La nostalgie des buffets de gare

De
Benoît Duteurtre
Edition Payot
Notre recommandation
2/5

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Lu
par Culture-Tops

Thème

La nostalgie des buffets de gare, c’est le constat attristé de la transformation de notre bonne vieille Société Nationale des Chemins de Fer en une entreprise de service qui répond aux standards de gestion moderne. Une adaptation à marche forcée aux impératifs de rentabilité qui a conduit la compagnie à privilégier le TGV au détriment des lignes secondaires laissées à l’abandon, à changer la fonction des gares pour en faire des galeries commerciales, et à modifier son rapport aux usagers, devenus clients, en singeant les compagnies aériennes. Entre les lignes, bien sûr, la critique de notre monde moderne aseptisé.

Points forts

Une prise de recul parfois amusante, mais souvent désabusée, sur le nouveau visage de la SNCF. Après la prise de recul, la prise de conscience : le réseau secondaire est bien délabré; on se demande bien ce qu’il va devenir dans les prochaines années... Une formulation intéressante de cette tendance générale à l’aseptisation et à la standardisation des propositions commerciales désormais toutes franchisées.

Quelques réserves

Le titre du livre laissait imaginer un peu plus de poésie et un peu de moins de politique. Le débat, un peu stéréotypé de surcroît, entre service public et libéralisation des transports prend le pas sur le reste. On a l’impression d’avoir déjà lu ou entendu le propos mille fois, ne serait-ce qu’avec l’autoroute et la RN7. S’agit-il de nostalgie ou d’amertume, voire d’aigreur ? On se pose la question tant la critique est systématique et presque obsessionnelle, du moindre détail des nouveaux trains, des nouvelles gares, des nouvelles procédures. Oui, le monde change, et ce n’est pas près de s’arrêter (voir le projet de train du futur Hyperloop) : il est bon de se rappeler le charme du passé, mais cela ne doit pas nous empêcher de nous préparer au nouveau monde qui vient. Le livre de Benoît Duteurtre reste sur une frustration enfermée dans le passé. Or le présent qu’il dénigre sera le passé, probablement charmant, des jeunes d’aujourd’hui.

Encore un mot...

Une réflexion sur notre monde moderne à travers l’observation du monde ferroviaire et son évolution, vue du côté de l’usager nostalgique du temps de la grande SNCF. Celle des ingénieurs et des trains à l’heure, du prix unique du kilomètre et des buffets de gare.

Une phrase

« Par son intitulé, la Société nationale des chemins de fer semble dater d’une autre époque, et l’on suppose que nos modernes gestionnaires auraient préféré la rebaptiser Raileo ou Ferra Nova, qui résonneraient mieux dans l’air philosophique du temps. » p.33

L'auteur

Benoît Duteurtre est un écrivain français reconnu dans le paysage littéraire grâce à plusieurs romans et essais, parmi lesquels notamment Tout doit disparaître (1992), Le Voyage en France (prix Médicis 2001), ou encore Le Retour du Général (2010). Il est également journaliste pour Marianne et Le Figaro littéraire. Par ailleurs, sa formation en musicologie fait de lui un spécialiste de la musique classique, qui transmet son savoir et sa passion dans Le Monde la musique, ou encore sur France Musique, où il anime et produit plusieurs émissions depuis 1996.

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