
L’éternité sans bord : Journal hédoniste
Publication le 23 avril 2025
317 pages.
21,90 euros en édition brochée, 14,99 euros en livre numérique
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Thème
Dans ce nouveau volume de son journal hédoniste constitué de seize chapitres, Michel Onfray poursuit sa quête existentielle en conjuguant réflexions philosophiques (« Cave musicam »), souvenirs personnels (Un bouquet d’orties), notes de lectures (Portrait d’un terroriste) et observations du monde contemporain (Pourquoi le Front populaire n’est-il pas pensé ?). Loin du tumulte médiatique, il défend un art de vivre épicurien (Un indien chez les cow-boys) et mêle fidélité aux morts aimés (Soulages, le dernier impressionniste), hommages à sa terre natale (Contre-histoire de la Normandie) et distance critique vis-à-vis de l’époque (La fachosphère de gauche).
Points forts
- L’écriture, remarquable d’un point de vue littéraire, est fluide, personnelle, parfois lyrique, souvent empreinte d’une profonde sincérité.
- J’ai été particulièrement sensible à l’originalité de l’article intitulé Brève histoire philosophique des dents, où Michel Onfray mobilise avec brio sa vaste culture pour éclairer un sujet aussi inattendu que fascinant.
- Heurs et malheurs de l’estime de soi m’a particulièrement séduit : un texte ciselé, qui explore l’histoire mouvante d’un concept profondément modelé par les idéologies successives.
- L’ouvrage est une invitation à ralentir, à méditer, à faire fonctionner son esprit critique à plein régime - ce qui, dans l’époque actuelle, a quelque chose de salutaire.
Quelques réserves
- L’hostilité constante à certains intellectuels, ou certains courants intellectuels, peut parfois tourner à l’obsession (Michel Thorez, par exemple, symbolisant l’obéissance aveugle du PCF à Moscou, François Mitterrand et ses accointances pétainistes...).
- Le lecteur peu familier de son œuvre ou de ses engagements passés peut se sentir perdu face aux nombreuses allusions.
Encore un mot...
L’éternité sans bord est moins un journal qu’un sismographe de l’âme : Onfray y consigne les secousses du monde et les battements d’un cœur fidèle à ses paysages, à ses morts et à sa philosophie. Ce livre, riche et dense, mérite qu’on s’y attarde lentement, comme on savourerait un vin puissant, à l’écart du vacarme.
Une phrase
« On lui [Fontenelle] doit dans Histoire des oracles une réflexion dite de « La dent d’or ». On raconte qu’un jour en Silésie un enfant de sept ans qui vit sa dent tomber en surprit aussitôt une autre repousser, mais tout en or. Des universitaires se mirent à disserter sur ce sujet ; d’autres savants firent des livres pour critiquer les livres et donner de nouvelles versions. L’un d’entre eux fit savoir que cette dent d’or avait été envoyée par Dieu pour consoler les chrétiens de leurs échecs contre les armées turques ; on fit bien sûr des livres pour commenter, critiquer, valider ou réfuter cette thèse. Fontenelle en rit. Sans en avoir l’air, il se moque de l’université puis des universitaires ; il se fiche un peu aussi, mais doucement, des chrétiens qui concluent à l’oracle et voient Dieu partout. Puis, pour finir, il rappelle que l’idée vint à un homme sain d’esprit de consulter un orfèvre qui donna tout de suite sa conclusion : c’était une dent habilement recouverte d’or. Fontenelle conclut que nous vaticinons intellectuellement quand nous n’allons pas directement aux faits. » (P.159)
L'auteur
Philosophe prolifique et médiatique, Michel Onfray a publié une centaine d’ouvrages, fondé l’Université populaire de Caen et la revue Front populaire. Défenseur d’une pensée libre, volontiers à contre-courant, il revendique un héritage épicurien et libertaire, nourri de culture classique, de critique sociale et d’un goût profond pour la beauté du monde. Pour prolonger la découverte, on pourra consulter sur le site de Culture-Tops ses critiques précédentes, telles que :
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