Comme un chant d'espérance

De
Jean d'Ormesson
Editions Héloïse d’Ormesson
Notre recommandation
4/5

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Lu / Vu par Culture-Tops

Thème

Jean d’Ormesson confronte ses intuitions sur l’existence de l’univers et sur la condition humaine à la lumière de la connaissance scientifique du début du troisième millénaire. Il nous dit écrire un roman sur rien, c'est-à-dire sur l'univers sans vie qui a précédé et longtemps suivi le Big Bang, il y a 13,7 milliards d’années. Scientifiquement, on sait que l’on ne pourra jamais remonter au-delà de cette échéance aussi appelée « mur de Planck ».

 

Comment est-on passé d’un monde d’éternité avant le Big Bang, d’un rien, à notre monde en expansion incessante et à notre temps ? Quelles sont les parts respectives de hasard et de nécessité notamment dans l’existence de l’espace et du temps ?

 

L’existence de Dieu est régulièrement supposée, voire considérée comme allant de soi,  souvent à l’aide de formules imagées et/ou drôles : « L’espace et le temps sont la petite monnaie et les héritiers de Dieu, impatient de disparaître derrière sa création » ou « on dirait que le hasard est l’agent secret de la nécessité, tous deux au service de Dieu ».

 

Mais Jean d’Ormesson veut aussi aborder la question en philosophe, sans éviter les obstacles. L’apparition de l’homme est toute récente dans l’histoire de l’univers. Disposant de la faculté de penser, l’homme s’est considéré, à tort, comme un aboutissement. Comment pourrait-il y avoir, après la mort, pour les hommes qui sont des singes bavards et savants, une autre destinée que celles des créatures dont ils sont les cousins ?

La question de l’existence du mal est rapidement abordée pour constater son caractère mystérieux, mais cela ne perturbe pas la démarche de notre auteur qui repose sur l’alternative pascalienne :

Si l’univers est le fruit du hasard … c’est la certitude de l’absurde. Si l’univers est la création de Dieu…. on a la chance du mystère.

Jean d’Ormesson soutient que l’Univers avant la pensée n’est presque rien et qu’avec ses sens et sa pensée, l’homme, à la fois roi et esclave, crée une seconde fois le monde. Mais quelques lignes plus loin, il constate qu’Il est impossible aux hommes de comprendre quoi que ce soit à ce rien qui échappe aux lois qui nous gouvernent.

Points forts

Un ton léger, une approche cultivée et authentique de la question de l’existence de Dieu qui a encore de beaux jours devant elle. On ne peut qu’être séduit par cette quête d’au-delà, en rapport avec un parcours riche et varié, un réel amour de la vie, sans exaltation, ni mauvaise foi. Cela vaut bien tous les ouvrages philosophiques ou théologiques qui prêchent tristement pour un camp.

Quelques réserves

Ce livre n’est ni un roman, comme cela est pourtant inscrit sur la couverture, ni un essai et encore moins un traité. On peut avoir l’impression en le refermant d’avoir eu une conversation drôle, vraie et sympathique avec son auteur. On peut aussi rester un peu sur sa faim…

Encore un mot...

Une question essentielle traitée avec légèreté, sensibilité et élégance, ce qui n’est pas surprenant de la part de Jean d’Ormesson.

L'auteur

Jean d’Ormesson, né le 16 juin 1925, est tout à la fois fils d’un ambassadeur de France proche de Léon Blum, issu par sa mère d'une famille monarchiste ultracatholique, normalien agrégé de philosophie, gendre d’un magnat de l’industrie et de la presse  et ancien directeur général du Figaro,  éditorialiste, écrivain et membre de l’Académie française depuis 1973; et même acteur de cinéma ! (Il joue François Mitterrand dans « Les Saveurs du palais », film de Christian Vincent, de 2012).

En 1956, il publie son premier roman « L’amour est un plaisir ». Son premier succès arrive en 1971 avec le roman « La gloire de l'Empire » pour lequel il reçoit le Grand prix du roman de l'Académie française. Depuis 1977, il s’éloigne progressivement du journalisme pour se consacrer à l’écriture de livres, entre récits et essais, où s’entrecroisent anecdotes souvent autobiographiques, humour et érudition. Ses ouvrages constituent une méditation récurrente sur la condition humaine et plus spécifiquement sur le temps ainsi qu’une ode au simple bonheur d’exister.

En 2013, on lui découvre une maladie grave, en cours de guérison.

 

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