveau révolutionnaire, l'optimisme positiviste de l'auteur est-il vraiment convaincant ? L'avenir radieux, instrumenté par la technologie, s’est appelé avant « économie de l’information », « économie servicielle » ou « économie post-industrielle ». La coupure que décrit Volle est-elle vraiment sociétale ? Des néo-marxistes (qu'il a bien connus) concluent au contraire à la persistance des tensions sociales que l’innovation technique ne modifieraient guère ! Qui croire ? Les accents comtiens de l'auteur occultent des notes justes, notamment sur la jeunesse. Il dit aux jeunes qu’au lieu d’aller chercher fortune ailleurs, il devraient entreprendre sur place. Certes, mais ses arguments sont-ils suffisants?

Encore un mot...

Les sociétés conquérantes ont besoin de symboles et d'une transcendance qui les entrainent au-delà de la jouissance égoïste. Ce livre suggère un moyen matériel pour échapper à la désespérance productive ; mais ce projet peut-il entraîner l’adhésion de toute une société? Un livre à lire le crayon à la main, comme un stimulant pour agir au delà des mesures qu'il propose !

L'auteur

Michel Volle, économètre polytechnicien, s'intéresse depuis longtemps à l'informatique et aux télécommunications. Il contribue à des cercles de réflexion comme l'institut Xerfi, co-éditeur de cet ouvrage.

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La fin de la société taylorienne est-elle vraiment pour demain ?

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