Les Années Federer

Un régal pour les fans de la légende vivante du tennis
De
Arthur Pralon
SOLAR éditions
Paru en décembre 2021
128 pages
23.90 €
Notre recommandation
4/5

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Lu / Vu par

Thème

  • Roger Federer est à la fois un monstre de talent, un ange voletant, une star adulée, un honnête homme, un ami inoubliable, un emblématique héros de notre époque… Est-il « le meilleur joueur de tennis de tous les temps » ? le GOAT ? (Greatest Of All Times). Nous n’en savons rien, surtout si on se reporte aux exploits du temps passé, soumis à d’autres techniques, un autre matériel (terrains, chaussures, raquettes, balles) une autre façon de vivre ou s'entraîner...Pensons à René Lacoste, Rod Laver, Pancho Gonzales, Lewis  Hoad, Björn Borg, Arthur Ashe, Pete Sampras, et tant d’autres qui ont illuminé nos jours d’émotions, de regret ou de joie..
  • Ro(d)ger Federer tient le haut du pavé du tennis mondial depuis 23 ans ! Considéré comme le joueur le plus « complet » sur les 3 surfaces (avec une prédilection pour le gazon). Elevé en Suisse alémanique, il débarque (seul) au Centre d'entraînement d’Ecublens en 1995, à l’âge de 14 ans avec un caractère de cochon, sombre et colérique, et en tête une indomptable ambition : affronter un jour Sampras son idole, et le battre...En 2001, à Wimbledon, en huitième de finale, ce sera  accompli, au terme de 5 manches épiques. A 19 ans, Federer est 15 ème mondial.
  • A partir de ce challenge réussi, commence une imparable ascension, où seulement deux autres surdoués le feront trébucher : Nadal et Djokovic.

Points forts

  • Ce livre est un régal pour les amateurs de tennis ou les fans de Roger. Sous deux angles : C’est très bien écrit, très complet, avec un développement chronologique où l’aspect privé, voire psychologique du personnage est abordé sans être intrusif : la famille, son staff ( « l’entreprise » Federer fait travailler un nombre important d’intervenants), le rapport à l’argent sont évoqués.
  • La plume d’Arthur Pralon est toujours juste, reprend souvent des articles d’époque, assortis de commentaires d’autres joueurs ou d'entraîneurs éclairés. On apprend beaucoup sur le « légendaire coup droit », le travail acharné pour parvenir en saison 2015 au SABR (Sneack Attack By Roger),  arme tactique utilisée contre Raonic, puis Djokovic et Nadal. Il ya aussi les heures de doute, les échecs (les J.O. face à Andy Murray), les regrets ( finale de Wimbledon en 2019 au terme d’un match de 4H57 face à Djokovic)
  • Les photographies sont magnifiques, choisies avec justesse, toujours « dans le mouvement », d’un Ro(d)ger qui, lorsqu’il est en forme, semble danser sur le court, s’envoler, pour accompagner un lift ou une volée courte sortie d’une raquette « magique ». Des photos rares ou oubliées, de  jeunesse où il est moche, avec ce catogan ridicule, mais il évolue vite avec les premiers succès en 2001-2002 face à un Marat Safin déconfit à Hambourg, à Wimbledon où il domine Sampras dans un match de légende,  son premier trophée de grand Chelem en 2003
  • Puis les « inoubliables » : l’Open d’Australie de 2004, ,et,  selon lui, « le meilleur match de sa vie « contre Hewitt, lui infligeant deux 6-0 à l’US Open. Un Federer- Nadal à  Wimbledon en 2008 qualifié de « plus beau match du siècle » par les Anglais, Bercy en indoor en 2011, et Roland Garros la même année où en demi finale il aplatit Djokovic en 4 manches faisant lever les spectateurs aussi ivres que l’acteur à plusieurs reprises. Et puis, en 2019 l’ultime affrontement contre le Serbe, perdu d’un cheveu, après avoir laissé échapper 2 balles de match
  • Maintenant, en 2022, après cet immense silence pandémique, on sait qu’on ne reverra pas Roger à Roland-Garros puisqu’il a déclaré forfait. Il y aura sans doute des exhibitions en septembre 2022 à Londres pour la Laver Cup dont il est le créateur, le Tournoi de Bâle cher à son coeur en ocbore, sa Fondation Sud Africaine...peut être avec son copain  Rafael Nadal, lui aussi assez proche du poteau, mais de nouveau en piste avec un Open d’Australie sidérant en Janvier 2022
  • Ce qui fût n’est plus, mais reste la phrase de Rod Laver en 2019 : “Beaucoup de gens, moi y compris, pensent que Roger Federer est le meilleur de tous les temps. On devrait juste regarder ses pieds, pas la balle. Rien qu’à ça, on verrait déjà le joueur extraordinaire qu’il est. »

Quelques réserves

Un bémol ?  Peut-être un peu trop idolâtre ?… Mais quand on aime, on ne compte pas.

Une phrase

Federer : ”entre 10 et 16 ans, je cassais des raquettes sans arrêt. C’était pire que tout, je commentais chaque point à haute voix » p.24  

En 2004 à Miami, Nadal n’a que 17 ans, et à la surprise générale l’emporte sur Federer qui vient d’accéder à la 1ère place...Au cours des 21 saisons suivantes les 2 hommes ne se quitteront plus pour un total de quarante affrontements (24/ 16 Nadal). Jamais  dans l’histoire du tennis, deux champions n’auront plus souvent été opposés en finale de Grand Chelem (9 fois). p.48

Federer : “Il fut un temps où je savais exactement ce que je voulais faire sur un terrain et ce qui allait se passer avec la victoire au bout. Je marchais totalement à l’instinct, et je me moquais totalement des armes de l’adversaire, j’improvisais, et ça marchait. » p. 76

L'auteur

Arthur Pralon est journaliste sportif, très connu, que l’on peut lire dans L’Equipe, L’Equipe TV, Tennis Magazine, Le Parisien, etc...Spécialiste depuis 2005, il connaît tous les recoins de ce milieu si particulier.

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