Les Reines carolingiennes
Parution le 19 mars 2026
224 pages
19,90 €
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Thème
Contrairement aux reines mérovingiennes qui sont souvent d’extraction obscure et que les rois, leurs époux ne mettent pas en valeur, les reines carolingiennes sont choisies dans la haute aristocratie et la noblesse et sont des éléments de pouvoir qui doivent servir le règne et rehausser son prestige. La première utilité de l'épouse, c'est son lignage, le plus large possible pour donner au souverain des alliés proches et dévoués et capables d’amener richesse en homme et en moyens. Dès l’instant où elle partage la couche du roi, l’élue change non seulement de statut mais également de dimension : elle doit assurer la continuité de la lignée et elle devient la maîtresse absolue de sa maison et de celle du roi en ce qui concerne leur vie intime. A ce titre elle est admirée et respectée et, en même temps, soumise à tous les regards même les plus indiscrets.
Points forts
L’auteur explique très bien le rôle fondamental de l’épouse. Il puise ses informations à de nombreux documents d’époque qui concernent de nombreuses reines sans qu’il ne raconte spécifiquement la vie de certaines bien connues. Dans ce monde carolingien soumis en tout à l’autorité spirituelle et parfois temporelle de l’Église, l’épouse peut avoir un rôle de relation ou de diplomatie envers le Pape quand celui-ci, et presque tous, n’oublie pas qu’il est un chef d’État et qu’il sollicite l’aide des puissants sous la menace du goupillon. Ils s’attirent, par exemple, leur soutien en les élevant à la dignité impériale. Beaucoup de reines carolingiennes, même celles à qui la dignité impériale n’est pas attribuée, participent à cette relation en créant, voire en dirigeant des monastères et des fondations pieuses. Quand bien même leur vie ne fut-elle pas aussi vertueuse qu’elle aurait dû l'être, elles ne sont l’objet de la part des chroniqueurs que de panégyriques parce que, de son vivant, on ne peut pas douter de l’épouse.
Quelques réserves
L’auteur prend le parti de la généralisation et donc ne se lance pas dans des biographies. Pourtant certaines sont bien documentées. La bibliographie est abondante et, donc, le lecteur qui voudra creuser le sujet pourra s’y référer utilement. De fait, c'est un peu astreignant mais il faut bien respecter et accepter le choix de l’auteur.
Encore un mot...
Ce parti pris contribue à des redites, à des répétitions, à des redondances. Cependant rien n’est lassant. C’est une lecture en boucle dont il ne faut pas perdre le fil. Mais lu tel quel sans envisager quelque recherche historique potentielle ça reste un ouvrage bien documenté qui semble faire le tour du sujet.
Une phrase
“ Au moins sept reines carolingiennes, dont trois impératrices, davantage peut-être car les sources sont lacunaires, furent élevées à la dignité la plus haute, Dieu, par l’intermédiaire de son représentant, les ayant placées directement sous sa main et leur ayant conféré ainsi des grâces particulières dont certaines surent faire bon usage. De l'épouse du roi qu’elle demeurait, à l’impératrice consacrée qu’elle était devenue, la reine carolingienne connut une ascension, voire une assomption, au long des décennies, qui la plaçait de plus en plus en vue dans le dispositif de la royauté franque.” P. 54
L'auteur
Laurent Theis (né en 1948) est un historien médiéviste. Il s’est intéressé également à François Guizot qui semble être celui qui lui a donné le goût de l’histoire.
Il est membre des comités de rédaction des revues L’Histoire et Commentaire. Il préside le jury du Prix-Provins-Moyen Âge depuis 2019 et est secrétaire général du jury Fondation Napoléon depuis 2017.
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