Impénétrable est le monde

L’intelligence pétillante, la culture jaillissante : ça fait du bien, et en plus ça fleure bon l’Italie !
De
Mario Andrea Rigoni
Préface de Paola Capriolo -
Traduit par Louis-Charles Reynaldi -
Arcadès Ambo Editeurs, 90 pages, 15€, paru le 25 mars 2021
Notre recommandation
4/5

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Thème

« En apparence, écrit Paola Capriolo dans sa préface, rien de plus hétérogène que ce livre. » On y trouve en effet de tout : des aphorismes porteurs de réflexions métaphysiques et d’observations sur les mœurs, des divagations sur le diable, la Grèce et le Japon, une méditation sur les différences spirituelles entre Orient et Occident, un hommage à Cioran … Ce qui en fait l’unité, c’est l’intelligence et la beauté.

Points forts

Ce livre, publié en Italie en 2019 sous le titre « Fondi  di cassetto », en français, « Fonds de tiroir », ne doit pas prêter à confusion. On y trouvera matière à penser, à rire, à s’interroger. Ces « fonds de tiroir » ont la valeur des découvertes soudaines, faites à l’occasion d’un déménagement. Que de bijoux oubliés dans un meuble !

On saluera également la qualité de l’édition proposée par Arcadès Amb

Quelques réserves

Nous sommes au regret de ne point en déceler.

Encore un mot...

Intelligence, profondeur et poésie. Un régal !

Une phrase

« L’image la plus juste de Cioran tient peut-être dans une boutade de Jean-François Revel : ‘’imaginez Pascal venant d’apprendre qu’il a perdu son pari et vous aurez Cioran’’ ».

 « Nous ne pensons jamais aux millions de personnes qui, dans le monde, travaillent et meurent peut-être, juste pour nous assurer le privilège de nous ennuyer – et de nous en plaindre. »

 « Quel sens peut avoir la manie universelle de se photographier sans cesse, de télécharger sur un site des vidéos personnelles, intimes et même porno, de s’exhiber dans des karaokés ? Apparaître – pour se convaincre d’exister, ou plutôt s’affirmer et se distinguer au moment même où l’on se soumet uniformément à la violence anonyme de la contrainte sociale. Il y a là quelque chose de pathétique, et même de dangereux. Jamais le moi n’a été aussi fragile, vain et grégaire, qu’aujourd’hui. »

 « L’entrée d’Hitler dans l’histoire est marquée, avant même sa naissance, par l’officialisation du nom de son père, destinée à corriger l’obscure affaire de ses origines. (…) En 1876, Aloïs Schicklgruber changea son nom en Aloïs Hitler. On peut croire son fils quand il déclare que, de tout ce que fit son père, rien ne le rendit aussi heureux que de s’être débarrassé d’un nom aussi grossier. Nul doute que Heil Schicklgruber eût été un salut invraisemblable pour un héros national. »

 « Épitaphe.
Il se détesta, se méprisa, mais il aima et fut aimé. Tel fut le paradoxe de sa destinée. »

L'auteur

Grand spécialiste de Leopardi, éditeur en Italie de Cioran (auquel il fut lié par une longue amitié), Mario Andrea Rigoni, né en 1948, a été professeur de littérature italienne à l’université de Padoue. Paola Capriolo est journaliste aux pages « culture » du Corriere della Sera.

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