Les démocraties face au capitalisme. Le prix de la vie des hommes

Bras de fer entre les démocraties et le capitalisme. Une critique peu convaincante de l’économie politique
De
Anton Brender
Odile Jacob
Parution le 2 mai 2024,
160 pages
18,90 €
Notre recommandation
2/5

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Thème

Sous-titré bizarrement « Le prix de la vie des hommes », une notion vague qu'il n'explique pas, ce petit essai voudrait illustrer « le bras de fer » engagé entre les démocraties et le capitalisme, une expression qui évoque la lutte des classes, sans la citer (p. 9-10)! 

Points forts

Ce « capitalisme » qui a vaincu la pauvreté, prolongé notre vie, créé du bien-être et adouci la vie quotidienne (chapitre 1), il ne faudrait pourtant pas le « laisser faire » tant ses dérives sont pernicieuses! Brender propose donc, tout à la fois: de ne pas casser ce qui produit notre richesse, marchés et entreprises qu'il considère comme purement utilitaristes (p. 26-27); et de « reprendre la barre » (chapitres 5 & 6) c'est-à-dire de ne plus courir après la croissance, de réhabiliter le planisme d'Etat, de laisser filer la dette publique et de prendre (enfin!) le réchauffement climatique au sérieux (p. 145 sq.) 

Quelques réserves

Mais… il plaide aussi, à pleins poumons, contre l'économie ouverte à laquelle il n'accorde aucune vertu, sinon l'appât du gain ! Il magnifie en revanche les vertus autogestionnaires et le rousseauisme de l'écologie militante; il critique vivement l'économie politique (ses mesures, ses indices, la signification du PIB et l'équilibre budgétaire etc.) sans dire, ni pourquoi ni comment, une gestion publique laxiste pourrait entretenir le niveau et la qualité de vie d'un pays comme la France!

Encore un mot...

Membre de la Société d'économie politique fondée par Jean-Baptiste Say il y a deux siècles, l'auteur avoue-t-il avec ce livre qu'il s'est trompé d'affiliation et de métier? 

Une phrase

  • Page 34 [une section dont le contenu surprendra:] « Le capitalisme nous a fait progresser parce qu'il y a été forcé » [sous-entendu: par l'Etat!]

  • Page 55 [une phrase à double tranchant, comme la francisque de Pétain qui pouvait aussi bien défendre la patrie que la combattre :]  « L'Etat a privatisé des infrastructures matérielles, mais il reste en charge des infrastructures sociales » [comprenne qui pourra!]

  • Page 82  [à propos de la création de la CECA, en pleine Guerre froideune curieuse interprétation des années cinquante:] « l'URSS, pourtant alliée des vainqueurs, a été tenue à l'écart de l'intégration commerciale (européenne) »(sic)

  • Page 127 [à propos des engagements écologiques inscrits aux accords de Paris:] « respecter ces engagements est noble mais demandera des efforts coûteux! ». [Ce jugement pertinent, l'auteur n'en tire guère conséquence!]

Le clin d'œil d'un libraire

Anton Brender est économiste. Il enseigna à Paris-Dauphine et dirigea le centre public de prospective CEPII, rattaché au premier ministre puis à France Stratégie. Il collabora à Dexia, un établissement public financier franco-belge dédié aux collectivités locales. Il exerce encore chez Candrian, un gestionnaire d'actifs luxembourgeois issu du démembrement de Dexia après la grande crise financière de 2007-2009.

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