L’Elysée sous l’occupation: le palais fantôme

Un vide significatif de bien des choses
De
François d’Orcival
Editions Perrin / Collection Tempus - 300 pages
Notre recommandation
4/5

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Thème

De 1940 à 1947, l’Elysée est comme le château de Kafka. Tout le monde y pense mais personne n’y va. 

Abandonné en juin 40 par le président Albert Lebrun, l’Elysée ne retrouve les ors de la République qu’en janvier 1947 avec le président Vincent Auriol.

Pendant les années de l’Occupation et celles de la gestation de la IVième République, la résidence des Présidents de la République est-elle inhabitée ? Pas tout à fait. Le concierge, l’électricien, les femmes de chambre et les jardiniers sont toujours là.

L’Elysée se tient, en effet, prêt à accueillir quelqu’un. Mais qui ? 

Le commandement militaire allemand ? Non. Il préfère réquisitionner le Palais Bourbon, le palais du Luxembourg et de grands hôtels, et laisser aux autorités françaises l’espoir de rentrer à Paris.

Le maréchal Pétain viendra ? Viendra pas ? Peut-être au printemps 44 ? Non, c’est trop tard.

Les Américains ? Ils y pensent un temps. Mais non finalement.

Le général de Gaulle à la Libération ? Non plus. Il choisit de siéger au ministère de la Guerre.

Seul l’amiral Darlan s’y installe quelques temps en 1941.

Bien sûr, on s’en doute, dans ce livre de 300 pages, François d’Orcival n’évoque pas que le palais de l’Elysée dans lequel rien ne se passe. Il s’attache aux raisons politiques, aux intrigues, aux jeux de pouvoir qui conduisent à transformer le « 55, Rue du faubourg Saint-Honoré » en palais fantôme.

Points forts

Son écriture vive, nerveuse, caustique parfois, qui enlève magistralement le récit.

La reconstitution historique, nourrie d’archives et de témoignages inédits ( le concierge, entre autres).

Les annexes. 

Quelques réserves

Juste un bémol : les occurrences de la carte du palais de l’Elysée en 1940 sont illisibles même avec une loupe…

Encore un mot...

Une passionnante chronique des années de guerre présentée par un grand historien familier de l’Elysée.

Une phrase

« Des années noires, nulle trace. Ni destruction apparente, ni pillage, ni incendie, ni éclat de balle ou d’obus comme il peut y en avoir place de la Concorde, au musée de l’Orangerie, rue de Rivoli, au Grand Palais. »

L'auteur

François d’Orcival, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, est journaliste et historien.

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