Le parfum des années

Une nuit avec Proust à la Villa du temps retrouvé
De
Evelyne Bloch-Dano
Stock, Collection Ma nuit au musée
Parution le 18 mars 2026
230 pages
19,50 €
Notre recommandation
3/5

Infos & réservation

Thème

Pour écrire ce livre, l'auteure passe la nuit du 10 mars 2025  à la Villa du temps retrouvé à Cabourg à côté du Grand Hôtel, où Proust passa huit séjours estivaux avant la Première Guerre mondiale et où il écrivit À la recherche du temps perdu.

Cette « maison-musée » est une villa de la Belle-époque, avec Proust comme fil conducteur. Evelyne Bloch-Dano a participé à sa création, car elle est une inconditionnelle de Proust et, comme disait Elisabeth de Grammont « pour comprendre et aimer Proust il n'y a qu'une méthode : le lire et le relire ! ». La totalité des œuvres présentées change tous les ans, et ce processus de réinvention permanente n'est pas banal ; en cette année 2025, le thème était « le féminisme », car, en cette Belle époque, de 1880 à 1914, il y eut une véritable poussée de ce mouvement ; à travers les différentes pièces de cette « maison-musée », nous découvrons de vieux films, des tableaux, beaucoup d'autoportraits de femmes remarquables de cette époque : Rosa Bonheur, Anna de Noailles, Sarah Bernhardt (son portrait est en couverture), Winaretta Singer-Polignac, Elisabeth  Greffulhe, duchesse de Grammont, Madeleine Lemaire (devenue chez Proust madame Verdurin).

Dans cette nuit passée là, le but n'est pas de réussir à dormir (le lit de camp proposé est inconfortable!), mais de rester éveillée pour apprécier l'atmosphère du lieu en toute tranquillité car « le luxe, c'est le temps ».

Points forts

  • L'expression « Belle époque » à propos de cette trentaine d'années à cheval sur 1900, n'est née qu'après la Deuxième Guerre mondiale et provient d'un  « imaginaire historique, elle contient des promesses et annonce  des  cauchemars » - et c'est sa fin tragique qui nous fait penser que les belles choses ne durent pas.

  • Les « Salons des Grandes Dames », qui nous ramènent à Proust, dans Le côté de Guermantes, et à la mondanité, c'est cette partie du livre qui m'a passionnée ! Le Salon est à la fois une raison sociale, un terrain d'émancipation, un outil, les Grandes Dames qui les tiennent  ont toutes été de grandes mécènes et de remarquables organisatrices d'événements artistiques et musicaux ; comment ne pas se référer aux grands salons des Précieuses du XVIIe siècle, l'Hôtel de Rambouillet, la marquise de Sévigné et Madame de Lafayette !

 

Quelques réserves

Les passages de la première partie sur le féminisme, notamment avec Alice Guy, me semblent trop longs et trop détaillés, mais c'était le thème de l'année dans cette « maison-musée ». 

Encore un mot...

  • Cabourg est devenu « Balbec» chez Proust; sont évoqués ici la « maison-musée » de tante Léonie à Illiers-Combray et la maison de Pierre loti à Rochefort...ces lieux renforcent l'illusion de l'oeuvre face à la réalité.

  • Par ailleurs, notons que La nuit européenne des musées aura lieu le samedi 23 mai 2026.   Ce soir-là, de nombreux musées ouvriront gratuitement leurs portes en France et en Europe, de la tombée de la nuit jusqu’à minuit.

Une phrase

  • «  Destin littéraire étonnant  que celui de la Comtesse Anna de Noailles ! Extraordinairement célèbre à 25 ans, dès la parution de son premier recueil...saluée comme un  génie par les plus grands, Proust, Rilke, Valéry, elle a sombré dans un oubli total...parfois les auteurs qui incarnent trop bien leur temps sont les premiers à disparaître. » P. 124

  • «  La culture de ces grandes salonnières, leur passion de la musique et de l'art en général, leur goût raffiné, leur générosité, ne sont pas séparables de leur rôle culturel, de l'attrait qu'elles exerçaient, de l'excellence élitiste qu'elles incarnaient, ni, bien sûr de leur fortune.Elles y employaient leur temps, leur énergie, leur savoir-faire, leur intelligence. C'était leur métier, en quelque sorte, à ces femmes qui oeuvraient dans un milieu où il était hors de question que les femmes travaillent ». P. 170

L'auteur

Biographe, essayiste et romancière, on ne présente plus Evelyne Bloch-Dano. Elle publie chez Grasset Madame Zola (1997), Madame Proust (2004), Le dernier amour de George Sand (2010) ; et, chez Stock, son premier roman, Violette et Stella (2024). Ses livres sont traduits dans une douzaine de langues. Elle est membre du jury du Prix Fémina depuis juin 2015 et du jury du Prix François Mauriac de la région Aquitaine. Elle est présidente du jury du Cercle littéraire proustien de Cabourg Balbec. 

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