LA PIERRE DU REMORDS

Un policier affronte son passé. Un roman captivant et impitoyable sur les regrets, la honte et les remords
De
Arnaldur INDRIDASON
Lecteur : Martin Spinhayer
Version audio réalisée par : Audiolib (Editions Métailié pour papier et numérique)
Durée : 9 heures 04, 1CD MP3
Parution : août 2021
Prix : 21,90 euros, (Broché : 320 pages, 21,50 euros ; version numérique : 14, 99 euros)
Notre recommandation
4/5

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Thème

 La Pierre de remords est le troisième roman de la “série Konrad”, un ancien policier de la criminelle de Reykjavik

Le numéro de téléphone de Konrad est retrouvé dans l’appartement de Walborg, une femme qui a été assassinée. Rien d’étonnant à cela, car la victime avait contacté Konrad, l’avait même rencontré car elle souhaitait, rongée par le remords et alors qu’elle souffrait d’une maladie qui ne lui laissait que peu de temps à vivre, qu’il retrouve l’enfant qu’elle avait eu des décennies plus tôt et qu’elle avait abandonné à sa naissance. Konrad avait refusé de mener cette recherche. Il sera poursuivi lui aussi par le remords, persuadé que Walborg n’aurait peut-être pas été tuée s’il avait accepté. En enquêtant il va se rendre compte que la piste la plus sérieuse est de savoir dans quelles circonstances elle a eu cet enfant ce qui l’amènera à découvrir que c’est une secte qui avait recueilli le bébé dont la conception était la conséquence d’un viol particulièrement violent et abject. 

Est-ce le remords qui le conduit aussi à se lancer dans une seconde enquête. Celle concernant l’assassinat de son père bien des années plus tôt et qui n’a jamais été élucidé… Il n’avait jusque-là jamais eu l’envie, le courage de se mettre à la recherche du meurtrier, car celui-ci avait mené une existence d’escroc qui, avec la complicité d’un spirite, abusait de personnes fragiles en proie au désespoir. L’élucidation du meurtre de la femme, n’apaisera en rien ses remords, pas plus que l’enquête sur le meurtre de son père qui ne sera pas résolu. L’enchevêtrement des deux est mené avec maestria et ne nuit jamais à la clarté de l’intrigue. Le suspense reste entier jusqu’à la chute finale totalement inattendue.

Points forts

Le remords, un thème original traité de main de maître. C’est le désespoir qu’engendre ce sentiment qui entraînera l’ancien policier Konrad à ne jamais abandonner des recherches terriblement complexes. Bien sûr nous sommes dans un roman policier dont l’intrigue est parfaitement conçue mais ce qui marque c’est peut être avant tout la dimension humaine et souvent touchante de l’histoire que nous fait partager l’auteur. Un autre aspect fascinant est, sans conteste, la description de ces « milieux » que l’on rencontre au fil des enquêtes : spirites, sage femmes, escrocs, violeurs, … Tout un monde qu’Arnaldur Indridason rend terriblement vivant.

Quelques réserves

Le côté minutieux de l’auteur qui cite le nom de la moindre rue qu’empruntent les protagonistes de ce livre, du fait de la barrière linguistique, constitue un aspect parfois dérangeant à l’écoute, un exercice différent de la lecture.

Encore un mot...

Cet ouvrage est très différent des romans policiers qui ont fait la notoriété mondiale d’Arnaldur Indridason. Si, dans ce livre, il y a un assassinat qui porte l’intrigue, si l’on retrouve un rythme déconcertant et une persévérance si spécifique et toujours minutieuse dans le déroulement des enquêtes, le ressort est incontestablement le remords qui habite les protagonistes.

Une phrase

Il existe paraît-il quelque part sur cette terre d’Islande un rocher étrange. Il raconte une histoire. Celle d’une femme qui se voit enlever son nouveau-né par un aigle. Elle suit l’animal et se rend compte qu’il a rejoint un rocher et qu’il est maculé du sang de son enfant.”

L'auteur

Né à Reykjavik en 1961, Arnaldur Indridason, diplômé en Histoire, ancien journaliste, est écrivain mais également critique de films. Couronné de nombreux prix, il a publié une quinzaine de romans policiers dont la Trilogie des Ombres, Ce que savait la nuit, Les roses de la Nuit (déjà commentés sur le site Culture Tops) ainsi que des nouvelles tels que  La cité des jarres, La femme en vert, La voix, L’homme du lac. Il est considéré comme  un des plus grands auteurs de polars islandais, publiés dans une trentaine de pays, traduits en de nombreuses langues. Il a vendu plus de 14 millions de livres! 

LE LECTEUR : 
Martin Spinhayer est un comédien de théâtre, de télévision et de doublage. Acteur de l’ombre des studios, il se consacre à tous les aspects vocaux du métier, passant des personnages les plus sombres aux plus extravagants. Son timbre grave lui a permis d’incarner notamment les voix françaises de John Goodman et Jeremy Irons. Il a déjà enregistré plusieurs livres pour Audiolib (Une vie entre deux océans, Un monde sans fin, Ce que savait la nuit…).

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