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Dernier été

Très bon roman où l’on déguste le parfum de l’âme humaine et le retour de l’esprit français...
De Franz-Olivier Giesbert
Gallimard, 208 pages, 18 €

Lu / Vu par

Yann Kerlau
Publié le 15 juin . 2020

Recommandation

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Thème

Antoine Bradsock, lettré vieillissant et séducteur en fin de course, n’a plus la cote. Insolent et narcissique, il met tout en œuvre pour reprendre la place qu’il estime être sienne à vie : la première. Pour y parvenir, il choisit Diane, une compagne qui sera à même de l’aider à construire une fin de vie et une mort pour qu’elles soient sa résurrection littéraire.

Points forts

Un livre qui provoque ce délicieux sentiment de crainte que le livre ne finisse trop tôt. Ce n’est pas seulement un livre mais une friandise à déguster. Tout au long de ce roman insolite et parfaitement construit, on rit, on rêve, on aime et on s’inquiète du sort d’Antoine et de Diane. L’esprit français que l’on avait cru disparu avec le Covid est en pleine santé et Franz-Olivier Giesbert dans une forme olympique, brossant le tableau d’une société qui pourrait bien être la nôtre demain. Personne n’y lit plus.

La France est devenue une république islamique et la démocratie y est bel et bien enterrée. Rien de tragique dans cet avenir proche puisque nous n’y serons pas seuls. Nos voisins allemands tremblent sous la houlette d’une chancelière transgenre et musulmane et nous, sous celle du Parti Unique et du Camp du Bien, première association culturelle du pays chargée – entre autres – de surveiller les possibles méfaits de la Ligue des Hétéros Sexuels Blancs et Catholiques.

Points faibles

Pas un.

En deux mots ...

Le bonheur que l’on éprouve en lisant Dernier été est ici décuplé par l’art de nous faire passer du sourire à l’inquiétude, du rire à la philosophie. Le parfum de l’âme humaine s’y révèle, laissant Pascal, George Bernard Shaw, Baudelaire, Nietzsche, Giono et consorts glousser de bonheur en réalisant que l’auteur, décidément plus que fréquentable, n’a pas oublié de les citer.

Un extrait

Nous étions nécessaires l’un à l’autre. J’étais la vague, il était le sable, à moins que ce ne fût l’inverse. 

Comme tout le monde, je suis l’un de mes sujets de prédilection. 

L’amour, c’est ce qui reste quand on ne peut rien faire d’autre. 

La France est prête à brader la liberté pour avoir la sécurité. A la fin, elle n’aura ni l’une ni l’autre.

L'auteur

Dernier été, 33ème livre de l’auteur a été précédé par une entrée de Franz-Olivier Giesbert dans le monde littéraire et médiatique. Après L’affreux (1992, Grasset) récompensé par le Grand Prix du roman de l’Académie Française,  La souille (1995, Grasset) Prix Interallié, L’immortel (2007, Grand Prix littéraire de Provence), La cuisinière d’Himmler (2013, Prix Epicure et gagnant d Globe de Cristal Awards 2014), Un très grand amour (2010,Gallimard) Prix Alain Duménil 2010, Chirac, une vie (2016,Flammarion),

Grand Prix de la biographie politique, le théâtre des incapables (2017, Albin Michel), la carrière de Franz Olivier Giesbert a fait de lui un critique littéraire, un journaliste, un présentateur de télévision et un homme de débats aux multiples facettes.

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